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Augmentation des cotisations mutuelle: une annonce "malvenue" pour Agnès Buzyn

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a jugé mardi "malvenue" l'annonce par le président de la Mutualité française Thierry Beaudet d'une augmentation de 2 à 4% des cotisations mutuelle en janvier alors qu'une négociation est en cours sur le "reste à charge zéro" pour les patients.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, le 15 novembre 2017 à l'Elysée, à ParisAgnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, le 15 novembre 2017 à l'Elysée, à Paris

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a jugé mardi "malvenue" l'annonce par le président de la Mutualité française Thierry Beaudet d'une augmentation de 2 à 4% des cotisations mutuelle en janvier alors qu'une négociation est en cours sur le "reste à charge zéro" pour les patients.

"Je regrette un peu cette annonce puisque nous sommes en pleine négociation avec la Mutualité et avec les assureurs au sens large pour aller vers un reste à charge zéro (remboursement intégral, ndlr) pour l'optique, le dentaire et les audioprothèses", a répondu la ministre, interrogée sur RMC / BFMTV sur les propos tenus par M. Beaudet sur la même antenne un peu plus tôt.

"Dans une négociation en cours, annoncer d'ores et déjà une augmentation des prix, c'est peut-être déjà anticiper" les discussions, a sdit Mme Buzyn, qui a jugé cette "façon de procéder (...) malvenue".

La ministre, qui a estimé qu'on "aurait pu (la) prévenir en amont", a annoncé qu'elle allait s'entretenir avec M.Beaudet "dans la journée".

La Mutualité a précisé que son président avait évoqué des "remboursements supplémentaires portés à la charge des mutuelles et autres complémentaires" dans le budget de la sécurité sociale pour 2018, "sans aucun rapport avec les négociations en cours autour du reste à charge zéro". 

Evalués "à près d'1 milliard d'euros", ce sont ces remboursements qui vont "immanquablement se répercuter sur les cotisations", a expliqué la Mutualité. "C’est précisément pour ces raisons" qu'elle souhaite voir les négociations progresser, notamment à propos des prix facturés par les professionnels de santé, a-t-elle assuré.

Les négociations à propos du reste à charge zéro, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, doivent permettre "d'identifier les paniers de soins qu'il faudrait prendre en charge à 100%" et de "savoir ce qui sera à la charge des assureurs", à celle de la sécu et "ce que nous pouvons négocier sur les prix de fabrication" des lunettes et audioprothèses, a rappelé Mme Buzyn.  

"Sur le dentaire, les négociations avancent bien", a-t-elle dit, espérant pouvoir faire des annonces "courant 2018". Quant à l'optique et aux audioprothèses, "deux filières que nous mettons à plat complètement" via des négociations débutées en novembre, "des annonces" sont espérées pour le projet de budget de la sécu 2019.

"Je ne suis pas certaine qu'on aboutira à un reste à charge zéro pour la totalité des trois prises en charge mais on aura au moins un cadre bien défini pour continuer les négociations", a-t-elle ajouté.

Fin octobre, Mme Buzyn avait précisé que le reste à charge zéro ne concernerait pas "toutes les lunettes, audioprothèses et prothèses dentaires", trois postes mal pris en charge par la sécurité sociale, mais seulement certaines offres.