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UNIVERSITÉ D'ÉTÉ DU PS, JOUR 1 : La Rochelle plombée par Emmanuel Macron

Jusqu'à dimanche, LCP vous fait vivre la rentrée du parti socialiste à La Rochelle. Revivez les temps forts de la première journée, vendredi.
7 min

C’est le grand absent de la rentrée socialiste et pourtant, on ne parle que de lui. Avant même le début des travaux du parti réuni à La Rochelle, Emmanuel Macron occupe toutes les conversations. En cause, sa critique frontale contre les 35 heures, formulée jeudi soir lors de son discours à l'université d'été du Medef.

« La gauche n'est pas exempte de critiques particulières, affirmait-il jeudi en fin d'après-midi. Elle a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises, ou au moins sans, qu'il suffisait de décréter et légiférer pour que les choses changent. Qu'il n'était pas nécessaire de connaître le monde de l'entreprise pour prétendre le régenter. Elle a cru que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C'étaient de fausses idées ».

Vendredi matin, Emmanuel Macron a tenté de revenir sur ses propos. « Je ne parlais pas des 35 heures mais du rapport au travail », a-t-il assuré à l’Agence France Presse.

Mais le mal est fait. Sa déclaration-choc arrive au pire moment pour le gouvernement et le parti socialiste qui souhaitaient que cette université d’été soient apaisée, ou presque.

"Le moins que l'on puisse dire est que cette phrase est une fausse bonne idée", a réagi le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Manuel Valls a immédiatement senti la portée de son ministre. Lors d’une visite d'un centre d'apprentis à Châlons-en-Champagne, vendredi, le Premier ministre a sèchement recadré son ministre. Pas question de remettre en cause la durée légale du travail. « Les Français n'ont rien à faire avec les polémiques qui tirent vers le passé, lance-il. Il n'y aura pas de remise en cause du temps de travail et des 35 heures. Les vrais sujets sont l'emploi et la croissance. Les petites phrases font mal à la vie publique ».

Valls: "Il n'y aura pas de remise en cause" des... par BFMTV

13h : l'exaspération du patron de PS

Si Jean-Christophe Cambadélis tente de garder le sourire, il accuse le coup. La sortie de Macron parasite « sa » rentrée. Il tente de désamorcer la crise : «Le Premier ministre a mis les pendules à l'heure», note-t-il, demandant à l’ensemble des socialistes « de ne pas tomber dans tous les pièges ».

Mais trop, c’est trop. Cambadélis juge que l’heure de l’explication a sonné avec le ministre. « Ça fait maintenant un an qu'on se court après. Je rencontrerai Emmanuel Macron en début de semaine (pour) une amicale, franche, déterminante explication. »

"Atypique" ou "provocateur" : Les militants PS jugent Macron

Propos recueillis par Elsa Mondin-Gava - LCP

14h20 : l'humour de Bennahmias

La crise au sein des écologistes d’EELV ne laisse pas indifférent Jean-Luc Bennahmias, l'ancien secrétaire national des Verts (1997-2001), aujourd’hui à la tête du mouvement Front démocrate.

Au moment où il répond aux questions de LCP-AN et Public Sénat au moment où Emmanuelle Cosse, la leader d’Europe Ecologie les Verts, fait son arrivée à La Rochelle, traquée par les journalistes. "On assiste à de grandes difficultés pour Emma Cosse. Elle est obligée de gérer l'ingérable. Je suis de tout coeur avec elle !"

(propos recueillis par Michael Szames et Jean-Baptiste Daoulas).

14h20 : la secrétaire national d'EELV dénonce les "aventures personnelles" de Rugy et Placé

Cosse dénonce les "aventures personnelles" de... par LCP

Les journalistes encerclent Emmanuelle Cosse. Après le départ de François de Rugy et Jean-Vincent Placé, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie les Verts admet que son mouvement vit "un moment difficile". Surtout, elle déplore l'attitude des deux parlementaires "qui ont décidé de s'engager dans des aventures personnelles au moment où l'intérêt collectif aurait dû primer".

Au lieu de commenter ces "aventures", Emmanuelle Cosse préfère se concentrer sur les régionales de décembre prochain : "Je vais me présenter devant les franciliens avec une liste écologiste et j'assume parfaitement ce choix là".

(Propos recueillis par Louis Sibille et Samia Dechir - Public Sénat)

17h : de Rugy déprogrammé

INFO LCP : François de Rugy, le co-président démissionnaire du groupe EELV à l’Assemblée nationale, devait co-animer cet après-midi un atelier sur « Les réponses à la crise démocratique ». Mais suite à son départ tonitruant du parti, jeudi, EELV a décidé de le remplacer par le numéro 2 du mouvement, David Cormand. Qu'à cela ne tienne : de Rugy compte bien imposer sa présence dans l’atelier…

François de Rugy s'en amuse, en répondant à Eva Sas, députée EELV classée à la gauche du parti :

17h30 : Le Roux et le remaniement

Alors que François Hollande et Manuel Valls s'apprêtent à remplacer François Rebsamen au ministère de l’Emploi, le départ de Jean-Vincent Placé et François de Rugy d'Europe Ecologie-Les Verts relance les spéculations sur une possible entrée d’écologistes au gouvernement. Le remaniement se profile, mais quand ?
« La seule date butoir c'est la rentrée parlementaire », soit le 14 septembre, tranche, placide, Bruno Le Roux, interrogé par LCP.

18h : Crise à EELV : la colère de Luc Carvounas

Le sénateur PS du Val-de-Marne, proche de Manuel Valls, déplore que la crise interne au sein du mouvement écologiste pollue l’université d’été des socialistes.

Propos recueillis par Louis Sibille et Samia Dechir (Public Sénat).

18h45 : Bruno Le Roux : « La dérive politique des écologistes va faire le jeu du Front national aux régionales »

Le président du groupe PS à l’Assemblée se félicite du départ de François de Rugy et de Jean-Vincent Placé d'Europe Ecologie - Les Verts. Selon lui, le mouvement connaît "une dérive politique" qui "va permettre de faire le jeu du Front National et de la droite" aux régionales. A la clé, selon lui, un risque : une "une désagrégation de la gauche".
Bruno Le Roux estime en revanche que les écologistes « ont toute leur place au coeur de la majorité, et donc forcément au gouvernement ».

18h45 : Bruno Le Roux "regrette que Macron n'ait pas été convié" à La Rochelle

"Quand on fait une université d'été dont le titre est 'Agir en commun', on agit d'abord avec tous les membres du gouvernement. Parce que tous les membres du gouvernement sont de gauches et que tous ont leur place à l'université d'été qu'ils soient socialiste ou pas", a lancé Bruno Le Roux qui regrette l'absence d'Emmanuel Macron à La Rochelle.

Il affirme qu'une intervention du ministre dans un atelier l'aurait "intéressé" : "J'aurais été intéressé d'entendre le ministre, celui qui est dans l'action et dont on sait les idées qui sont les siennes. J'aurais aimé l'entendre sur la République, sur la liberté, la fraternité, l'égalité... Une table ronde sur l'égalité avec Emmanuel Macron sur l'égalité, je pense que ça aurait de la gueule dans l'université du parti socialiste et c'est pour ça que je regrette qu'il n'ait pas été convié".

Propos recueillis par François Goulin et Samia Dechir.

19h : Pour Christian Paul, Macron est "un ministre hors-sol qui pense qu'on peut moderniser le pays sans le peuple"

"Je ne trouve pas ça conforme à ce qui devrait être un débat loyal entre un ministre du gouvernement et des militants socialistes". Le député frondeur de la Nièvre regrette que Emmanuel Macron soit allé "régler son compte à la gauche devant le patronat français". Même si il admet que la non-invitation du ministre était "peut-être une erreur", le jugement de Christian Paul est sans appel : "On voit bien que c'est quand même un ministre hors-sol qui pense qu'on peut moderniser le pays sans le peuple".

Propos recueillis par Elsa Mondin-Gava et Jean-Baptiste Daoulas - LCP