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Projet Hinkley Point: "une impasse stratégique" pour EDF, selon Placé

Le projet controversé de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point (Angleterre) est "une impasse stratégique" pour EDF, a estimé jeudi le secrétaire d'État (écologiste) à la réforme de l'État, Jean-Vincent Placé.

Un des sites de Hinkley Point, en Angleterre, où doivent être construits deux EPR par EDF, le 21 octobre 2013

Le projet controversé de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point (Angleterre) est "une impasse stratégique" pour EDF, a estimé jeudi le secrétaire d'État (écologiste) à la réforme de l'État, Jean-Vincent Placé.

"EDF a une vision stratégique absolument à revoir", a déclaré M. Placé sur Europe 1, à la veille d'un conseil d'administration vendredi au cours duquel le groupe espère pouvoir clarifier son plan de financement.

"Je dis que c’est une impasse stratégique, Hinkley Point. Il n’y a pas que moi d’ailleurs qui le dis", a poursuivi le secrétaire d'Etat. "Le directeur des affaires financières, M. Piquemal, a démissionné, ce qui n’est pas rien. Les syndicats qui sont ultra pronucléaires à EDF depuis toujours, y compris la CGT, souhaitent qu'on n'investisse pas aussi lourdement dans quelque chose d’aussi instable et précaire sur le plan stratégique".

"Et donc l’argent d’EDF -qui est quand même beaucoup l’argent des Français-,  eh bien doit aller aux énergies renouvelables", a plaidé M. Placé. "Et ça doit être un choc des énergies renouvelables plutôt que d’être dans un dossier qui est dans une difficulté forte".

L'électricien, endetté et sous pression du fait de la baisse des prix de marché de l'électricité en Europe, cherche les moyens de sécuriser sa trajectoire financière, alors qu'il va devoir s'engager dans un lourd programme d'investissements tous azimuts (maintenance du parc nucléaire français, construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, rachat de l'activité réacteurs d'Areva, etc.).

A l'issue d'une réunion interministérielle tenue mercredi autour de François Hollande, le gouvernement n'a pas donné de détails sur le soutien que l'Etat, qui détient près de 85% de son capital, pourrait apporter.