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La perspective fragile d'un groupe parlementaire commun PCF/LFI

La possibilité de constituer un groupe parlementaire commun entre La France insoumise et le PCF semblait fragile lundi: le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a déjà renouvelé la même exigence de discipline de vote et de respect du programme qui avaient bloqué l'union des deux formations avant les législatives.

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon (G) le 18 juin 2017 à MarseilleLe leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon (G) le 18 juin 2017 à Marseille

La possibilité de constituer un groupe parlementaire commun entre La France insoumise et le PCF semblait fragile lundi: le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a déjà renouvelé la même exigence de discipline de vote et de respect du programme qui avaient bloqué l'union des deux formations avant les législatives.

Avec au total 29 députés revendiqués, dont plusieurs avec double étiquette, les deux formations politiques peuvent techniquement se regrouper pour gagner en audience - le seuil de formation d'un groupe est de 15 députés. 

"Je souhaite qu'il y ait un seul groupe, c'est ce qui me paraît le plus respectueux des électeurs" qui "auraient du mal à comprendre qu'on aille chacun de notre côté", a déclaré lundi à l'AFP la communiste Marie-George Buffet, très proche de Jean-Luc Mélenchon et réélue dimanche en Seine-Saint-Denis.

"Au regard de l'agenda parlementaire, avec les textes régressifs et dangereux qui sont annoncés et l'offensive politique et idéologique que mènera Emmanuel Macron avec sa majorité absolue, il est évident que le groupe le plus puissant (...) serait un point d'appui et de résistance", renchérit le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles.

Mais les rancœurs et les choix stratégiques divergents des derniers mois restent dans toutes les têtes. Et rien n'est encore arrêté à ce stade. La France insoumise doit se réunir lundi soir, l'exécutif communiste mardi. Mercredi matin, André Chassaigne réunit les autres députés communistes élus "pour décider collectivement de notre positionnement" vis à vis de LFI, a-t-il assuré à l'AFP.

Dès lundi, les leaders de La France insoumise se sont empressés de rappeler qu'ils avaient obtenu suffisamment de sièges - 16 - pour constituer un groupe autonome, sans partenaires communistes, et appeler à un "groupe clair et cohérent".

"On verra quelle sera la décision du Parti communiste mais en tout état de cause, nous aurons un groupe homogène (...), nous avons été élus sur un programme, +l'Avenir en commun+, Jean-Luc Mélenchon a fait plus de 19% des voix sur ce programme", a détaillé Éric Coquerel, élu député de Seine-Saint-Denis.

- Divergences sur le nucléaire et l'Europe -

Et s'il a promis qu'il tendait "la main à ceux qui veulent nous rejoindre sur une base claire", il a rappelé que les députés LFI avaient été élus "sur une méthode, celle de l'implication citoyenne". "La France insoumise n'est pas un parti, c'est un mouvement qui se base sur des assemblées citoyennes, les réseaux sociaux... Nous souhaitons en cela renouveler la vie politique de ce pays et pas de manière gadget", a-t-il insisté sans citer le PCF. 

Avant les législatives, La France insoumise avait imposé à ses candidats la signature d'une charte par laquelle ils s'engageaient notamment au respect du programme, à leur rattachement financier au mouvement et à une discipline de vote au sein du groupe. Seule incartade à la règle, certains candidats comme François Ruffin ou Clémentine Autain n'avaient pas eu à la signer. 

"Nous n'avons pas des orientations très différentes, nous avons soutenu le même candidat à la présidentielle", assure cette dernière, élue en Seine-Saint-Denis. Sauf peut-être la question du nucléaire, dont La France insoumise prône la sortie, ou de l'Europe.

Elle espère, avec Marie-George Buffet ou Stéphane Peu, également un communiste investi par LFI, pouvoir "contribuer à faire émerger" une union, "un groupe à la fois le plus large possible et cohérent". 

Mais rien ne garantit que la réconciliation soit possible. D'autant plus si Jean-Luc Mélenchon en personne brigue la présidence du groupe. Réélu dimanche, il faudra compter avec André Chassaigne dont l'inimitié avec le candidat à la présidentielle est notoire et qui a affronté une candidate LFI au premier tour. 

D'autres voix dissonent quant à la constitution d'un groupe commun. Élu dans le Nord, Fabien Roussel ne voit pas d'inconvénient à ce "que chaque formation politique ait son groupe, c'est bon pour la démocratie". Un autre communiste rappelle discrètement que "la discipline de vote n'est pas négociable". 

Dans ce cas, les communistes pourraient chercher à constituer un groupe avec l'aide d'élus ultramarins comme c'était le cas dans la mandature précédente.