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L'élection de Valls dans l'Essonne validée par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a levé vendredi les doutes pesant sur l'élection de Manuel Valls comme député de la première circonscription de l’Essonne, en rejetant les recours intentés par ses adversaires de la France insoumise.

Manuel Valls dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 10 octobre 2017Manuel Valls dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 10 octobre 2017

Le Conseil constitutionnel a levé vendredi les doutes pesant sur l'élection de Manuel Valls comme député de la première circonscription de l’Essonne, en rejetant les recours intentés par ses adversaires de la France insoumise.

Le Conseil constitutionnel, qui statuait vendredi sur 15 cas, a en revanche invalidé les élections de Lénaïck Adam (LREM) dans la deuxième circonscription de Guyane, et de Ian Boucard (LR) dans la première du Territoire de Belfort. Il avait annulé le 16 novembre celle de la députée LREM Isabelle Muller-Quoy dans le Val d'Oise. Dix-neuf décisions doivent encore être rendues.

"Les requêtes de Mme Farida Amrani et M. Ulysse Rabaté (candidats de la France insoumise lors de ces législatives) et de M. Gautier Albignac (candidat sous l'étiquette "divers") sont rejetées", écrit le Conseil constitutionnel.

L'ancien Premier ministre l'a emporté de seulement 139 voix contre Mme Amrani, lors d'un second tour houleux le 18 juin.

Mme Amrani et ses avocats contestaient la validité de 141 suffrages, pointant sur les listes d'émargement des signatures repassées au stylo sur leur esquisse au crayon, et des signatures différentes entre les premier et deuxième tours.

Si 66 votes "correspondant à des différences de signature significatives doivent être regardés comme irrégulièrement exprimés", ce n'est pas le cas des autres, selon les neuf Sages.

"Ces suffrages irréguliers restant en nombre inférieur à l’écart de voix entre les deux candidats du second tour, cette irrégularité ne saurait conduire à l’annulation des opérations électorales", tranche-t-il.

- 'Jugement de Salomon' -

Dans un communiqué, M. Valls, qui siège désormais au sein du groupe La République en marche (LREM), a pris "acte" de la décision du Conseil constitutionnel, qui "a ainsi pu mesurer en toute indépendance l’inanité totale des arguments invoqués".

"Je vais donc pouvoir continuer mon travail de député de la nation, au service des citoyens, des territoires de ma circonscription et du pays", se réjouit M. Valls, qui n'a pas caché récemment son envie de revenir au gouvernement, et qui souhaiterait, selon un de ses anciens amis, "remplacer Jean-Yves Le Drian au ministère des Affaires étrangères".

M. Valls multiplie les déplacements à l'international, aux Etats-Unis cette semaine, où il a rencontré l'ambassadeur de France auprès des Nations Unies, et lundi et mardi en Espagne, où il doit notamment débattre avec l'ancien Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne, Javier Solana.

Dénonçant une "campagne d'une haine et d'une violence inouïes (...) pour discréditer et salir (sa) personne" et "les idées (qu'il) porte", M. Valls a fustigé la "stratégie politique" de la France insoumise, "qui repose sur la violence des mots et la disqualification des responsables publics comme des médias".

Farida Amrani et son suppléant ont eux aussi pris "acte", dans un communiqué publié sur Twitter.

"Bien entendu, nous respectons la décision du Conseil constitutionnel et réitérons toute notre confiance dans les institutions de la République. Plusieurs zones d'ombre persistent, renforcées par la faiblesse de la défense de Manuel Valls tout au long de l'instruction. Mais pour cette fois, force est de constater que l'évidence ne suffit pas", écrivent-ils.

La cofondatrice du parti de gauche Martine Billard a évoqué un "jugement de Salomon".

La décision du Conseil constitutionnel met fin à un suspense de plusieurs mois, sur fond de tension grandissante entre M. Valls et les représentants de la France insoumise, qu'il accuse de complaisance avec l'islam.

Jeudi sur France 2, Jean-Luc Mélenchon a estimé que le député de l'Essonne parlait comme "l'extrême droite" lorsqu'il affirme qu'il y a en France un "problème de l'islam, des musulmans". Une "infamie" selon Manuel Valls, qui affirme qu'il continuera "à (se) battre pour rétablir partout les valeurs de la République".