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Egalité femmes-hommes: de nouvelle mesures dévoilées pour le 8 mars

Égalité professionnelle, violences sexuelles... Le gouvernement a commencé à dévoiler des mesures pour faire progresser l'égalité femmes-hommes, "grande cause du quinquennat", à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8mars.

La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, à l'Assemblée nationale, le 7 mars 2018 à ParisLa secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, à l'Assemblée nationale, le 7 mars 2018 à Paris

Égalité professionnelle, violences sexuelles... Le gouvernement a commencé à dévoiler des mesures pour faire progresser l'égalité femmes-hommes, "grande cause du quinquennat", à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8mars.

"Notre mot d'ordre, c'est de dire que l’État est de retour pour les femmes", avait assuré la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, mardi en clôturant un "Tour de France de l'égalité" lancé en octobre.

Cette consultation citoyenne a permis d'identifier une série d'initiatives locales qui vont être généralisées, a-t-elle dit. "Une cinquantaine de mesures" vont ainsi être présentées lors d'un comité interministériel jeudi, présidé par le Premier ministre Édouard Philippe. 

Par exemple, un "référent égalité" sera nommé dans chaque établissement scolaire à la rentrée 2019, une initiative inspirée d'un lycée du Val-d'Oise.

Des contrats locaux seront par ailleurs signés entre préfets, magistrats, hôpitaux et associations pour mettre en place un système d'"alerte en réseau" destiné à mieux repérer les violences conjugales, comme cela se fait à Angoulême. 

Une plateforme de géolocalisation des hébergements d'urgence des femmes victimes, accessible seulement par les professionnels (associations, urgentistes, travailleurs sociaux ...) sera développée pour les aider à trouver un refuge. 

"Deux mille places d'hébergement seront réservées courant 2018, avec un accompagnement pour ces femmes et leurs enfants", a précisé Mme Schiappa, mercredi à l'Assemblée nationale.

Dans une tribune publiée par Libération, des associations regroupées dans #stopVFF (stop aux violences faites aux femmes) ont de leur côté demandé des "soutiens et moyens financiers supplémentaires" pour renforcer leurs actions.

- 'Monologues du vagin' -

Le gouvernement a déjà annoncé mercredi soir, à l'issue d'une consultation entre le Premier ministre Édouard Philippe et les partenaires sociaux, que les entreprises de plus de 50 salariés présentant des écarts "injustifiés" de salaires hommes-femmes seraient sanctionnées à partir de 2022. Elles seront passibles d'une pénalité financière pouvant aller jusqu'à 1% de leur masse salariale.

Cette mesure figurera dans la loi sur les réformes sociales (assurance chômage, apprentissage, formation professionnelle) que Muriel Pénicaud doit présenter en Conseil des ministres fin avril.

A partir de 2019, un logiciel dédié, libre de droit, sera déployé dans les entreprises de plus de 250 salariés, et dans celles de 50 à 249 d'ici 2020, pour détecter les écarts de salaires injustifiés. 

La ministre du Travail a fixé l'objectif de supprimer, "d'ici trois ans", l'écart salarial de 9% existant entre hommes et femmes à poste équivalent. "Cela fait 35 ans" que la loi garantissant le principe à travail égal, salaire égal "n'est pas respectée, c'est hallucinant", s'est-elle indignée.

Comme chaque année, un rassemblement est organisé jeudi à Paris Place de la République, pour protester contre les inégalités salariales, suivi d'une manifestation pour les droits des femmes. 

Un "karaoké géant" sera organisé à 15H40, à l'heure "où les femmes commencent à travailler gratuitement", sur l'air de la chanson de Dalida "Paroles, Paroles".

Il s'agit de "cibler la politique d'Emmanuel Macron, parsemée de discours forts et de grandes phrases mais qui ne sont pas suivis d'actes forts", explique Ana Azaria, présidente de Femmes Égalité, membre du collectif 8mars15H40 composé de 29 associations féministes et syndicats.

Un autre rassemblement était prévu mercredi soir au Trocadéro, organisé par le mouvement #MaintenantOnAgit, en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo et de la ministre de la Culture Françoise Nyssen, avec la Tour Eiffel illuminée aux couleurs de cette campagne.

Le 21 mars, un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles doit être présenté en conseil des ministres. Il vise à permettre de verbaliser le harcèlement sexuel dans l'espace public (l'"outrage sexiste"), fixer à 15 ans l'âge en deçà duquel un mineur ne peut être considéré comme consentant à une relation sexuelle avec un majeur, et allonger le délai de prescription des viols sur mineurs.

La secrétaire d’État sera par ailleurs sur les planches mercredi à Bobino, avec les anciennes ministres de droite et de gauche, Roselyne Bachelot et Myriam El Khomri, pour une représentation des "Monologues du vagin". Cette pièce, écrite par la dramaturge et féministe américaine Eve Ensler à partir de témoignages de femmes, a été créée à Broadway en 1996 avant de connaître le succès dans le monde entier.

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