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Présidentielle: Le Pen et Macron font la course en tête

A un mois du premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril, Marine Le Pen et Emmanuel Macron font la course en tête, mais l'incertitude reste entière sur l'issue du scrutin, avec nombre d'électeurs encore indécis, déçus par une campagne parasitée par les affaires.

Combinaison réalisée le 21 février 2017 des portraits de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et de Jean-Luc MelenchonCombinaison réalisée le 21 février 2017 des portraits de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et de Jean-Luc Melenchon

A un mois du premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril, Marine Le Pen et Emmanuel Macron font la course en tête, mais l'incertitude reste entière sur l'issue du scrutin, avec nombre d'électeurs encore indécis, déçus par une campagne parasitée par les affaires.

François Fillon mis en examen, Emmanuel Macron qui engrange les soutiens et la candidate Front national donnée largement en tête: le cru électoral 2017 bouleverse les schémas traditionnels et perturbe les électeurs, avant le premier débat télévisé programmé lundi entre cinq des onze candidats officiellement en lice.

- Le Pen solidement en tête -

Avec au-delà de 25% d'intentions de vote, Marine Le Pen peut compter sur la fidélité de son électorat pour espérer se qualifier pour le second tour.

Près de 90% de ceux qui ont voté pour elle en 2012 entendent le refaire dans un mois. Des électeurs d'ailleurs indifférents aux enquêtes et procédures judiciaires dont elle ou le FN font l'objet. Si elle rassemble nombre de mécontents, certaines de ses propositions phares n'en sont pas moins rejetées par une très large majorité de Français - seuls 22% d'entre eux sont favorables à la sortie de l'euro (Kantar Sofres) - et la candidate Front national est donnée systématiquement battue au second tour.

- Macron mobilise au centre -

La dynamique est en faveur du candidat d'En marche! qui multiplie et les ralliements. Avec autour de 25% d'intentions de vote, Emmanuel Macron semble le mieux placé pour affronter Marine Le Pen, annoncée au second tour.

La fusée Macron ne manque pourtant pas de faiblesse: seul un électeur sur deux se dit sûr de son choix en sa faveur, contre près de 80% des électeurs potentiels de Marine Le Pen et les deux tiers de ceux de François Fillon.

Autre difficulté, la disparité de ses soutiens, venus de gauche, du centre et même de droite, peut se retourner contre lui. "L'attractivité de Macron repose sur l'idée qu'il permettra à la France d'avancer, mais le doute existe fortement dans l'opinion sur sa capacité à avoir une majorité lui permettant de mettre en oeuvre son projet", note Bruno Jeanbart de l'institut Opinionway. Pour nombre d'électeurs de gauche, Emmanuel Macron est aujourd'hui le seul en mesure d'éviter un duel Fillon/Le Pen au second tour.  

- Fillon à la relance -

Mis en examen pour "détournement de fonds publics", François Fillon tente de reconquérir les électeurs qui l'ont abandonné au fil de ses déboires judiciaires. S'il a réussi à enrayer sa chute dans les sondages, autour de 18% à 20% d'intentions de vote, le candidat de la droite est donné battu dès le 1er tour.

"La vraie difficulté pour lui porte sur l'application de son programme, compte tenu de sa crédibilité très entamée par les affaires. Son discours reste ferme, mais vu les efforts demandés aux Français c'est beaucoup plus difficile à faire passer dans l'opinion", analyse Jean-François Doridot, directeur général d'Ipsos. 

Pour François Fillon, l'enjeu est de parvenir à récupérer une partie des électeurs de centre-droit qui se sont tournés vers Emmanuel Macron. Avec un argument martelé: élu à l'Elysée, il serait le seul à disposer d'une majorité solide pour gouverner le pays.

- Bras de fer à gauche -

Incapable de créer une dynamique, le socialiste Benoît Hamon voit une partie de son électorat filer vers Emmanuel Macron. Son bras-de-fer avec Jean-Luc Mélenchon, crédité d'intentions de vote comparables - de 11% à 13% -, condamne à ce stade la gauche en tant que telle à être éliminée dès le premier tour.

Le positionnement résolument à gauche des deux candidats entretient la confusion. "Les électeurs nous disent qu'ils pourraient passer de l'un à l'autre, mais ils ne comprennent pas qu'il y ait l'un et l'autre", relève Emmanuel Rivière de Kantar Sofres. Dès lors, l'enjeu pour chacun des deux candidats est de prendre l'ascendant pour tenter de se mêler à la lutte pour le second tour.

- Premier débat lundi -

Avec un indice de participation d'environ 65%, très bas pour un premier tour de présidentielle, et 40% des électeurs qui "peuvent encore changer d'avis", les candidats vont devoir convaincre les indécis sur les sujets de fond pour faire bouger les lignes.

Le premier débat télévisé lundi sera l'occasion d'une première clarification. Emmanuel Macron devra notamment montrer sa capacité de résistance alors que sa position centrale le désigne comme la cible principale. L'occasion pour lui de creuser l'écart en vue du second tour ou de relancer au contraire sa confrontation avec François Fillon.