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Macho, Macho Man

2 min

Si je savais utiliser toutes ses applications amusantes qui permettent de faire des montages animés sur des vidéos existantes, je verrais bien la tête de Philippe Le Ray à la place du chanteur-vedette des "Village people" s'agitait et dansait sur l'inoubliable titre disco des années 80 "Macho, Macho Man... Macho, Macho Man, I've got to be a macho !!!" (yeah, yeah)

Écouter la chanson officielle du groupe mythique

Philippe Le Ray est ce député inconnu, apparenté UMP du Morbihan, qui s'est illustré cette semaine à l'Assemblée, en caquetant en pleine séance nocturne, pendant l'intervention d'une écologiste, Véronique Massoneau

Ce moment glorieux de la représentation nationale qui a tourné en boucle sur toutes les télés, faut-il en rire ou en pleurer ... de rage et de désespoir ? Quand on voit comment la polémique a continué le lendemain aux questions au gouvernement, j'aurais plutôt envie d'en pleurer.

Pleurer quand les députés UMP se drapent dans leur dignité et font mine de quitter la séance quand Véronique Massoneau rentre sous les applaudissements dans l'hémicycle.

Pleurer quand les député-E-s UMP viennent à la rescousse de leur groupe et de leurs homologues masculins pour s'insurger contre le sexisme au Palais Bourbon qui n'est pas une exclusivité de la droite.

Est-ce une raison pour ne pas être scandaliser ? Au contraire. Pleurer quand le président du groupe UMP, Christian Jacob, sans pour autant excuser son député qui a été sanctionné à l'unanimité (encore heureux !!!) minimise l'affaire.

Mais qu'est-ce qui est le plus ridicule Monsieur Jacob ? De détourner le débat vers le chômage et la crise économique qui touchent justement plus douloureusement les femmes... ou de défendre la condition féminine ? D'autant plus que lorsque Philippe Le Ray brillait par son comportement machiste, au cœur de la nuit après un diner arrosé, Véronique Massonneau plaidait pour améliorer les retraites des femmes où là aussi, elles sont plus fragilisées.

Ces femmes qui souffrent souvent de sexisme sur leur lieu de travail... Sans pouvoir se défendre comme une députée. Elles auraient besoin d'un peu plus de reconnaissance, de soutien et de respect. Le chômage et les crises économiques passent, le sexisme reste. Et ce n'est pas une femme, ni une journaliste qui le dit, c'est le président de l'Assemblée nationale.

Simagrées, mascarade, amalgame... dites-vous ? Non, c'est juste la vérité. Une vérité qui fait mal et que vous ne voulez pas entendre dans une assemblée où les députés ne sont encore qu'un quart de femmes, à peine plus... qu'en Lituanie.