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Wauquiez, "clairement à droite", Portelli au "verbe haut" et Calan le juppéiste

Un favori, Laurent Wauquiez, et deux challengers, Florence Portelli et Maël de Calan: portrait des trois candidats à la présidence du parti Les Républicains.

Maël de Calan, Florence Portelli et Laurent Wauquiez, candidats à la présidence des Républicains, sur un montage réalisé le 26 octobre 2017Maël de Calan, Florence Portelli et Laurent Wauquiez, candidats à la présidence des Républicains, sur un montage réalisé le 26 octobre 2017

Un favori, Laurent Wauquiez, et deux challengers, Florence Portelli et Maël de Calan: portrait des trois candidats à la présidence du parti Les Républicains.

- Wauquiez, "clairement à droite"

Laurent Wauquiez, 42 ans, est un sur-diplômé qui a accumulé ministères et fonctions électives. Il est apprécié des militants LR pour son positionnement "clairement à droite", qui fait dire à ses adversaires qu'il "court après le FN".

Député en 2004 à 29 ans, réélu en 2007, il est de tous les gouvernements de la présidence Sarkozy: secrétaire d'Etat (porte-parolat, Emploi), ministre (Affaires européennes, Enseignement supérieur). Entretemps, il ravit à la gauche, en 2008, la municipalité du Puy-en-Velay (qu'il conserve en 2014), se fait réélire à l'Assemblée en 2012.

La victoire dont il est le plus fier est celle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en 2015, acquise "en rassemblant droite, UDI et même MoDem". 

M. Wauquiez ramène à lui une partie de l'électorat frontiste en affichant sa fermeté sur les sujets régaliens - autorité, sécurité, immigration - avec des déclarations qui font mouche à la droite de la droite mais provoquent le malaise des Raffarin, Pécresse ou autres Bertrand, qui dénoncent sa "brutalité" et ses expressions comme le "cancer" de l'assistanat.

Ces critiques, l'homme à la parka rouge -son vêtement de prédilection par temps maussade- en fait fi. "Des affabulations", balaie-t-il. Wauquiez trace son sillon avec la nonchalance apparente que lui confère son physique: grand (1,91 m), mince, visage juvénile, cheveux poivre et sel. 

Personne ne doute de ses ambitions élyséennes, qu'il tait. Mais chaque année, il fait l'ascension du Mont Mézenc (Haute-Loire), tel François Mitterrand gravissant la Roche de Solutré.

- Portelli, le verbe haut

La maire de Taverny (Val-d'Oise), 39 ans, apparue au grand public comme porte-parole de François Fillon à la présidentielle, veut incarner l'épicentre de LR et "redonner sa fierté à la droite".

Elle est réputée pour son verbe haut: en plein "Penelopegate", elle défendait bec et ongles Fillon en affirmant qu'un assistant parlementaire pouvait même être payé... "à tricoter".

Elle réserve désormais ses piques à ses deux rivaux: Wauquiez, à qui elle reproche autant son silence pendant le naufrage Fillon que ses ambitions élyséennes, ou Calan, vitrine des juppéistes accusés de déloyauté vis-à-vis de Fillon.

La jeune femme blonde, qui dit avoir adhéré au RPR pour Philippe Séguin, se pose "au milieu de la droite", prônant un retour à une forme d'orthodoxie, conservatrice sur les valeurs, libérale sur l'économie, en rejetant toute porosité avec le FN.

"Depuis la création de l'UMP, on a fait des +combinazione+ électorales, on a tripatouillé des alliances d'appareil (...) on arrive à une espèce de magma informe, on ne sait plus qui on est", dénonce la fille d'un ex-sénateur LR, Hugues Portelli. Cette nièce d'un haut-magistrat anti-sarkozyste, Serge Portelli, avait séché le rassemblement du Trocadéro, jugé "anti-juges".

Appréciée dans son camp -elle a conservé un porte-parolat lors de la campagne des législatives- et cultivant des sympathies avec des responsables de gauche, elle partage sa vie avec un homme qui "s'intéresse aux Insoumis", selon Le Point.

- Calan, orphelin de Juppé

A 36 ans, le benjamin de la compétition revendique d'incarner une "droite modérée", dans le sillage d'Alain Juppé, un mentor qui ne lui a toutefois pas officiellement apporté son soutien public.

Peu connu, ce Breton féru de voile, qui aime rappeler qu'il a fait un tour du monde sur les flots, est fils d'un ancien conseiller régional madeliniste, par ailleurs ponte du Medef.

Il a fait ses armes en tant que conseiller municipal, puis départemental dans le Finistère, avant de se faire remarquer lors de la primaire au côté du maire de Bordeaux.

Candidat aux législatives en juin 2017, son slogan "Une droite ouverte pour réformer avec Macron" ne lui a pas suffi pour triompher de la candidate En Marche mais lui vaut encore aujourd'hui un procès en quasi-traîtrise chez certains LR. D'autant qu'il avait prôné la mansuétude à l'endroit des "Constructifs", finalement exclus.

Parrainé par Jean-Pierre Raffarin, Maël de Calan n'a pas fait le plein parmi les modérés de l'ex-UMP. En privé, ses amis juppéistes s'interrogent sur une démarche "personnelle" qui, si elle débouchait sur un score confidentiel, affaiblirait l'influence du courant "progressiste" au sein du parti promis à Laurent Wauquiez.

Face au favori, Calan, qui se revendique "chrétien", n'attaque pas tant sur les valeurs que sur l'économie, accusant Wauquiez de "s'éloigner de l'ADN libéral" de la droite. Partisan d'une digue infranchissable avec l'extrême droite, il a écrit en 2016 "La Vérité sur le programme du Front national".