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Loi El Khomri

Pédago Que retenir de l'audition des syndicats sur la loi El Khomri?

Les syndicats étaient auditionnés mercredi à l'Assemblée sur le projet de loi sur la réforme du code du travail. Comment se sont déroulés les échanges ? Qu'ont-ils retenu du texte ? LCP.fr fait le point.
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Après l'audition de la ministre du Travail mardi, place aux syndicats. Pendant plus de 3h30 devant la Commission des affaires sociales mercredi matin, ils se sont livrés au jeu des questions - réponses avec les députés.

Un manque de concertation syndicale

Avant d'entrer dans le vif du sujet, les syndicats ont dit regretter le manque de concertation syndicale avant la publication du texte. Des articles qui n'avaient jamais été discutés sont apparus dans le projet de loi, explique Véronique Descacq, la secrétaire générale adjointe de la CFDT. "Nous avons reçu le texte en même temps que les médias !", déplore Jean-Claude Mailly (FO).

À cela, la CGT ajoute avoir reçu une convocation pour en parler... mais une semaine après la publication de la première version du texte. "Un peu paradoxal", ironise Fabrice Angei, membre de la direction confédérale de la CGT.

Pour la CFDT, le texte sera sans impact sur les embauches

Au cours des discussions, les syndicats se sont ensuite concentrés sur les effets escomptés du texte. Leur verdict est pour le moins pessimiste. A l'instar de Véronique Descacq, la secrétaire générale adjointe de la CFDT, pour qui le projet de loi de Myriam El Khomri n'aura aucun impact sur les embauches :

Nous ne croyons pas un instant que cette loi va créer une génération spontanée d'embauches parce que tout d'un coup des employeurs seraient libérés [de leurs] angoisses existentielles.Véronique Descacq, CFDT


La famille Gattaz et ses promesses d'emplois

Franck Mikula (CFE-CGC) s'est emparé du micro pour régler ses comptes - non sans humour - avec, d'un côté le Medef, de l'autre, les partis politiques.

Le secrétaire national de la CFE-CGC a tenu à souligner que si la famille Gattaz, à "la tête du Medef de père en fils", avait tenu ses engagements en termes d'embauches, "il y a belle lurette qu'on aurait aspiré tous les chômeurs des pays européens environnants".


Les syndicats "aussi légitimes" que les politiques

Enfin, le dirigeant de la CFE-CGC est revenu sur la légitimité des syndicats. Cette interrogation revient souvent, car les principales organisations syndicales ne représentent qu'entre 7 et 8% de la population active, soit environ deux millions de salariés.

Pour faire taire les critiques, le secrétaire national de la CFE-CGC a donc rappelé que la situation n'était guère plus reluisante du côté des partis politiques. Certes, la CFE-CGC est "un des plus petits syndicat de France", a-t-il reconnu, mais il a toutefois "plus d'adhérents que les partis politiques".

À ce jour, le nombre d'adhérents des partis politiques reste difficile à vérifier. Selon les dernières données déclaratives, le PS compterait 130.000 adhérents, le FN 56.000, et les LR 238.000. De son côté, la CFE-CGC comptabiliserait 160.000 adhérents.


Au final, les échanges auront duré 3h30. L'après-midi a ensuite été consacré aux organisations patronales. Le projet de loi Travail sera débattu en séance publique à partir du 3 mai à l'Assemblée nationale, après son examen en commission. En attendant, une forte mobilisation est attendue, jeudi.