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défense

Service national universel : les députés imaginent un parcours en plusieurs étapes et en partie obligatoire

Donner des "repères structurants" à la jeunesse, du collège jusqu'à l'entrée dans la vie active. Ce sont les conclusions rendues mercredi par une député de la majorité et une de l'opposition, qui réfutent tout "retour à la conscription". Elles ne retiennent pas l'idée d'un service d'un seul bloc sur trois mois, comme proposé par le président de la République.
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La Journée Défense et Citoyenneté serait fondu dans le nouveau dispositif proposé par les députées. © AFPLa Journée Défense et Citoyenneté serait fondu dans le nouveau dispositif proposé par les députées. © AFP

La fin d'un parcours du combattant... Après cinq mois de travaux intenses et plusieurs reports, Émilie Guérel (LREM) et Marianne Dubois (LR) ont enfin pu dévoiler mercredi leur rapport sur le service national universel, promesse du candidat Macron durant l'élection présidentielle.

Leur mission d'information a en effet subi l'agenda de l'exécutif, qui a planché en parallèle sur le sujet. La députée Marianne Dubois parle même de tentative du "sabordage" :

Devant leurs collègues de la commission de la défense, les rapporteures ont toutefois été vivement applaudies par leurs collègues à l'issue de leur présentation.

"Parcours de citoyenneté"

Les deux députés ont imaginé un service découpé en trois étapes. Ce "parcours de citoyenneté" serait étalé de 11 à 25 ans pour renforcer la cohésion nationale. Une idée à contre-courant de l'exécutif, qui penche plutôt pour un service national universel obligatoire d'un trimestre, prolongeable sur la base du volontariat.

Premier étage de la fusée : "Un enseignement moral et civique renforcé" à l'école ainsi qu'"une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire)" entre 11 et 16 ans, qui se déroulerait au collège, avec une formation aux premiers secours.
Parmi les intervenants mobilisés figureraient le corps enseignant mais aussi l'armée, les pompiers, des associations de mémoire, des étudiants en médecine...

Ensuite, à 16 ans, interviendrait "un rite de passage" pour exercer les connaissances et compétences acquises, qui se substituerait à l'actuelle Journée de Défense et de Citoyenneté (JDC).

Deux idées sont dans la balance : la première, qui a la préférence d'Émilie Guérel, consisterait en une semaine en internat pendant les vacances scolaires (une "école de la fraternité"). La seconde, défendue par Marianne Dubois, serait une semaine en immersion au sein du monde associatif, administratif, voire de l'armée.

Le caractère obligatoire d'une telle semaine pour les mineurs poserait, selon Marianne Dubois, un problème juridique, les enfants étant sous la seule responsabilité de leurs parents. Une difficulté qui pourrait être levée par une réforme constitutionnelle, explique-t-elle.
Dernier étage de la fusée, entre 16 et 25 ans, serait prévue "une incitation à l'engagement" dans le cadre d'une montée en puissance des dispositifs déjà existants : service civique, garde nationale, engagement associatif...
"L'engagement constitue avant tout un choix personnel qui repose sur le volontariat", font valoir les députées pour justifier le caractère optionnel de cette phase. En échange, les jeunes pourraient bénéficier de droits en matière de formation ou encore de transports à tarif préférentiel.
Le coût de l'ensemble de leurs propositions est jugé "raisonnable" et "réaliste" par les députées.

Quelles suites à ce rapport ?

Leurs travaux seront-ils repris par le gouvernement ? Rien n'est moins sûr. Cette promesse de campagne est aussi dans les tuyaux de l'Élysée, qui a mis en place un groupe de travail qui doit rendre ses conclusions fin avril.

Une phase d'expérimentation serait d'ores et déjà prévue en 2019. Mardi soir, devant la presse, le président de la République a évoqué un service "obligatoire", "autour du trimestre" et qui pourrait être "plus long si l'on intègre un service civique".

(Avec AFP)