l Réforme constitutionnelle: "Il faut écouter le Sénat" , dit Retailleau | LCP Assemblée nationale twitter facebook chevron-right

Réforme constitutionnelle: "Il faut écouter le Sénat" , dit Retailleau

Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a appelé mardi l'exécutif à "écouter le Sénat" sur le projet de réforme des institutions, alors qu'Edouard Philippe entame une série de rencontres sur ce chantier.

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, le 27 janvier 2018 à Paris Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, le 27 janvier 2018 à Paris

Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a appelé mardi l'exécutif à "écouter le Sénat" sur le projet de réforme des institutions, alors qu'Edouard Philippe entame une série de rencontres sur ce chantier.

"Nous avons fait des propositions et à peine a-t-on fait ces propositions qu'on nous objecte l’article 11, la menace du référendum, alors même qu'on ne connaît pas la copie d'Emmanuel Macron", a déclaré M. Retailleau sur France 2.

La voie "privilégiée" pour faire adopter le volet constitutionnel de la réforme est le Parlement (adoption d'un texte identique par les deux assemblées puis une majorité des 3/5e des suffrages du Parlement en Congrès). "Le référendum n'est pas d'actualité" mais "envisageable", dit-on à l'Elysée.

"Il faut attendre la copie d'Emmanuel Macron, (...) qu'un dialogue s’engage, et une révision constitutionnelle, ça touche la loi fondamentale de la France (...) donc il faut toucher ce texte là d'une main tremblante et (...) écouter le Sénat", selon M. Retailleau.

Il a dit ne pas avoir d'"objection contre la baisse du nombre de parlementaires" mais à la condition qu'elle ne se fasse pas "aux dépens de la France rurale". 

Il a avancé le chiffre de "20/25%" de parlementaires en moins, qui "permet à la fois de répondre à l'objectif de baisser le nombre de parlementaires, d'augmenter sans doute un certain nombre de moyens pour faire en sorte que le Parlement se renforce, mais sans déshabiller la France périphérique".

A la question de savoir s'il y avait un mépris du chef de l'Etat pour cette France périphérique, l'élu de Vendée a estimé que "c'est le président des grandes métropoles".

Concernant le non-cumul des mandats dans le temps, M. Retailleau a jugé que cette mesure est "un leurre": "pour le Sénat, ça ne concernerait que 12 sénateurs, sur 348", de plus "c'est une réforme qui ne serait appliquée qu'à partir de 2037 ou de 2038".

Quant à l'introduction d'une dose de proportionnelle, "c'est un engagement électoral entre (François) Bayrou (président du MoDem) et Macron", a affirmé M. Retailleau. "On n'est pas obligé nous de payer ces arrangements électoraux".

"Où est l'équilibre entre un hyper président et un Parlement qui continue à s'affaiblir ?", a-t-il interrogé. "Il ne supporte qu’un Parlement le petit doigt sur la couture du pantalon, ce n’est pas ça une révision constitutionnelle, ça doit être un équilibre des forces et (...) des pouvoirs".

"L'Assemblée nationale est devenue une chambre d'enregistrement", a pour sa part dénoncé Damien Abad, vice-président des Républicains, sur Sud Radio. "Avec Emmanuel Macron on a l'impression que c'est comme un conseil d'administration d'une entreprise: que ça aille le plus vite possible, qu'il y ait le moins de débat (...) C'est ce qui est en train de se passer sur la réforme constitutionnelle: si les institutions ne sont pas à la botte du gouvernement, on passera par le référendum. C'est une curieuse façon de voir la démocratie", a-t-il ajouté.