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Santé

Selon Agnès Buzyn, on ne peut "maintenir une médecine de qualité et de proximité partout"

"On se voile la face", a déclaré jeudi la ministre, venue défendre sa loi Santé devant la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation. Agnès Buzyn a évoqué sa réforme de la carte hospitalière et revendiqué une "gradation des soins".
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LCPLCP

"Nous commençons à prendre des risques sur certaines pratiques hyper techniques" : c'est l'avertissement de la ministre de la Santé Agnès Buzyn qui défendait jeudi, devant les députés, sa réforme de la carte hospitalière.

Celle-ci doit passer par une "gradation des soins" et une différenciation, sur les territoires, entre des hôpitaux de proximité et des hôpitaux, comme les CHU, capables de réaliser des actes plus techniques.

"Qualité des pratiques"

"On se voile la face en pensant que l'on peut maintenir au XXIe siècle une médecine de qualité et de proximité partout", a affirmé Agnès Buzyn devant les membres de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation.

La ministre estime qu'il faut "assumer que la qualité des pratiques est liée à des plateaux techniques qui tournent énormément, des spécialistes très bien formés qui exercent bien".

En clair, les praticiens des petites structures n'exerceraient pas assez souvent certains actes, ce qui, à terme, pourrait avoir des conséquences sur leurs "compétences".

Maternités et déserts médicaux

Le projet de loi "relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé" prévoit notamment de redéfinir par ordonnances les missions des "hôpitaux de proximité", chargés de "rendre service à la population" avec une "médecine du quotidien" : médecine polyvalente, gériatrie, "soins de suite et de réadaptation", équipes mobiles, biologie et radiologie. Ces hôpitaux devraient en revanche être dépourvus de services de chirurgie et de maternité.

Agnès Buzyn a profité de son audition pour expliquer que les fermetures de maternité ne sont pas la conséquence de "choix budgétaires" :

Cela a été souvent le cas, je ne peux pas le nier mais ce n'est pas aujourd'hui l'orientation que je donne aux agences régionales de santé et aux directeurs d'hôpitaux.Agnès Buzyn

Selon la ministre, seule "la préoccupation de la sécurité et de la qualité" guide "les choix de restructuration".

Interpellée par la députée Les Républicains Véronique Louwagie, Agnès Buzyn a par ailleurs fermé la porte à tout dispositif visant à contraindre les jeunes médecins à s'installer dans des "déserts médicaux" : "Parmi les jeunes médecins, 70% sont des femmes, s'il y a une obligation d'installation pendant trois ans en zone rurale, elles feront autre chose."

"La seule solution, c'est l'incitation et d'être attractif", a déclaré Agnès Buzyn, appelant les députés à être "pragmatiques".

L'examen du projet de loi "relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé" commence mardi 12 mars en commission des affaires sociales. Il sera débattu en séance publique à partir du 18 mars.