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Crédit en hausse pour le budget de l'Education

Les crédits en hausse de l'Education nationale, qui restera le premier budget de l'Etat en 2018, ont obtenu lundi soir le feu vert de l'Assemblée nationale en première lecture, la droite saluant une série de réformes et la gauche le jugeant insuffisant.

Séance à l'Assemblée nationale le 8 novembre 2017Séance à l'Assemblée nationale le 8 novembre 2017

Les crédits en hausse de l'Education nationale, qui restera le premier budget de l'Etat en 2018, ont obtenu lundi soir le feu vert de l'Assemblée nationale en première lecture, la droite saluant une série de réformes et la gauche le jugeant insuffisant.

D'un total de 51,3 milliards d'euros, hors pensions et retraites, ce budget doit doter les écoles, collèges et lycées de 1,3 milliard d'euros supplémentaires notamment pour absorber "un nombre important de recrutements" dans le premier degré décidés sous le quinquennat de François Hollande. Globalement, le nombre de postes restera cependant stable en 2018.

Le ministre Jean-Michel Blanquer, comme les députés de la majorité, ont vanté le premier budget de la nation mais aussi les traductions de "priorités" de l'exécutif, comme l'école primaire avec le dédoublement des classes de CP dans les quartiers très défavorisés (REP+).

A la rentrée 2018, le premier degré bénéficiera de près de 3.900 créations de postes, en particulier pour étendre ce dédoublement. Il y aura moins de recrutements néanmoins qu'en 2017.

M. Blanquer a également évoqué, comme plusieurs élus LREM, le nouveau dispositif "devoirs faits" au collège plutôt qu'à la maison pour les élèves qui le souhaitent, avec 220 millions d'euros dans le budget 2018.

Le ministre a aussi souligné que "ce budget marque la volonté d'aller toujours plus loin dans l'école inclusive", avec la poursuite de l'effort de recrutement d'accompagnants.

Au nom de LR, Frédéric Reiss n'a pas masqué la satisfaction face à plusieurs remises en cause de réformes du quinquennat Hollande depuis le début du quinquennat Macron, comme sur les rythmes scolaires avec la liberté de choix aux communes ou le collège avec le retour des classes bilangues.

Les quelques amendements LR, comme pour contrer "l'abaissement des subventions aux établissements agricoles privés", ont été rejetés.

La gauche, qui a salué certaines mesures comme sur les classes de CP ou le maintien de contrats aidés consacrés aux élèves handicapés, est, elle, restée sur sa faim.

Si elle a apprécié que ce soit "toujours le premier budget", la socialiste George Pau Langevin l'a trouvé "pour l'instant pas totalement à la hauteur d'enjeux cruciaux".

- 'L'égalité pratique' -

 Son groupe Nouvelle Gauche a notamment défendu sans succès un coup de pouce supplémentaire aux communes ayant maintenu la semaine de 4,5 jours.

Pour les rythmes scolaires, "nous sommes en train de faire l'égalité pratique", a aussi assuré M. Blanquer à l'Insoumise Mathilde Panot, disant qu'"aucune étude ne montre la supériorité des 4,5 jours sur les 4 jours".

La communiste Elsa Faucillon a ironisé sur "l'impossible théorème de Bercy, vouloir faire mieux avec moins", avec lequel "chaque mesure dans le bon sens se fait sur le dos d'une autre", comme la création de postes en primaire au détriment des collèges et lycées, qui n'en auront pas.

Et quid pour la Seine-Saint-Denis, département "le plus jeune" où "tous les clignotants sont au rouge", s'est inquiété Stéphane Peu. Le maintien de "mesures spécifiques" en particulier pour pallier le manque de personnels reste nécessaire, mais le département bénéficie du "volontarisme du conseil départemental et de l'Etat", a plaidé le ministre. 

Pour la France Insoumise, Sabine Rubin a critiqué un "cadre austéritaire" où "l'on déshabille Paul pour habiller Pierre", alertant par exemple sur les problèmes de remplacement. Son groupe a échoué à obtenir un rapport sur un plan de titularisation des précaires de l'Education nationale.

A la MoDem Maud Petit, qui évoquait l'initiative de parents d'élèves de l'académie de Créteil pour dénoncer les manques de remplaçants, le ministre a répondu plus tard que c'était "sur les remplacements de courte durée qu'il y a de grandes difficultés encore" et assuré que le gouvernement y travaillait.