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Loi immigration: manifestation à Paris près de l'Assemblée nationale

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés lundi aux abords de l'Assemblée nationale pour dénoncer le controversé projet de loi sur l'immigration et l'asile, dont l'examen par les députés doit débuter en fin de journée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Bannière de manifestants contre le projet de loi sur l'immigration, devant l'Assemblée nationale le 16 avril 2018Bannière de manifestants contre le projet de loi sur l'immigration, devant l'Assemblée nationale le 16 avril 2018

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés lundi aux abords de l'Assemblée nationale pour dénoncer le controversé projet de loi sur l'immigration et l'asile, dont l'examen par les députés doit débuter en fin de journée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Rassemblés à proximité du Palais-Bourbon, les manifestants emmenés notamment par la Cimade ou la Ligue des droits de l'Homme ont donné de  la voix pour dénoncer une "loi liberticide".

"Le tri entre les bons et les mauvais migrants est inadmissible. Plus vous donnez de droits aux migrants, plus vous leur rendez  leur dignité", a déclaré à l'AFP Dominique Noguères, vice-présidente de la LDH.

"Toutes les associations demandent le retrait du projet de loi", explique Léo Berthe, rapporteur à la Cour nationale du droit d'asile, instance qui examine les recours formés par les demandeurs d'asile déboutés à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

Porté par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, le projet de loi "pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif" prévoit notamment de réduire à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile, de faciliter la reconduite à la frontière des déboutés et d'augmenter la durée maximale de rétention des sans-papiers.

Selon M. Berthe, les manifestations n'empêcheront pas l'adoption du texte à l'Assemblée mais permettent d'envoyer un "message de grande défiance contre la vision pernicieuse de ce projet de loi".

"On voit mal comment le projet pourrait ne pas être voté", confirme Laurent Giovannoni, du Secours catholique. Déplorant l'absence de prise en compte des "dizaines de milliers de sans-papiers" dans le projet de loi, il réclame au contraire "la régularisation de milliers de familles déboutées, aujourd'hui sans droits, vivant dans une très grande précarité administrative et sociale".

"Mais on reviendra à la charge, via des débats et des rencontres notamment", promet M. Giovannoni, dont l'association a organisé plus de 150 rencontres entre parlementaires et migrants en amont du débat à l'Assemblée. 

A Auch dans le Gers, une quarantaine de manifestants se sont eux aussi rassemblés pour demander aux députés de ne pas voter la loi. Ils se sont rendus à la permanence de Jean-René Cazeneuve, député LREM de la 1ère circonscription du Gers, puis à la mairie d'Auch.

Dimanche après-midi, un millier de personnes s'étaient déjà rassemblées près du Palais-Bourbon pour dénoncer  ce projet de loi qui fait des vagues jusqu'au sein de la majorité LREM à l'Assemblée.

La porte du Palais-Bourbon a été taguée dans le week-end de l'inscription "accueil de merde". Cinq personnes ont été interpellées. 

La présentation du texte à l'Assemblée, qui devrait s'étirer toute la semaine, a été décalée à la soirée de lundi en raison du débat sur les frappes en Syrie à 17H00.

dga-burs-adm/emd/mpf