twitter facebook chevron-right

Bataille mondiale

Moins de 2 min

Le 17 juin à Enniskillen, ville hôte du G8 en Irlande du Nord, les dirigeants européens viendront avec une liste de bonnes résolutions. C'est tout ce qui est sorti du dernier sommet de Bruxelles. Pas de mesure concrète pour lutter contre l'évasion fiscale en Europe. Le dossier est renvoyé au dernier sommet de l'année, en décembre, c'est-à-dire à la Saint Glin-Glin. Comme prévu, l'Autriche et le Luxembourg ont fait de la résistance, refusant l'échange automatique d'informations entre Etats-membres sur les comptes détenus par des résidents étrangers sur leur territoire. Ils ont posé une condition à leurs partenaires: ils promettent de coopérer si des accords similaires sont signés avec la Suisse, Monaco, Andorre, le Liechtenstein et Saint-Marin. Les décisions en matière fiscale nécessitant l'unanimité, la fin de secret bancaire n'est pas pour demain.

Il ne faut donc pas compter sur l'Europe pour lutter contre les paradis fiscaux. Sur ce sujet majeur, les Etats-membres sont une fois de plus désunis. Unanimes pour fustiger les fraudeurs, les évadés, les dizaines de milliards d'euros qui disparaissent dans les trous noirs de la finance mondiale, mais comme toujours incapables de s'entendre pour agir, et récupérer une partie de ces ressources précieuses en temps de crise et de rigueur budgétaire.

Pourtant la bataille contre les paradis fiscaux avance. Elle est mondiale. Il y a un mois, pour la première fois, les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni ont annoncé avoir recueilli des milliers de données sur des comptes secrets. Une enquête internationale a été ouverte. La masse d'informations dépasserait celle de l'Offshore Leaks et ses deux millions et demi de documents mis au jour par un consortium international de journalistes. Le Congrès américain a mis le géant Apple sur le grill, l'accusant d'exploiter les failles de la législation internationale pour ne payer aucun impôt nulle part. Londres a mis la pression sur les territoires dépendant de la couronne britannique, îles Vierges, Caïman, Cook, Man etc., une dizaine de territoires cachettes pour beaucoup de compagnies et de particuliers. Le G8, qui se tient sous présidence britannique, devrait être le cadre d'une action collective contre les paradis fiscaux. Sous réserve que la Russie accepte de joindre ses forces à ce combat. Le manque de coordination et d'harmonisation profite aux fraudeurs.

L'occasion est à saisir à Enniskillen, pour que la fin des paradis fiscaux ne soit plus un rêve, avant que les milliers de milliards qui circulent vite, librement et loin, ne trouvent une autre cachette, hors de contrôle des Etats.