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Internet : service public ou service commercial ?

Patrick Drahi, le PDG d'Altice (SFR, Libération, l'Express...) était auditionné mercredi par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.
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« Ne dites pas à ma mère qu’Internet est un business lucratif, elle croit que c’est un service public »… Et c’est bien là la question

Une question qui n’ébranle pas Patrick Drahi, le tout nouveau patron de SFR et de Libération. Précédé de sa sulfureuse réputation - groupe trop endetté, management musclé, boulimie de rachats à l’étranger -, l’homme d’affaires franco-israélien a réponse à tout… D’abord méfiants et sceptiques, les députés sont sous le charme de l’ingénieur qui fait oeuvre de pédagogie :

Et les câbles, il connait cet X-Télécoms parti de rien, aujourd’hui 57e fortune mondiale avec un patrimoine évalué à plus de 14 milliards d’euros. Patrick Drahi est un pragmatique dont les propos iconoclastes tranchent avec les auditions parfois lénifiantes à l’Assemblée.

Evidemment, vu comme ça, difficile de ne pas être d’accord. Sauf qu’on peut faire soi-même son café, voire même ne pas en boire, alors que ne pas avoir aujourd’hui Internet, c’est se couper du monde et s’exclure de la société de demain.

"Realpolitik contre realeconomy". Réponse catégorique du chef d’entreprise :

De fait, le discours conquérant et séducteur de Patrick Drahi atteint ses limites. Si on a besoin de l'argent public, c’est normal d’assurer un service public, comme l’eau potable, l’électricité, le téléphone… en son temps.

Et un service public, ce n’est pas forcément rentable, mais c’est indispensable pour que cesse de se creuser les inégalités. Entre ceux qui habitent la campagne et ceux qui habitent la ville, entre ceux qui sont riches et ceux qui sont pauvres et entre ceux qui sont jeunes et ceux qui sont âgés comme ma Maman qui ne comprend rien à Internet...