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La République en marche

Six candidats pour diriger La République en marche à l'Assemblée

Le groupe majoritaire va voter pour renouveler les postes clés qu'il occupe au Palais-Bourbon. Gilles Le Gendre, qui préside LaREM depuis septembre, est candidat à sa propre succession. S'il part favori, plusieurs marcheurs lui disputent la tête du groupe.
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Les six candidats à la présidence du groupe majoritaire : Florent Boudié, Christophe Jerretie, Gilles Le Gendre, Olga Givernet, Stéphanie Do, François Jolivet (de g. à d.)Les six candidats à la présidence du groupe majoritaire : Florent Boudié, Christophe Jerretie, Gilles Le Gendre, Olga Givernet, Stéphanie Do, François Jolivet (de g. à d.)

Qui pour gérer les 304 députés du plus grand groupe de l'Assemblée nationale ? Une mission aussi prestigieuse que périlleuse, alors que les troupes parlementaires de La République en marche, issues des rangs de la gauche, de la droite et de la société civile se cherchent toujours une colonne vertébrale idéologique.

Des élections à deux tours sont organisées mardi et mercredi pour choisir qui sera le nouveau visage du groupe, mais aussi pour redistribuer une vingtaine de postes clés à l'échelle de l’institution. Un renouvellement des fonctions promis dès le début de la législature, qui pourrait se limiter à des changements marginaux.

Gilles Le Gendre, le choix de la continuité

En effet, Gilles Le Gendre part favori pour garder la présidence du groupe. Élu en remplacement de Richard Ferrand, le député de Paris n'est en poste que depuis septembre. S'il était battu, le groupe désavouerait ce choix récent. Cible de critiques en interne, qui soulignent son manque de "tranchant" sur les sujets sensibles, beaucoup de députés pourtant sceptiques sur sa capacité à fédérer le groupe devraient néanmoins le confirmer par défaut.

De plus, Gilles Le Gendre n'est cette fois pas concurrencé par Roland Lescure, qui devrait rester président de la commission des affaires économiques. Le député, qui l'avait mis en ballottage défavorable en septembre, n'avait pas envie de donner le sentiment de rejouer le match.

En campagne pour sa réélection, Le Gendre reconnaît un "déficit de portage politique" des propositions parlementaires face à l'exécutif. Autrement dit, les marcheurs ont du mal à peser dans l'écriture des lois, un problème récurrent depuis le début de la législature qui nourrit une frustration latente. Pour y remédier, le candidat sortant promet de créer une quinzaine de groupes de travail sur des sujets transversaux (dépendance, immigration...) afin de mieux canaliser les idées et les concrétiser dans l'hémicycle.

Des challengers nombreux

Comme en septembre, ils sont cinq autres candidats à disputer le poste au député parisien et à vouloir devenir le "premier" des marcheurs au Palais-Bourbon.

À commencer par Florent Boudié, ancien élu PS de Gironde, régulièrement cité comme le concurrent avec les chances les plus sérieuses de l'emporter. Dans un "en même temps" très macronien, il a promis à ses camarades de nommer l'ancienne LR Marie Guévenoux comme première vice-présidente.

Il propose notamment d'offrir au groupe une incarnation plus politique : "Faire de la politique autrement, ce n'est pas se passer de politique", explique-t-il en écho à tous les bras de fer perdus par la majorité face au gouvernement.

Autre ticket, François Jolivet compte, avec Perrine Goulet, former une "coprésidence", comme le groupe EELV l'avait expérimenté sous la précédente législature. Élus respectivement dans l'Indre et la Nièvre, ils proposent "d'ancrer le groupe dans les territoires". "Si on nous avait écouté, les Gilets jaunes n'auraient pas duré aussi longtemps", plaident-ils. Ils veulent également pouvoir dégager une ligne politique claire sur chaque texte, en développant le recours au vote "électronique et secret".

Enfin, Christophe Jerretie (Corrèze) et deux autres candidates sont aussi en lice, les députées Stéphanie Do (Seine-et-Marne) et Olga Givernet (Ain). Cette dernière justifie cette candidature contre les "pratiques naturelles des anciens partis qui sont vite revenues au galop". Fustigeant un état-major trop parisien et trop masculin, elle souhaite être "la garante des lignes rouges" de la majorité.

À voir si Gilles Le Gendre réussira à tuer le match mardi dès le premier tour ou si, in fine, le groupe jouera pleinement le jeu du renouvellement, quitte à avoir couronné trois présidents différents en l'espace de seulement deux ans.