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Qui va voter la loi Macron ?

L'examen en commission spéciale du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a fait évoluer les positions des députés écologistes et des frondeurs socialistes.
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Après une semaine d’examen en commission spéciale, plusieurs modifications ont été apportées à la loi Macron, qui continue de cristalliser un certain nombre de tensions au sein de la classe politique. Avant son examen dans l'hémicycle, lundi 26 janvier, quelles sont les forces en présence ? Qui va voter le projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques ?

UMP : Ce sera contre… sauf pour certains

Nicolas Sarkozy a été clair. Le 16 décembre, l’ancien président de la République s’est rendu à la réunion des députés UMP à l’Assemblée avec un mot d'ordre : voter contre la loi Macron.

Une directive suivie à la lettre par le chef de file des députés UMP Christian Jacob, qui assure que son groupe votera contre le texte.

Las, depuis, des voix dissonantes se font fait entendre. Hervé Mariton, l'ancien candidat à la présidence de l’UMP, votera le texte qui apporte, selon lui, "quelques modifications utiles". Frédéric Lefebvre aussi. Le député des Français de l’étranger et ancien secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy, précise même, solennel, qu’il "préfère sa patrie à son parti"...

D'autres personnalités envisagent de ne pas suivre la ligne imposée par Nicolas Sarkozy. Gérald Darmanin, l’ancien porte-parole de ce dernier pendant la bataille de l'UMP, pourrait s’abstenir. François Fillon pourrait voter pour. Benoist Apparu, Thierry Mariani ou encore Luc Chatel hésitent. Tout comme les sénateurs Gérard Longuet et Roger Karoutchi.

Le PS est pour… mais les frondeurs envisagent de voter contre

Les députés socialistes devraient voter en grand nombre le texte. Mais que feront les frondeurs ?

Jean-Marc Germain et Christian Paul, les animateurs de ce groupe de députés qui critique la politique économique du gouvernement, s'opposent notamment aux mesures concernant le travail du dimanche. Après avoir annoncé qu’ils allaient voter contre le projet de loi, les frondeurs ont finalement décidé d’attendre l’examen en séance publique avant de fixer une position commune. Ils estiment cependant que le texte n’est "pas votable en l’état". Même s'ils reconnaissent auprès des Echos que "le contexte les obligent à plus de modération", ils publient une série de contre-mesures comprenant notamment la refonte du CICE, des réformes structurelles sur le logement, la transition énergétique ou encore un investissement de 2 milliards d'euros par an consacrés au numérique. Consulter ces réformes sur le site des Echos.

UDI : Peut-être...

Jean-Christophe Lagarde, le nouveau président de l’UDI, a appelé à voter contre. Mais le président du groupe centriste à l’Assemblée, Philippe Vigier, est plus nuancé. En cas d’avancées allant dans leur sens lors de l’examen dans l’hémicycle, les députés du groupe UDI pourraient finalement voter le texte.

Front de gauche : Contre

Le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, est clair : il va combattre la "bombe à Macron" qui "consiste à considérer que tout est une marchandise". Une position analogue à celle de Jean-Luc Mélenchon qui souhaite un "échec humiliant" au projet de loi.

EELV : Contre ou abstention

Cécile Duflot veut "mettre en échec" la loi Macron. Problème : François de Rugy, le co-président du groupe écologiste à l’Assemblée, est un peu moins hostile au texte que l’ancienne ministre du Logement.
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Début janvier, il estimait que son groupe ne pouvait pas voter le texte "en l’état". Aujourd’hui, la situation a changé. Sous réserve d’une évolution du texte en séance publique, les écologistes pourraient s’abstenir, a confié François de Rugy à Reuters.

Radicaux de gauche : Pour

Alain Tourret, député radical de gauche et rapporteur du texte, l’a promis : son groupe votera la loi Macron.