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Les syndicats en réunion pour tenter de peser face à Macron

Les syndicats se réunissent lundi pour voir si une action unitaire est possible afin de peser sur les réformes sociales du gouvernement, mais ils devront dépasser les divergences qui les ont empêchés jusqu'à présent de dénoncer les ordonnances d'une seule voix.

Des manifestants brandissant des drapeaux de la CGT lors d'une manifestation contre la politique sociale du gouvernement, à Marseille, le 21 septembre 2017Des manifestants brandissant des drapeaux de la CGT lors d'une manifestation contre la politique sociale du gouvernement, à Marseille, le 21 septembre 2017

Les syndicats se réunissent lundi pour voir si une action unitaire est possible afin de peser sur les réformes sociales du gouvernement, mais ils devront dépasser les divergences qui les ont empêchés jusqu'à présent de dénoncer les ordonnances d'une seule voix.

La CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, Solidaires, l'Unsa, la FSU, ainsi que des organisations de jeunesse ont rendez-vous à 18H00.

L'"un des objectifs principaux" de cette intersyndicale à l'initiative de la CGT, la première depuis le début du quinquennat: "organiser une grande journée unitaire pour faire converger tous les mécontentements", a résumé lundi son numéro un, Philippe Martinez.

Au-delà des ordonnances et des salariés du privé, il pense aux retraités, cheminots, mais aussi aux fonctionnaires, qui organisent une journée de mobilisation mardi.

Solidaires est sur la même longueur d'onde et a appelé dimanche, avec une quinzaine d'organisations et partis (Attac, Confédération paysanne, Parti de gauche, NPA ou le Front social), "à faire converger et élargir toutes les luttes" au-delà de la journée des fonctionnaires.

Ils ont l'opinion pour eux. Près de six Français sur dix (57%) déclarent soutenir les grèves et les manifestations contre les ordonnances réformant le Code du travail, auxquelles ils sont de plus en plus défavorables, selon un sondage Harris Interactive pour LCP publié lundi.

Mais le défi est de taille, tant les positions des syndicats sont divergentes.

Ils sont divisés sur l'efficacité des moyens (manifestations ou concertations avec l'exécutif). Ils le sont aussi sur les thèmes à aborder lors de cette réunion: les ordonnances, entrée en vigueur depuis plus de deux semaines; les prochaines réformes sociales ou toutes les mesures depuis le début du quinquennat, y compris pour les fonctionnaires.

François Hommeril, président de la CFE-CGC, espère que la réunion aboutira à une "expression commune de l'évaluation des ordonnances, et du risque qu'elles font peser" sur le plan social, un point qui fait consensus, selon lui.

Les syndicats sont aussi unanimes pour réclamer des moyens suffisants aux entités qui regrouperont les instances représentatives du personnel, dont les décrets d'application n'ont pas encore été publiés.

Force ouvrière, désormais motivée pour organiser une journée de mobilisation, veut limiter la contestation aux points qui la fâchent le plus, dont "les problèmes aux prud'hommes". "Je n'ai pas un mandat pour le retrait global des ordonnances", a rappelé lundi Jean-Claude Mailly, son secrétaire général.

- 'Parler d'une seule voix' -

Du côté de la CFDT, de la CFTC et de l'Unsa, pas question d'aller battre le pavé ou appeler à faire grève contre les ordonnances.

Le combat "se joue dans l'écriture des décrets aujourd'hui, ça ne se joue pas principalement dans la rue", a assuré lundi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, pourtant pressé par une partie de sa base à défiler dans la rue et à se montrer moins "conciliant" sur les ordonnances.

Mais pour M. Berger, son syndicat ne doit pas "se marginaliser en faisant croire qu'il est simplement dans un rôle de contestation". Il "préfère être dans un rôle de construction".

La rencontre de lundi soir doit aussi permettre de trouver le meilleur moyen de peser sur les réformes imminentes (formation professionnelle, apprentissage et assurance chômage).

"Si nous voulons peser ensemble sur la réforme de l'assurance chômage, sur la réforme de la formation professionnelle, nous avons intérêt à parler d'une seule voix", a reconnu M. Berger.

Certains syndicats espèrent que l'exécutif leur donnera la possibilité d'ouvrir une négociation bilatérale avec le patronat sur ces sujets.

Emmanuel Macron semble avoir tourné la page des ordonnances. Dès jeudi et vendredi, le président de la République va ouvrir le bal des prochaines réformes, en recevant les organisations syndicales et patronales à l'Elysée, comme il l'avait fait fin mai sur le droit du travail.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, qui a réuni les ministres en séminaire dimanche pour évoquer les futurs plans gouvernementaux, prendra le relais, sans doute la semaine suivante.