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Assemblée nationale

Tablettes pour tous et chasse au gaspi : vers une Assemblée sans papier ?

INFOGRAPHIE. Au Palais-Bourbon, les liasses d’amendements qui s’entassent et les feuilles volantes devraient bientôt relever de l’histoire ancienne. Depuis plusieurs années, numérisation et rationalisation ont conduit à une forte réduction de l’utilisation du papier, même si des efforts restent à faire. Une évolution des pratiques plus symbolique que réellement économique.
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Illustration © AFPIllustration © AFP

Le papier, voilà l’ennemi. Les députés membres de l’atelier sur le développement durable à l’Assemblée nationale veulent achever la dématérialisation engagée sous les législatures précédentes. Le 26 octobre, ils ont auditionné les secrétaires généraux de l’Assemblée nationale et de la questure. Une première.

Ces derniers ont dressé, chiffres à l’appui, un panorama complet de l’utilisation du papier, mais aussi du courrier, de la papeterie et des e-mails au sein de l’institution. Une audition riche dont on peut tirer trois principaux enseignements.

Des efforts de longue date. Depuis 2010, le coût de l’impression des documents parlementaires a déjà été divisé par trois et l’envoi de lettres et colis a chuté de 60%. Un recul notamment dû au forfait affranchissement limité à 12 000 euros par an pour chaque député.
Cette rationalisation, entamée sous la droite et reprise par la gauche, devrait être achevée par l’actuelle majorité. L’objectif : faire de la dématérialisation la norme et de l’impression une exception.

Des économies limitées. Conséquence directe, les économies à attendre de la suppression pure et simple des documents imprimés resteront modestes : environ 275 000 euros par an, quand le budget de l'Assemblée s'élève à 550 millions d'euros. Un gain qu’il faudra encore minorer de certains investissements, notamment en achat de tablettes et en développement de logiciels pour élaborer la loi sur des écrans. La questure estime à 200 000 euros le coût de 577 tablettes pour lire et amender les textes de loi en séance et en commission. Bref, un jeu à somme quasi-nulle.

Chères cartes de vœux. Reste un surprenant poste de dépenses est dans le viseur de la questure : l’envoi massif de cartes de vœux par les députés. Leur dématérialisation pourrait faire gagner jusqu’à un million d’euros au budget de l’Assemblée. Un million ? C’est justement le montant des économies que souhaite réaliser le questeur Florian Bachelier (LREM) en 2018…

Infographie. Une Assemblée sans papier ?


Avec Jean-Philippe Gauchet