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"Technocrature!": Chassaigne (PCF) interpelle Philippe sur la réforme institutionnelle

Le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, a vivement interpellé mardi Édouard Philippe sur la réforme des institutions, dénonçant un "mépris" de l'exécutif et une "technocrature", s'attirant un soutien inhabituel de la droite et du FN.

André Chassaigne (PCF), le 22 février 2018 à l'ElyséeAndré Chassaigne (PCF), le 22 février 2018 à l'Elysée

Le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, a vivement interpellé mardi Édouard Philippe sur la réforme des institutions, dénonçant un "mépris" de l'exécutif et une "technocrature", s'attirant un soutien inhabituel de la droite et du FN.

"M. le Premier ministre, les dernières initiatives du gouvernement sont marquées du sceau du mépris à l'égard de la représentation nationale et donc de la démocratie", a lancé l'élu lors des questions au gouvernement, s'attirant des applaudissements sur les bancs de gauche, mais aussi de LR et du FN, dans une atmosphère électrique.

"Mépris avec le recours aux ordonnances pour la réforme ferroviaire, mépris avec le vote bloqué (au Sénat) pour empêcher l'adoption de notre proposition de loi sur la retraite agricole (...) mépris par le rejet sans discussions de toutes les propositions portées par les groupes d'opposition. Ces coups de force répétés, M. Le Premier ministre, marquent une dangereuse dérive aux accents de dictature technocratique!", a tonné cette figure de l'Assemblée.

"Ils donnent le ton de la réforme des institutions à venir, avec en particulier la restriction du droit d'amendement des parlementaires", a poursuivi le député du Puy-de-Dôme, réclamant un référendum car "c'est au peuple de choisir s'il souhaite que ses représentants élus soient remplacés par la technocrature!".

A droite, où les élus FN se sont levés pour l'applaudir, un "très bien" a notamment fusé dans l'hémicycle.

"Je vous remercie pour votre question nuancée" a ensuite grincé Édouard Philippe, alors que le calme revenait peu à peu. "Nous ne sommes pas d'accord", a-t-il ensuite ajouté. 

S'étonnant de voir "un député communiste expliquer dans cet hémicycle que le recours à des dispositifs constitutionnels est un déni de démocratie", il a défendu le recours aux ordonnances ou au vote bloqué, sans évoquer la question du référendum.

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M. Chassaigne avait plus tôt mis au "défi" Emmanuel Macron de soumettre au "choix du peuple" des propositions susceptibles d'"écrabouiller" le Parlement.

Convaincu qu'avec "les propositions frontales du président de la République, des déséquilibres de la Ve République vont être encore aggravés", l'un des porte-parole, Pierre Dharréville avait lui insisté sur la volonté des communistes de "ne pas se laisser enfermer dans un débat parcellaire", sujet par sujet.