twitter facebook chevron-right

Présidentielle: premier débat TV en coup d'envoi de la campagne

Les cinq principaux candidats à la présidentielle se retrouvent lundi soir pour un débat inédit et déterminant qui devrait donner le véritable coup d'envoi de la campagne à moins de cinq semaines du premier tour.

Montage en date du 21 février 2017 de portraits d'archives de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc MélenchonMontage en date du 21 février 2017 de portraits d'archives de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon

Les cinq principaux candidats à la présidentielle se retrouvent lundi soir pour un débat inédit et déterminant qui devrait donner le véritable coup d'envoi de la campagne à moins de cinq semaines du premier tour.

Quarante-trois ans après le premier débat télévisé de second tour entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, cinq des candidats à la présidentielle, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et François Fillon s'affrontent à partir de 21H00 sur TF1 et LCI.

Deux autres débats sont prévus d'ici au 23 avril, l'un sur BFMTV et CNews le 4 avril, l'autre sur France 2 le 20 avril, consacrant la télévision comme forum électoral incontournable, après déjà quatre affrontements télévisés de la primaire de la droite et autant à gauche. Des séquences qui pourraient jouer un rôle déterminant alors que seuls 66% des Français se disent certains d'aller voter, selon une enquête du Cevipof.

"Quel modèle de société?", "quel modèle économique?" et "quelle place pour la France dans le monde?" sont les trois thématiques autour desquelles débattront pendant plus de 2H30 les cinq candidats, disposé en cercle afin de favoriser les confrontations.

En introduction, les candidats, entourés d'un public de 400 personnes dont une trentaine de soutiens chacun, devront répondre en maximum 1 minute 30 à la question classique "Quel président voulez-vous être?".

Ce format à cinq est contesté car il exclut les six autres candidatures validées par le Conseil constitutionnel vendredi: les trotskistes Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière), les souverainistes Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et François Asselineau (UPR), le centriste Jean Lassalle et le vétéran inclassable Jacques Cheminade.

"Ce n'est pas une chaîne de télévision" qui "doit sélectionner en avance les candidats", a répété lundi M. Dupont-Aignan.

"Si on prenait le critère qu'a pris TF1 pour ce débat, les sondages, ni M. Hamon, qui était à 2%, n'aurait pu être le candidat socialiste (...) ni M. Fillon qui était à l'époque à moins de 10%", a argumenté le candidat souverainiste, qui a quitté le plateau du 20 heures de TF1 samedi soir.

"Ce n'est pas au niveau". "Les Français jugeront, je l'espère", a renchéri Jean Lassalle.

- Hollande 'très réservé' -

A 34 jours du premier tour, la candidate FN et Emmanuel Macron, à des niveaux proches en tête des sondages, apparaîtront dans l'arène lundi soir avec le statut de favoris. 

Dimanche soir sur France 2, M. Macron a regretté d'être "devenu la cible principale". Proche de François Hollande, Julien Dray (PS) a demandé lundi matin à Benoît Hamon de "s'affronter à la droite, à l'extrême droite" et "de ne pas considérer qu'Emmanuel Macron est le pire adversaire dans cette campagne".

Selon deux sondages Odoxa et Kantar-Sofres publiés dimanche, le candidat d'En Marche! et la candidate FN sont au coude-à-coude autour de 26%, devançant un François Fillon autour de 19%, et Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, distancés à environ 12%.

Au lendemain d'un week-end où ces deux derniers ont réussi leurs démonstrations de force à Paris, l'un samedi place de la République, l'autre à Bercy dimanche, les deux candidats de gauche verront l'occasion de relancer des campagnes qui plafonnent.

Leurs proches soulignent tous deux le grand nombre d'indécis qui rend possible des inversions de tendance.

Côté François Fillon, qui cherche à lui aussi à trouver une dynamique malgré l'affaire des emplois présumés fictifs de sa famille, ce débat "c'est en quelque sorte le début de la campagne. Ca va faire tomber un certain nombre de masques", pense son porte-parole Luc Chatel.

Assurant ne pas avoir "préparé particulièrement" l'épreuve, Marine Le Pen, elle aussi aux prises avec des affaires, a dit espérer dimanche un débat "de fond". Celui s'annonce "particulièrement clivant. Marine Le Pen représentera le projet patriote et souverainiste (...) En face, il y aura François Fillon et Emmanuel Macron, les sortants des deux quinquennats précédents", a prévenu le vice-président du FN Florian Philippot.

L'exercice du débat télévisé ne risque-t-il pas l'overdose? François Hollande s'est dit "très réservé" devant des proches. "Si tout est banalisé, si on +primarise+ l’élection présidentielle, on émiette et on fragmente, on met tout en équivalence", s'est inquiété le chef de l'Etat.