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La colonisation française, thème récurrent de polémiques politiques

Le regard porté sur la colonisation est l'objet de polémiques récurrentes chez les hommes politiques français, comme en témoigne le vif émoi soulevé par les propos d'Emmanuel Macron qui l'a assimilée à un "crime contre l'humanité".

Une céramique sur un immeuble parisien, rare trace de l'époque de la colonisation dans la capitale française, photographiée le 15 février 2013Une céramique sur un immeuble parisien, rare trace de l'époque de la colonisation dans la capitale française, photographiée le 15 février 2013

Le regard porté sur la colonisation est l'objet de polémiques récurrentes chez les hommes politiques français, comme en témoigne le vif émoi soulevé par les propos d'Emmanuel Macron qui l'a assimilée à un "crime contre l'humanité".

- 'Rôle positif' - 

En février 2005, la promulgation en France d'une loi dont un article évoque le "rôle positif" de la colonisation suscite une très vive polémique et tend les relations entre Paris et Alger. Le président Bouteflika reproche à Paris une "cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme".

Le 25 janvier 2006, au nom de la "concorde", le président Chirac demande la "suppression" de l'alinéa controversé qui stipule notamment que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord". Il est abrogé le mois suivant.

- Sarkozy: pas de 'repentance' -

Le 3 décembre 2007, le président Sarkozy en visite à Alger reconnaît que "le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République: liberté, égalité, fraternité", mais dit son refus de toute idée de "repentance".

"A l'intérieur de ce système, il y avait beaucoup d'hommes et de femmes qui ont aimé l'Algérie avant de devoir la quitter", déclare Nicolas Sarkozy. "C'est toutes les victimes que je veux honorer", ajoute-t-il en évoquant les "crimes terribles commis tout au long de la guerre d'indépendance".

- Fillon: 'partage de culture' -

Le 28 août 2016, François Fillon, alors candidat à la primaire de la droite et du centre, déclare lors d’un discours à Sablé-sur-Sarthe, que "la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord" et qu’elle "n’a pas inventé l’esclavage".

"Aucun bénéfice politicien ne saurait excuser la régression morale ou une ignoble négation de l’Histoire", réagit, indigné, le député de Martinique Serge Letchimy (PS) dans une tribune. Selon lui, "avec ces harangues populistes", le candidat LR "offense des millions de personnes victimes de Traite, d’esclavages, de génocides".

Le 27 octobre 2016, accusé de "racisme" pour ses propos d'août par le syndicaliste guadeloupéen Elie Domota, François Fillon répète son refus d'une "repentance", tout en reconnaissant que "bien sûr que la colonisation aujourd'hui, avec les critères qui sont les nôtres, est un crime".

- Macron: civilisation et barbarie -

En octobre 2016, Emmanuel Macron suscite la controverse en déclarant au Point: "Alors oui, en Algérie il y a eu la torture, mais aussi l'émergence d'un Etat, de richesses, de classes moyennes, c'est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie"

En février 2017, dans une interview accordée à la chaîne privée algérienne Echourouk News lors d'un voyage en Algérie, l'ancien ministre de l'Economie qualifie la colonisation de "crime contre l'humanité" et de "vraie barbarie".