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Johnny Hallyday, icône de la droite aux amitiés politiques éclectiques

Star à la "sensibilité de droite" ayant accédé avec le temps au statut de quasi-chanteur officiel, Johnny Hallyday a été de nombreuses aventures politiques, notamment auprès de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, même s'il s'est ensuite dit désabusé de la chose publique. 

Le chanteur de rock et acteur français, Johnny Hallyday donne l'accolade au président de la République Jacques Chirac (G) le 24 janvier 1997 à Paris au palais de l'Elysée après avoir reçu des mains du chef de l'Etat les insignes du chevalier de la Légion d'HonneurLe chanteur de rock et acteur français, Johnny Hallyday donne l'accolade au président de la République Jacques Chirac (G) le 24 janvier 1997 à Paris au palais de l'Elysée après avoir reçu des mains du chef de l'Etat les insignes du chevalier de la Légion d'Honneur

Star à la "sensibilité de droite" ayant accédé avec le temps au statut de quasi-chanteur officiel, Johnny Hallyday a été de nombreuses aventures politiques, notamment auprès de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, même s'il s'est ensuite dit désabusé de la chose publique. 

"On a tous quelque chose en nous de Jacques Chirac": en mars 1988, à un mois du premier tour de la présidentielle, Johnny Hallyday est la star d'un meeting géant du candidat du RPR à Vincennes, où il chante devant une centaine de milliers de militants.

Le rocker, qui cultive depuis ses débuts le mythe tout libéral du rêve américain, avait roulé pour la droite dès 1974, lorsqu'il avait soutenu Valéry Giscard d'Estaing, confirmé en 1980 lors d'une "fête de la liberté".

Indifférent au président François Mitterrand, le chanteur le considère à peine bon pour "les intellos", telle sa compagne de l'époque, Nathalie Baye, qui avait voté pour lui, racontait-il en 2013 dans son autobiographie, "Dans mes yeux" (Plon).

Pourtant, le chanteur abandonné n'a jamais insulté l'avenir, ni les alternances: aux côtés de Georges Marchais lors d'une fête de l'Huma en 1985, ou à un meeting de Bernard Tapie lors de la campagne pour les régionales de 1992, lorsque le protégé de Mitterrand tente de conquérir la Provence.

Johnny Hallyday fait également savoir qu'il a dîné avec François Hollande en janvier 2012, au lendemain du meeting du Bourget. Une fois le socialiste élu, le chanteur estime qu'il sera "certainement, et je l'espère, un très bon président pour la France". 

L'affront est douloureux pour Nicolas Sarkozy, qui était parvenu à faire venir la star au premier rang de l'un de ses meetings en 2007, après l'avoir fait adhérer à l'UMP, en même temps que sa femme Læticia et son fils David.

L'ex-président est un admirateur de la première heure du chanteur "abandonné" - passion partagée par une part conséquente de la classe politique, de Jean-Pierre Raffarin à Robert Hue, de Xavier Bertrand à Jean-Claude Gayssot: au fil des majorités, Johnny accède finalement au statut de quasi-chanteur officiel.

C'est ainsi lui qui est choisi pour assurer un concert du 14-juillet au pied de la Tour Eiffel, en 2009, devant un million de personnes, dont une caravane de ministres et chefs de partis.

Pour marquer le premier anniversaire de l'attentat contre Charlie Hebdo, c'est encore Johnny qui est appelé pour venir incarner la tristesse française avec sa chanson "Un dimanche de janvier".

"Depuis toujours ce sont plus les politiques qui ont voulu l'approcher que l'inverse. Comme un touriste devant l'Arc de triomphe, chacun a voulu se faire photographier devant Johnny Hallyday", avait résumé son metteur en scène, Bernard Schmitt.

- 'J'ai dit trop de conneries' -

Partager la lumière d'un cliché aux côtés de Hallyday s'est toutefois parfois révélé délicat, notamment lorsque le chanteur s'est exilé en Suisse.

D'aucuns ont également murmuré que la passion de Johnny à cultiver les amabilités politiques était d'autant plus ardente que les contrôles fiscaux étaient menaçants.

"Ce n'était pas quelqu'un de marqué idéologiquement. Du moment qu'il s'agissait d'un pote, il appelait à voter pour lui", avait décrypté Bernard Schmitt.

Le chanteur se défend de tout opportunisme: "J'ai une sensibilité de droite", tranche-t-il. "Je n'aime pas la médiocrité. Je pense que la gauche pousse vers ça", poursuit-il dans son autobiographie.

Mais, "il n'y a pas un politicien en qui je crois": "ils nous ont tous menti, je ne peux plus croire en personne", regrette-t-il en 2013, en se disant notamment "déçu" par Nicolas Sarkozy.

Certes, il salue son "ami" Emmanuel Macron après son élection lors d'un concert, mais il s'était abstenu de tout soutien lors de la campagne de 2017.

"J'ai dit trop de conneries qui se sont retournées contre moi. Je regrette la plupart des choses que j'ai pu dire souvent par maladresse. Cela m'a renvoyé à ce que je suis : un musicien qui n'est pas armé pour parler de politique", constatait-il amèrement.