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Robert Badinter : attention au "syndrome de la révision"

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Les députés de la mission d'information sur la révision des condamnations pénales sont-ils atteints du "syndrome de la révision" ? Eux, peut-être pas. Mais quand même... Pour Robert Badinter, la conscience incontestée de la justice française depuis l'abolition de la peine de mort, il faut raison garder.

De l'exécution de Louis XVI à l'affaire Dreyfus, les exemples d'erreurs judiciaires ne manquent pas. Faut-il pour autant changer la loi ou s'appuyer sur le droit existant ? L'avis autorisé de l'ancien garde des Sceaux est très nuancé.

Cette mise en garde par une autorité morale comme Robert Badinter a de quoi surprendre. A commencer par le député UMP du Rhône, Georges Fenech, lui-même magistrat.

Une institution judiciaire dont chacun sait pourtant la difficulté, voire l'incapacité souvent, à se remettre en cause.

En témoignent depuis un mois les personnes auditionnées, anciens ministres de la justice, hauts magistrats, avocats, mais aussi Denis Seznec, le petit-fils de Guillaume Seznec qui se bat, depuis des années, pour la réhabilitation de son grand-père accusé du meurtre de Pierre Quéméneur en 1923 et condamné aux travaux à perpétuité en novembre 1924.

Les auditions vont se poursuivre pour aboutir l'année prochaine à un texte de loi destiné à prévenir les erreurs judiciaires, en plein accord avec la Chancellerie. Quand on sait que depuis 1945, seulement 8 condamnations criminelles ont été rejugées, on se dit que "syndrome de la révision"... ou pas, il est peut-être grand temps.