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Parité Femmes-Hommes : « Il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre »

2 min

Pas moins de 140 députés ! A droite, Ils se sont mis à 140, l’ancien Premier ministre François Fillon en tête, pour poser un ultimatum au Président de l’Assemblée, Claude Bartolone, afin qu’il lève sa sanction contre l’un d’entre eux, Julien Aubert .

Proprement hallucinant quand on sait la raison d'une telle mobilisation.

Retour sur cet épisode peu glorieux de la vie parlementaire... Et très révélateur de la vie politique en France.

Dans la nuit du 6 au 7 octobre, alors que le débat sur la transition énergétique ronronne dans l’hémicycle, le député UMP du Vaucluse s’obstine à appeler Sandrine Mazetier qui préside la séance, Madame LE PRéSIDENT. Au nom de l’usage correct de la langue et de l’Académie française (!?).

Une fois, deux fois, trois fois… Les rappels à l’ordre se répètent. Sans succès. Julien Aubert poussant l’impertinence en appelant systématiquement Ségolène Royal, Madame LE MINISTRE.

Le lendemain, la sanction tombe. Le député entêté sera privé pendant un mois d’un quart de son indemnité parlementaire.

Tollé général dans les rangs de la droite qui se précipite en masse pour défendre leur collègue.

D’autres députés ont beau essayer de leur faire entendre raison. Leur expliquant qu’en 2014, leur obstination renvoie une image grotesque de la représentation nationale. Rien n'y fait.

Claude Bartolone clôt la discussion.

On aurait pu croire que cette polémique ridicule allait s’arrêter là. Pas du tout. L’opposition n’a rien trouvé de mieux que de mobiliser ses ouailles pour signer une pétition afin de soutenir leur député sexiste et provocateur qui n’en est pourtant pas à sa première incartade.

Pathétique. Alors que la France s’enfonce dans la crise, que l’épidémie de fièvre Ebola ravage l’Afrique de l’Ouest et que l’État Islamique terrorise le monde entier, est-ce vraiment une priorité que de défendre des vieilles lunes ?

Il y a encore quelques années, je faisais partie de celles qui pensaient –naïvement- que la parité entre les femmes et les hommes ne devaient pas passer par la loi, les règles et les sanctions. Elle allait s’imposer d’elle-même. J’avais tort.

Le comportement de Julien Aubert et de ses homologues en sont la preuve. Même si la sanction peut paraître disproportionnée, il n’y a que comme ça qu’ils comprendront. Eux et tous ceux - quel que soit leur opinion politique - qui oublient que la moitié de la population de la planète est du GENRE FéMININ.

Messieurs et Mesdames de l’UMP, vous seriez sorti grandi à sanctionner vous-mêmes Julien Aubert ! "Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre".