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Primaire à droite

Comment les candidats de droite voient leurs "Cent jours" à l'Élysée

En cas de victoire à l'élection présidentielle l'an prochain, les candidats à la primaire de droite affichent la couleur : aller vite et frapper fort. Quitte à se passer du Parlement... Explications.
5 min

Référendums, ordonnances, gouvernement resserré... Parole de candidats : les premiers mois qui suivront l'élection présidentielle seront bien remplis. Et ceux qui comptaient sur une trêve estivale en seront pour leurs frais. Voilà l'agenda des sept candidats à la primaire à droite, s'ils remportent la bataille de l'Élysée.

Les ordonnances du docteur Copé

"Je constate que mon idée de gouverner par ordonnances est maintenant reprise par certains !", fulmine Jean-François Copé sur Atlantico. Il est vrai que le maire de Meaux a, de longue date, annoncé vouloir recourir à ce système afin de prendre les "15 décisions les plus importantes pour réformer le pays". Recourir aux ordonnances, c'est un moyen, prévu par la Constitution, qui permet à un gouvernement de faire adopter un texte plus vite, sans passer par le traditionnel - et souvent long - processus parlementaire.

Promesse de Copé : "Six mois après la présidentielle, le plus gros aura été fait." Au menu : fin des 35 h, simplification du code du travail, retraite à 65 ans, immigration et organisation de l’islam.

Avec un tel mode de fonctionnement, les parlementaires ne risquent-ils pas le chômage technique ? "Leur rôle ne sera pas affaibli, tempère Jean-François Copé sur BFMTV.com. Il ne s’agira pas de voter la loi de manière basique, mais au contraire d’évaluer les mesures qui seront prises, et veiller qu’elles soient appliquées sur le terrain."


François Fillon, un calendrier à pas cadencés

Pour l'ancien Premier ministre, la conduite du changement commencera... plusieurs mois avant la présidentielle : au cours des premières semaines de 2017, il dévoilera les principaux membres de son futur gouvernement "resserré", afin que tous soient "préparés aux lourdes responsabilités" qui leur seront confiés. Des textes de loi seront élaborés à ce moment-là pour être "dégainés" juste après l'élection présidentielle.

Résultat : pas - ou peu - de pause estivale pour les députés : "Le calendrier parlementaire devra permettre l’adoption des principales réformes dans les 100 jours qui suivent l’élection présidentielle", prévient François Fillon qui n'hésitera pas à recourir aux ordonnances si nécessaire.

Le nouveau président donnera une feuille de route très directive à chaque ministère : objectifs à atteindre, économies à réaliser, normes à supprimer ainsi que l'organisation à mettre en place.


Alain Juppé, des réformes en profondeur et un audit

Pour Alain Juppé, les cent premiers jours qui comptent ne sont pas tant ceux qui suivent l’élection que ceux qui la précèdent. "Si les Français m'élisent, je disposerai d'une légitimité très forte pour appliquer mon projet", veut-il croire.

Reste que s'il est élu président de la République, Alain Juppé ne perdra pas de temps. "Nous devrons donner des signaux rapides", explique-t-il, avant d'énumérer la longue liste des premières mesures qu'il mettra sur pied "dans les six mois" : "Zéro charge sur le Smic pour relancer l'emploi, retraite à 65 ans par étapes, réforme du contrat de travail, suppression de l'ISF, plan de relance de l'apprentissage, simplification des procédures, remplacement du compte pénibilité par un système moins complexe."

Comme Jean-François Copé et François Fillon, Alain Juppé ne s'interdira pas de travailler par ordonnances. Il a déjà prévu de commander à la Cour des comptes un état des lieux des finances publiques du pays. À charge pour le Parlement de voter une loi de programmation fiscale pour planifier, chaque année, la baisse de la dépense publique.

Nathalie Kosciusko-Morizet, cap sur la sécurité des Français

Même si elle ne formule pas clairement sa feuille de route pour ses premiers mois à l’Élysée, NKM livre quelques pistes. Elle veut "un petit nombre de ministres" qui restent longtemps en poste : "L’enjeu, c’est d’éviter que les administrations puissantes, qui voient passer les ministres comme l’eau sur les plumes d’un canard, ne fassent leurs propres politiques", explique-t-elle sur BFM.

Dans son programme "Nouvelle société, nouvelle France", NKM érige "la protection de tous les Français" en "priorité". En découle notamment une hausse budgétaire pour la Défense (portée à 2% du PIB), la création de 20 000 places de prisons et la création d’une agence de renseignement technologique sur le modèle de la NSA américaine.

Enfin, interrogée sur ses premières mesures dans le domaine du logement, l’aspirante présidente s’engage à "un vaste programme de revente des logements sociaux et la refonte du prêt à taux zéro."


Bruno Le Maire, huit ordonnances en 90 jours

Il l'a dit lors de son passage dans L'Émission politique de France 2, en octobre : "Il faut aller vite parce qu'il il y a urgence." Alors, s'il est élu, Bruno Le Maire prendra pas moins de huit ordonnances en 90 jours ! Voilà le détail : fin des 35 heures, dégressivité des allocations chômage, retraite à 65 ans, alignement des règles de cotisations du public sur le privé, suppression des régimes spéciaux de retraites, limitation du droit de grève ou encore privatisation du Pôle emploi.

Pour justifier cette méthode - et le fait de passer outre le Parlement - Bruno Le Maire assure que "la situation de la France ne nous permet plus d’attendre" : "Cela fait 15 ans que l'on a pris du retard", assure le candidat qui se fixe un objectif : "l'efficacité".

Jean-Frédéric Poisson, des réformes migratoires et diplomatiques

À l'instar de Nathalie Kosciusko-Morizet, avec laquelle il partage pourtant peu de choses, Jean-Frédéric Poisson met le cap sur la sécurité. Au cours des 100 premiers jours de son quinquennat, le président du parti chrétien-démocrate augmentera les moyens de la Justice, de la Défense et de l'Intérieur.

Favorable à une réforme en profondeur des alliances stratégiques, il plaide notamment pour que la France quitte le commandement intégré de l’OTAN et rompe "les alliances diplomatiques et économiques avec les pays qui soutiennent toute forme de terrorisme".

A l'Élysée, Jean-Frédéric Poisson s'attacherait à freiner les flux migratoires en organisant des contrôles aux frontières de l'Europe. Pour contraindre les pays d'émigration à renforcer davantage le contrôle des flux migratoires, il proposerait en échange des accords de coopération et de soutien industriel.

Enfin, il souhaite réformer l'école en transformant le ministère de l'Éducation nationale en ministère de l'Instruction publique. Une appellation utilisée de 1828 à 1932 et rétablie provisoirement par le régime de Vichy.


Nicolas Sarkozy, l'été des référendums

A peine (ré)élu, Nicolas Sarkozy soumettra deux référendums aux Français. Le premier, sur la suppression du regroupement familial automatique et l'autre, portant sur l’internement préventif des individus fichés S jugés dangereux. Ces consultations auraient lieu en même temps que le second tour des élections législatives, le 18 juin.

Le prétendant à l’Élysée promet aussi trois textes majeurs votés dès l’été 2017 : une loi de finances rectificative, une réforme du marché du travail et un renforcement des mesures contre le terrorisme.

En revanche, contrairement à bon nombre de ses rivaux, Nicolas Sarkozy exclut de recourir aux ordonnances. Une "fausse bonne idée", selon lui.