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Réserve citoyenne, laïcité, front républicain, climat, Ukraine... Les annonces de François Hollande

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Un mois après les attentats de Paris, François Hollande a expliqué qu’il devait, avec le gouvernement, "prolonger l'esprit" de janvier 2015 qui est "l'unité de la République".
"La France a su réagir avec dignité et fierté. Là où les terroristes voulaient la mettre à genoux, elle a fait face. Là où les fanatiques voulaient semer la peur, elle a fait masse. Là où les extrémistes voulaient la diviser, elle a fait bloc", a déclaré le chef de l'Etat en préambule de sa conférence de presse, jeudi à l'Élysée.
Mais le chef de l'État a également fait de nombreuses annonces : sur la crise ukrainienne, le terrorisme, la laïcité, l'école, le dialogue social...

Voilà ses principales déclarations :

"Je prendrai des décisions jusqu’au bout, quoi qu’il m’en coûte"

Le chef de l’État est revenu sur son regain de popularité : "Cela ne doit jamais être un facteur de décision. J’ai pris des décisions avec une popularité très faible. J’en prendrai avec une popularité un peu plus élevée. Je prendrai toujours des décisions, en fonction de la réalité et de la légitimité qui est la mienne, jusqu’au bout, quoi qu’il m’en coûte."

"Service universel pour les jeunes" et "réserve citoyenne" :

François Hollande a assuré jeudi que tout jeune qui voudrait faire un service civique "pourra le faire dès le 1er juin".
"Tout jeune qui se présentera à partir du 1er juin de cette année pourra faire un service civique, ce qui va supposer de mettre toutes les collectivités, toutes les associations, tous les ministères en capacité de proposer 150.000 ou 160.000 missions dans un délai particulièrement court, enfin qui peut s'étaler sur plusieurs mois", a-t-il déclaré, rappelant qu'"il y a aujourd'hui quatre fois plus de demandes qu'il n'y a de services civiques proposés".

"Les Français ont un amour intact pour la République", assure François Hollande qui propose également la création d’une "réserve citoyenne pour tous les Français".

"Notre responsabilité est de promouvoir l’école de la République"

Pour lutter contre le décrochage scolaire, François Hollande souhaite que le français soit maîtrisé "dès la maternelle". Cela passera, dit-il, par une meilleure formation des enseignants.

Le président de la République a donné les grandes lignes de son plan de refondation de l’école : "Notre responsabilité est de promouvoir l’école de la République (…) c’est la meilleure arme pour la reconquête, j’en ai fait ma priorité." a-t-il déclaré, avant d’ajouter : "une large concertation a été ouverte, les décisions seront prises au mois de mai."

"La laïcité n'est pas négociable"

"La laïcité doit se transmettre et doit s'apprendre, et ce sera fait à l'école tout au long de la scolarité", assure François Hollande. Selon lui, la laïcité n ‘est "pas négociable" et ne doit pas "subir des accommodements". La laïcité, ce sont des valeurs et des règles de droit qui consistent à protéger ce qui nous est commun, mais aussi ce qui nous est singulier, c'est une garantie contre les intolérances qui viendraient de l'intérieur et contre les influences qui viendraient de l'extérieur. Elle doit être comprise pour ce qu'elle est : la liberté de conscience, et donc de religion".

"Face au Front National, "Je n'avais pas hésité en 2002"

A propos du 2nd tour de la législative partielle dans le Doubs qui opposera dimanche un candidat PS à un FN, le chef de l’État a déploré l’attitude de l’UMP qui a appelé à voter blanc ou à s’abstenir. François Hollande a ainsi rappelé son attitude, le 21 avril 2002, lorsqu’il avait appelé à voter Chirac contre Jean-Marie Le Pen, lors du 2nd tour de la présidentielle. "Lorsque moi-même j'ai été confronté à cette situation en tant que chef de parti, ai-je hésité une seule seconde ? Le PS a-t-il hésité une seule minute ? "

Dans le collimateur de François Hollande, aussi, le Front National : « Il y a des partis qui sont dans la République, mais tous les partis n'adhèrent pas à toutes les valeurs de la République ».

Le "service militaire adapté" expérimenté en métropole

Le chef de l’État a annoncé l’expérimentation du service militaire adapté en métropole : "Le service militaire en outre-mer a montré une réussite exceptionnelle. (…) J’ai décidé qu’il y aurait une expérimentation en métropole. Trois centres seront créés, nous verrons dans quels lieux, pour observer les meilleurs résultats."

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"Je suis de gauche depuis le début"

"Je le suis depuis le début." François Hollande répondait à la question du directeur de la rédaction de Libération, Laurent Joffrin, sur son engagement à gauche.
"Quand je fais le choix de l’économie, de la croissance, c’est pour plus d’emplois, pas pour faire plaisir à certains commentateurs - ce qui n’a pas été le cas - ou pour me faire reconnaître de certains milieux" a ajouté le chef de l’État.

"Le gouvernement va reprendre la main sur le dialogue social"

Face à l’échec des discussions entre les partenaires sociaux, le président de la République a annoncé que le gouvernement allait reprendre la main sur le dialogue social : "Quand les discussions n’aboutissent pas, c’est à l’État de reprendre la main (…) un projet de loi sera présenté au Parlement."

Hollande en Ukraine cet après-midi

"En Ukraine nous sommes passés du conflit à la guerre. Des armes lourdes sont utilisées, des civils sont tués…", déplore le chef de l’État qui annonce son départ à Kiev dès cet après-midi pour tenter de résoudre la crise. Il sera au côté de la chancelière allemande, Angela Merkel. "La France veut éviter la guerre", explique François Hollande.

"Soit on rentre dans une logique d'armer les protagonistes, soit c'est l'option de la diplomatie, de la négociation qui ne peut être prolongée indéfiniment", expose le chef de l'État. "On cherche un texte qui satisfasse toutes les parties prenantes".

Cependant, le chef de l’état a réaffirmé son opposition à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN.

"Sur le climat, la France doit être en tête"

François Hollande a évoqué l’échéance de décembre prochain, lorsque la France organisera un grand sommet international sur le climat.

"Sur cette question, la France doit être en tête. L'Europe a fait son travail et du bon travail sur la réduction de l'émission des gaz à effet de serre. Nous avons besoin de cette transition. Si la France ne montre pas à l'exemple, elle ne pourra pas convaincre la Chine et les Etats-Unis. »

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