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Le secret des sources des journalistes et la prostate du Président

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On dirait le titre d'une fable de La Fontaine, une fable de La Fontaine moderne à l'ère du Buzz et des chaînes "tout info".

Hasard de l'actualité... Le jour où les députés commencent l'examen en commission d'un projet de loi ambitieux sur la protection des sources des journalistes, tous les médias se répandent sur l'INFO du jour : la prostate du Président.

Au cas où l'information vous avez échappé, une radio, France Info pour ne pas la nommer, annonce le 4 décembre à 7h51 du matin en EXCLUSIVITÉ "l'intervention médicale secrète de Hollande quelques semaines avant d'être candidat à la primaire PS".

D'un côté, le prestigieux et ô combien difficile exercice du métier de journaliste.

De l'autre, l'emballement d'une machine médiatique difficilement contrôlable, à l'heure des nouvelles technologies.

Et chacun de s'interroger : au nom de quoi des journalistes si soucieux de défendre le secret de leurs sources, se permettent de violer le secret d'une autre profession, celui des médecins. Et l'intimité de la vie privée d'un homme -certes public- mais qui, à l'époque, n'était ni Président, ni même candidat officiel du PS à la fonction suprême.

Au nom du droit à l'information ? Au nom de la transparence de la vie politique ? Au nom du libre exercice de la démocratie ? Et de débattre en boucle des bulletins de santé mensongers des Présidents Pompidou et Mitterrand qui ont continué à exercer le pouvoir, alors qu'ils étaient très malades.

Et voilà comment une intervention chirurgicale bénigne subie par le citoyen François Hollande devient une affaire d’État. De quoi inquiéter... Et pas seulement les députés qui, justement ce jour-là, tentaient de légiférer sur les pratiques et dérives dangereuses de l'information.

Morale de l'histoire : "Qui veut jouer les pythies n'en sort pas forcément grandi". Les journalistes aussi.