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La (trop ?) discrète cellule web de l'Elysée

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A l’Élysée, les consignes sont les mêmes pour tous les conseillers, même ceux du numérique : "On ne s'exprime pas en son propre nom". Et surtout "On ne fait pas de communication sur la communication".

Il est donc très difficile d'avoir accès au six membres de la "cellule internet" du palais présidentiel. Ce n'est d'ailleurs pas exactement dans le Palais que se nichent ces abeilles du web mais rue de l’Élysée, celle qui longe les jardins présidentiels.

Vine, timeline, streaming

Objectif de cette cellule internet : relayer le message présidentiel écrit et validé par les conseillers plus hauts placés. "90% du contenu en ligne est produit en amont", explique un membre de l'équipe. Chaque initiative est donc toujours vérifiée et validée par l'un des deux communicants officiels du Palais, Christian Gravel et Claudine Ripert-Landler. Même pour poster une vidéo Vine, du nom de ces nouvelles vidéos de 6 secondes très en vogue sur Twitter ? Évidemment. L'Elysée vient de s'y mettre, comme ici juste avant conférence de presse de François Hollande et Angela Merkel, le 30 mai dernier :

Effet de mode ? Simple coup de com' pour apparaître dans le vent ? "Pas du tout" répond le service web de la présidence qui cible ses supports en ligne : "L'idée n'est pas de s'inscrire frénétiquement sur tous les réseaux mais d'aller vers ceux qui fonctionnent auprès des internautes" explique l'un des responsables, chiffres à l'appui. Autre intérêt "toucher un nouveau public", assure-t-on, rue de l’Élysée.

Le site internet de l’Élysée a été largement rénové en décembre dernier . Sur le modèle des sites d'infos, il propose une "timeline" pour connaître l'agenda du président, des reportages "exclusifs" assurés par une journaliste de formation et tous les discours du président disponibles en streaming. "C'est moderne et efficace" reconnaît Philippe Moreau-Chevrolet qui salue une stratégie "pensée pour les réseaux sociaux", directement inspirée de celle de la campagne de 2012 qui avait très bien fonctionné. La plupart sont d'ailleurs issus de cette équipe web de la campagne.

"François Hollande doit s'impliquer davantage"

Seul problème dans cette stratégie : François Hollande n'y prend pas assez part. Philippe Moreau-Chevrolet observe une "communication indirecte" uniquement basée sur des conférences de presse et des rendez-vous télévisés. "Il faut qu'il lâche la bride à son équipe et qu'il s'implique davantage" conseille l'observateur qui évoque une impression "d'enfermement" du président de la République. S'il échangeait en direct avec les internautes, cela lui permettrait de se reconnecter, de "sortir de sa bulle" et d'écouter ce que les Français ont à lui dire.

Ils sont nombreux à penser que François Hollande a tout intérêt à suivre l'exemple de Barack Obama. "Barack Obama a compris qu'il y a une grande conversation nationale sur les réseaux sociaux et qu'il faut y être" rappelle l'un des auteurs du blog "Yes they can" qui recommande au président "2 à 3 chats par an sur différents réseaux sociaux", comme le fait le président américain sur Twitter ou Reddit.

"Twitter ? Quelle question !"

Mais François Hollande ne semble pas passionné par ces nouvelles interfaces. Il suffit de voir sa réponse au journaliste du Lab d'Europe 1, Paul Larrouturou qui lui demandait, lors de sa dernière conférence de presse pourquoi il avait suspendu son compte Twitter :

Une réponse ironique dénoncée sur le web par plusieurs blogueurs influents dont David Abiker, Bruno Roger-Petit et par le site Arrêt sur images.

A l’Élysée, on assure que le président est "très au courant de l'importance d'internet" et qu'il "s'intéresse au numérique". L'équipe n'exclut d'ailleurs pas une réactivation du compte @fhollande au cours du quinquennat. "Il n'a pas été fermé mais seulement suspendu" se plaît-on à répéter.

Mais il n'y a pas que Twitter. "Viadéo, Google +, il faut être inventif" conseille le communicant Philippe Moreau-Chevrolet. A titre de comparaison, Nicolas Sarkozy était "beaucoup plus incarné" sur le web se souvient le spécialiste. L'ex-président adressait en effet lui-même des messages à ses "fans" sur Facebook. Il en compte d'ailleurs 500 000 de plus que son successeur à l’Élysée...