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Les députés LREM en séminaire pour resserrer les rangs

A l'aube d'un semestre chargé, les députés LREM se retrouvent lundi et mardi pour un séminaire de travail, à un moment test pour la cohésion du groupe majoritaire, notamment avec le projet de loi asile-immigration qu'il s'est agi de dépassionner.

Les députés du groupe LREM posent sur le perron de l'hôtel de Lassay, à l'Assemblée nationale, le 24 juin 2017Les députés du groupe LREM posent sur le perron de l'hôtel de Lassay, à l'Assemblée nationale, le 24 juin 2017

A l'aube d'un semestre chargé, les députés LREM se retrouvent lundi et mardi pour un séminaire de travail, à un moment test pour la cohésion du groupe majoritaire, notamment avec le projet de loi asile-immigration qu'il s'est agi de dépassionner.

Après trois semaines de pause des travaux parlementaires, leur chef de file Richard Ferrand a accueilli des dizaines d'élus du parti présidentiel sur le perron de l'Hôtel de Lassay. "Mobilisons-nous ensemble pour que cette nouvelle année soit aussi intense et dense que la précédente", leur a-t-il dit.

Avec ce séminaire à huis clos, auquel devraient participer plus de 200 des 312 députés LREM, "l'objectif est de lancer la saison législative 2018", selon Hervé Berville, un porte-parole.

"Nous avons besoin de renforcer notre compréhension des enjeux, et nos liens", estime Cendra Motin, députée de l'Isère. 

Des mouvements centrifuges émergent, avec en particulier Brigitte Bourguignon (ex-PS) qui veut un "volet social plus affirmé" en 2018 et a réuni une trentaine de députés marcheurs dans un "organe de réflexion". Pas question de "fronder", assure toutefois cette élue du Pas-de-Calais.

"Nous marchons sur nos deux jambes, pas à cloche-pied" à droite ou à gauche, a assuré M. Ferrand. Et le groupe LREM, "ce n'est pas un casernement", avait-il relativisé ce week-end, "il y a la liberté totale de débat (puis) l'unité totale dans l'action et le vote". "On peut avoir de la polyphonie sans que ce soit de la cacophonie", selon M. Berville.

"Je ne veux plus lire un article où l'on parle de nos états d'âme (...) Parlons des Français et des Françaises, pas de nous", a aussi plaidé le président de groupe en séminaire, selon des propos rapportés. 

- "Finie la colonie de vacances" -

A la veille d'un déplacement d'Emmanuel Macron à Calais, l'atelier législatif "asile-immigration" en fin de matinée s'est déroulé de façon "apaisée", selon plusieurs participants. 

"Tout le monde a compris le besoin d'aborder le sujet sans idéologie et de garder la tête froide", considère un membre du groupe de travail instauré fin décembre. 

Après une présentation par Marie Guévenoux, Aurélien Taché et encore Naïma Moutchou des enjeux et grandes lignes du projet de loi en gestation à Beauvau, une dizaine d'élus ont évoqué leur expérience, notamment des élus des Alpes ainsi que Christophe Blanchet, député de Ouistreham (Calvados), qui a "alerté sur les difficultés de procédure à l'égard des +mijeurs+", jeunes migrants à l'âge indéterminé.   

Certains députés "ne se satisfont pas que des gens dorment encore à la rue", d'autres déplorent "le détournement de procédures" par certains demandeurs d'asile, a retenu M. Taché, lui-même chargé d'un rapport sur l'intégration, volet sur lequel les parlementaires pourraient avoir le plus de marge de manœuvre.

Gérard Collomb sera dans une semaine devant les députés LREM puis ultérieurement devant les MoDem, qui ont aussi formé un groupe de travail interne pour déminer. 

Au menu encore de ces "journées d'hiver": des ateliers sur le projet de loi "droit à l'erreur" ou la réforme constitutionnelle, programmée à l'été. 

Et également - ouvert au gouvernement - un "apéritif des régions" lundi soir, où chacun apportera un produit pour ce moment qui avait eu beaucoup de succès lors d'un précédent séminaire en septembre à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). 

Nullement question cependant de jeux de rôle cette fois. "Finie la colonie de vacances", glisse une source parlementaire, l'ambiance se veut studieuse.

"Plusieurs axes d’amélioration du fonctionnement du groupe" seront explorés. "Tout le monde veut travailler, sur beaucoup de sujets, et avoir des responsabilités", explique Sacha Houlié, d'où un point sur la "valorisation des talents", alors que des dizaines de députés ont pu être pris de doutes sur leur utilité. 

La question du lien du groupe LREM avec le parti et son dirigeant Christophe Castaner pourra aussi être posée, alors que les Insoumis taclent "une majorité fayote" à l'égard de l'exécutif.  

Mardi pour clore ce séminaire, la réunion hebdomadaire du groupe doit accueillir Édouard Philippe.