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Vers une structuration de l'aile "sociale" de la majorité ?

Le député LaREM Jean-François Cesarini annonce la création d'une "communauté parlementaire au sein de la majorité" réunissant des élus LaREM ayant une fibre plus "sociale" que "libérale". Pas question en revanche de créer un 9e groupe politique à l'Assemblée nationale.
3 min
LCPLCP

Il a d'ores et déjà anticipé les critiques : "Nous ne sommes pas des frondeurs." Le député La République en Marche Jean-François Cesarini annonce vendredi la création d'une "communauté parlementaire" constituée selon lui par une vingtaine de députés et de sénateurs.

La manœuvre a pour but de structurer au sein de la majorité présidentielle un "pôle social et démocrate" composé de parlementaires "loyaux" à Emmanuel Macron mais dont la sensibilité est davantage "sociale" que "libérale". Comprendre : créer un groupe d'élus LaREM de "gauche progressiste".

Dans leur manifeste, ces élus reconnaissent l'émergence, depuis l'élection d'Emmanuel Macron, d'un "nouveau clivage politique" entre "progressistes et conservateurs". Mais ils préviennent : "Ce clivage n'abolit pas l'opposition primordiale de la gauche et de la droite."

A la veille des élections européennes, seuls quelques noms d'élus soutenant cette initiative ont filtré : Claire Pitollat (députée des Bouches-du-Rhône), Sonia Krimi (députée de la Manche), Michel Amiel (sénateur des Bouches-du-Rhône).

Réduction des inégalités

Cette initiative ne se confond pas avec la volonté, rapportée par Le Figaro, de certains membres du gouvernement qui réfléchissent à la création d'un "Agir de gauche" : la formation dirigée par le ministre de la Culture, Franck Riester, agrège des parlementaires de droite "Macron-compatibles". Mais cette dernière est aujourd'hui présente à l'Assemblée nationale au sein d'un "groupe d'opposition" (UDI, Agir et indépendants).

Le "pôle social et démocrate" que veut structurer Jean-François Cesarini n'a pas vocation à aboutir à la création d'un neuvième groupe à l'Assemblée nationale mais plutôt à peser davantage au sein de la majorité. L'objectif est de "signer ensemble des amendements-marqueurs de gauche", explique le député du Vaucluse, qui a créé pour l'occasion une boucle de discussion Telegram intitulée "En Marche avec Macron".

"Nous ne croyons pas à la théorie du ruissellement", explique le manifeste de ce nouveau pôle, soucieux de se démarquer de l'aile droite de La République en Marche et - surtout - de la discipline de groupe.

Il "représenter(a) une sensibilité qui pose la primauté à la réduction des inégalités" et il revendiquera une plus grande "liberté" afin que la majorité puisse se voir "à la manière d'un orchestre symphonique et non d'un bataillon".

Micro-fronde en octobre

Souhaitant "proposer d'autres chemins pour arriver à la même destination", Jean-François Cesarini n'hésite pas à remettre en cause plusieurs mesures du début du quinquennat : "Ne fallait-il pas réformer le secteur du logement et construire plus pour baisser les prix avant de raboter les APL ?", peut-on lire dans le manifeste. Le texte cible aussi spécifiquement "la baisse uniforme à 80 km/h" qui "pénalise l'ensemble des automobilistes". Une réforme menée et assumée par le Premier ministre (et ex-juppéiste) Edouard Philippe.

Autre interpellation : "Ne fallait-il pas entendre une partie de la majorité demandant une progressivité de la CSG sur les petites retraites avant d'y toucher finalement parce que la pression des gilets jaunes était forte ?"

En octobre, Jean-François Cesarini avait en effet mené une micro-fronde lors de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale en faisant adopter en commission un amendement créant une CSG progressive contre l'avis du groupe LaREM.

Sa proposition, signée par 32 députés de La République en Marche, avait finalement été rejetée dans l'hémicycle. A l'époque, le président du groupe La République en Marche, Gilles Le Gendre, avait qualifié son initiative d'"erreur politique" et de "trahison par rapport au contrat passé avec les Français".

En décembre, la crise des gilets jaunes avait contraint Emmanuel Macron à reculer sur cette question. Le président de la République était revenu sur la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2.000 euros par mois.