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CETA

Résolution sur le CETA : le groupe PS s’abstient pour concilier les positions de Hamon et du gouvernement

Au sein du groupe socialiste à l'Assemblée, deux lignes s'opposent à propos de ce traité de libre-échange : celle du vainqueur de la primaire et celle défendue par Bernard Cazeneuve. Les députés ont décidé d'opter pour une solution de compromis. Et entretiennent un silence embarrassé.
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AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

La victoire de Benoît Hamon aux "primaires citoyennes" n’aura pas fait exploser le PS. Les députés socialistes n’ont, pour l’instant, pas migré massivement vers En marche !, le mouvement d’Emmanuel Macron ; ils n’ont pas non plus souscrit en nombre au "droit de retrait" prôné par Christophe Caresche et Gilles Savary.

A l’Assemblée, le groupe socialiste, écologiste et républicain fait front. Difficile toutefois de concilier la vision de Benoît Hamon - désormais considérée comme majoritaire - et celle du gouvernement. Le groupe socialiste en a fait l’expérience mardi, à l’occasion de sa réunion hebdomadaire lors de laquelle Bernard Cazeneuve a pris la parole au sujet de la proposition de résolution communiste sur le CETA, examinée jeudi soir en séance publique.

Le gouvernement est opposé à l'initiative

Ce traité de libre-échange, contesté par une partie de la gauche, devra être ratifié par chacun des pays de l’Union européenne. En France, cette ratification aurait forcément lieu après l’élection présidentielle. Mais le groupe communiste à l’Assemblée veut profiter des derniers jours de la législature pour "inviter le gouvernement à organiser un référendum populaire au sujet de l’autorisation de ratification".

Problème : le gouvernement est opposé à cette initiative, mais pas les députés proches de Benoît Hamon.

"Tout le monde est embêté"

"Bernard Cazeneuve a affirmé qu’un vote en faveur de cette proposition reviendrait à remettre en cause la position du gouvernement", explique un député socialiste. Résultat ? "Tout le monde est embêté", analyse l’élu. Pas question de donner l’image d’un groupe tiraillé entre deux positions irréconciliables, si près de l’élection présidentielle.

Alors, pour ménager les susceptibilités, la position du groupe est arrêtée : ce sera l’abstention. "C’est un élément positif puisque jusqu’à présent, le groupe socialiste était plutôt favorable au CETA, c’est un pas en avant important", se félicite l’ancien "frondeur" Pascal Cherki, proche soutien de Benoît Hamon.

"Une aberration de demander un référendum"

Un recul qui ne plaît pas à tout le monde, même si Pascal Cherki refuse de parler de "tension" et évoque "un débat qui n'est pas nouveau" au sein du PS. En tout cas, ce compromis n’est pas du goût de François Loncle, qui a soutenu Manuel Valls lors de la primaire. "C’est une aberration de demander un référendum sur un texte de 453 pages ! C’est un dévoiement de la démocratie, c'est de la démagogie en période électorale", s’emporte l’élu de l’Eure. Pour lui, pas question de s'abstenir : il votera contre.

Problème : François Loncle sera le porte-parole du groupe PS lors de l’examen de la proposition de résolution en séance publique, jeudi soir. L’élu devrait donc défendre une position opposée à celle décidée par le groupe socialiste.

La commission des affaires étrangères avait voté contre

Pour justifier ce choix, le député de l’Eure rappelle que la commission des affaires étrangères avait voté contre cette proposition communiste le 24 janvier dernier, avec le soutien de sa présidente Elisabeth Guigou. Contactée par LCP.fr, la députée de Seine-Saint-Denis n'a pas souhaité répondre à nos questions, de même que les porte-paroles du groupe PS Hugues Fourage et Annick Lepetit et leur président, Olivier Faure.

Silence dans les rangs : les députés socialistes doivent maintenir leur unité jusqu'à la fin de la législature, le 26 février prochain.