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Le député, le client et ... "la putain"

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Tout le monde a entendu parler du "manifeste des 343 salauds". Une pétition signée par des "people" de sexe masculin qui, sous le titre élégant de "Touche pas à ma pute !", s'indignent contre ceux qui veulent les priver de leurs droits à disposer du corps d'une femme, moyennant finance.

Aussi scandaleuse soit cette initiative d'un parfait mauvais goût, cela ne veut pas dire pour autant qu'il ne faut pas se poser de questions. Et les députés, membres de la commission spéciale sur la proposition de loi socialiste qui, pour renforcer la lutte contre la prostitution, veut faire payer les clients, s'en posent.

Évidemment... Sauf que -comme par hasard- soit dit en passant, ce sont des hommes (!?) pourtant peu présents dans cette commission très-très féminine, fait rarissime à l'Assemblée, qui s'interrogent sur le bien-fondé de sanctionner les acheteurs de sexe.

Pourtant, les réponses à leurs questions existent. Il suffit d'écouter la procureure de la République de Stockholm, auditionnée le 5 novembre, par cette même commission, un jour où aucun député masculin ou presque, à part le président Guy Geoffroy, n'était présent. Lise Tamm sait de quoi elle parle. Cette loi a été votée en Suède...en 1999.

Et à ceux qui, comme les auteurs du manifeste, s'émeuvent des répercussions sur la misère sexuelle des clients, Lise Tamm ne l'envoie pas dire avec un franc-parler très... scandinave.

Un langage de vérité -pas très politiquement correct- que, certains au Palais Bourbon comme ailleurs, ne sont pas prêts à accepter.