twitter facebook chevron-right

Les opposants aux réformes "libérales" de Macron de nouveau dans la rue

Les premiers manifestants contre la politique "libérale" d'Emmanuel Macron défilaient jeudi pour la quatrième journée de mobilisation depuis la rentrée pour dénoncer les ordonnances, en vigueur depuis septembre, espérant être entendus par un gouvernement déterminé, déjà passé à d'autres réformes.

Un homme harangue des manifestants contre la réforme du code du Travail, à Rennes, le 16 novembre 2017Un homme harangue des manifestants contre la réforme du code du Travail, à Rennes, le 16 novembre 2017

Les premiers manifestants contre la politique "libérale" d'Emmanuel Macron défilaient jeudi pour la quatrième journée de mobilisation depuis la rentrée pour dénoncer les ordonnances, en vigueur depuis septembre, espérant être entendus par un gouvernement déterminé, déjà passé à d'autres réformes.

"Code du travail, assurance-chômage, retraite, nous ne laisserons pas brader les droits collectifs": à Rennes, où entre 1.200 (police) et 1.600 personnes (syndicat) ont défilé, la banderole de FO a donné le ton.

"On veut tirer la sonnette d'alarme sur des dossiers à venir, comme l'assurance-chômage et, l'an prochain, l'assurance retraite", a expliqué depuis Marseille le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui a aussi "une forte inquiétude" sur l'avenir du service public républicain. 

Force ouvrière appelle pour la première fois à défiler parmi les 170 manifestations programmées jeudi, aux côtés de Solidaires, la FSU et des organisations de jeunesse (Unef, FIDL et UNL), contre une "politique libérale visant à accroître les inégalités au profit d'une minorité".

Mais signe que CGT et FO continuent de battre froid, leurs numéros uns respectifs défilent à des centaines de kilomètres l'un de l'autre, Philippe Martinez (CGT) devant lui être présent dans la manifestation parisienne prévue à 14H.

Des premiers défilés ont eu lieu jeudi matin, notamment à Lyon (entre 3.000 et 10.000 personnes), Nantes (entre 2.500 et 4.000), Strasbourg (entre 900 et 1.200 personnes), Grenoble (1.500 selon la préfecture), Orléans (1.200), Clermont (1.000), mais aussi Bordeaux, Reims, Brest, Calais, Valenciennes, Châteauroux, Tours, Pau ou encore Bayonne.

A Marseille, Jean-Luc Mélenchon a déploré "la division du politique et du syndical", alors que "des milliers, des millions de militants politiques (...) sont prêts à entrer dans l'action".

Le chef de file des Insoumis, député des Bouches-du-Rhône, a une nouvelle fois regretté "la division syndicale" qui n'a pas permis de mettre en échec le "plan de marche anti-social" du président Macron, selon lui.

Les ordonnances ont mis en exergue les divisions entre les syndicats: malgré des tentatives, ils ont échoué à organiser une action unitaire. "On a rarement eu, voire jamais, un mouvement syndical en France aussi fracturé", analyse l'historien Stéphane Sirot.

"Macron fait un peu comme Sarkozy en début de quinquennat: il a un agenda social très chargé, il met la pression sur les syndicats, ça a tendance à les paralyser ou à leur dicter leur comportement", explique Dominique Andolfatto, professeur à l'université de Bourgogne.

- Entrée à l'université -

Le gouvernement a ainsi déjà mis le cap sur le nouveau volet de réformes sociales: l'apprentissage, dont la concertation a été lancée la semaine dernière, et la formation professionnelle. 

Pour cette dernière, le ministère du Travail vient de remettre au patronat et aux syndicats le document qui doit leur servir de base de négociation. Il leur a donné jusqu'à fin janvier pour rendre leur copie.

Le projet de loi doit être présenté en avril et réformera aussi l'assurance-chômage, autre sujet sensible sur lequel le gouvernement entretient le flou pour le moment.

Toutefois, les syndicats refusent de tourner la page des ordonnances qui doivent encore faire l'objet d'une ratification, et déplace la bataille sur le terrain judiciaire:, avec des recours de la CFDT et la CGT devant le conseil d'Etat.

L'appel de jeudi est large. Plusieurs organisations lycéennes, étudiantes ou enseignantes (UNL, Unef, Snesup-FSU), appellent aussi à battre le pavé pour contester le projet de loi redéfinissant les modalités d'entrée à l'université.

Ce texte, qui doit être présenté la semaine prochaine en conseil des ministres, menace "le libre accès à l'enseignement supérieur", selon elles.

La première mobilisation contre les ordonnances avait réuni dans toute la France le 12 septembre entre 500.000 (selon les syndicats) et 223.000 personnes (police). Mais le mouvement s'est nettement essoufflé au cours des deux journées de mobilisation suivantes.

Un cinquième appel n'est pas encore à l'ordre du jour.

Toutefois, des associations comme Attac ou droit au logement (DAL) et des sections CGT et Solidaires, regroupées dans le collectif "Front social", ont déjà appelé à marcher "sur l'Elysée" samedi, à Paris, pour protester contre la "politique antisociale" de Macron.