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Présidentielle 2017

Présidentielle : quelle école veulent les candidats ?

Autonomie, rythmes scolaires, effectifs, enseignements "fondamentaux", uniforme... Que proposent les candidats à l'élection présidentielle pour l'école, le collège et le lycée ?
14 min
AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

LCP.fr vous propose de retrouver les programmes des candidats à l'élection présidentielle sur l'éducation, suivant l'ordre donné par la liste officielle du Conseil constitutionnel.

Nicolas Dupont-Aignan : tolérance zéro, allocations familiales sous condition d'assiduité

Le candidat de Debout la France! souhaite diversifier les parcours des élèves. Il propose aussi de rétablir les bourses au mérite, rendre le vouvoiement obligatoire au collège et lycée et allouer l'allocation de rentrée sous forme de bons d'achats. Il souhaite également dédoubler les classes au collège dans les établissements sensibles.

Primaire : suppression de l'apprentissage des langues et cultures d'origine.

Collège : abroger immédiatement la réforme du collège ; diversification des parcours ; accompagnement personnalisé des élèves en difficulté

Lycée : désengorger la filière S ; véritable enseignement de l'informatique.

Rythmes scolaires : abandon de la réforme et utilisation du temps pour l'aide personnalisée aux devoirs.

Valeurs : revaloriser l'enseignement technique et professionnel ; rétablir les internats d'excellence et les bourses au mérite ; abandon du socle commun de compétences ; tolérance zéro ; vouvoiement obligatoire ; possibilité d'instaurer un uniforme ; notes chiffrées ; allocations familiales conditionnée à l’assiduité scolaire ; allocation de rentrée sous forme de bons d'achats.

Effectifs par classe : dédoubler les classes au collège dans les établissements sensibles.

Programmes : associer les professeurs à une révision générale ; abandon de la réforme de la grammaire ; augmenter le temps consacré au calcul et au français ; enseignement chronologique de l'histoire.

Baccalauréat : garder son caractère d'examen national.

Autonomie : donner de la liberté aux professeurs dans le respect des programmes nationaux.

Professeurs : 2.000 euros en début de carrière ; redéployer des postes administratifs sur le terrain ; ne pas systématiquement affecter les débutants aux établissements difficiles ; postes supplémentaires au concours dans les disciplines où c'est nécessaire.

Public/Privé : Préserver les spécificités et obligations des établissements sous contrat.

Marine Le Pen : alternance et priorité à l'enseignement du français

La candidate frontiste veut redonner la priorité aux "fondamentaux" et entend réserver la moitié du temps scolaire en primaire à l'enseignement du français. Elle souhaite aussi mettre fin à l'enseignement des langues et cultures d'origine, revenir sur la réforme des rythmes scolaires et imposer le port de l'uniforme.


Primaire : réserver la moitié du temps à l'enseignement du français.

Valeurs : suppression de l'enseignement des langues et cultures d'origine ; renforcement des apprentissages fondamentaux (français, histoire, calcul) ; imposer la laïcité ; port de l'uniforme ; méritocratie républicaine ; renforcer le réseau des écoles et des lycées français dans le monde.

Rythmes scolaires : revenir sur la réforme.

Alternance : développement massif (contrats d'apprentissage et de professionnalisation) dans l'artisanat, le secteur public et privé.

Emmanuel Macron : stages de remise à niveau et personnalisation des parcours

Le leader d'En Marche! veut davantage personnaliser les enseignements et souhaite que le lycée prépare mieux à l'insertion professionnelle. Il souhaite réformer le baccalauréat et prône davantage d'autonomie pour les établissements, qui seront contrôlés tous les trois ans.


Primaire : stages de remise à niveau en fin d'été.

Collège : priorité à l'accompagnement personnalisé et à l'orientation ; stages de remise à niveau pour les élèves en difficulté ; possibilité de rétablir des parcours bilangues en 6e et des parcours européens.

Lycée : mieux préparer à l'insertion professionnelle.

Réforme des rythmes : laisser les communes organiser le temps scolaire sans contrainte.

Valeurs : priorité aux fondamentaux "lire, écrire, compter" en maternelle et primaire ; bilan personnalisé pour les élèves de la grande section à la troisième ; renforcement de l'individualisation des apprentissages avec des supports numériques.

Effectifs par classe : divisés par 2 en CP et CE1 dans les établissements défavorisés REP et REP+.

Baccalauréat : 4 matières obligatoires à l'examen et le reste en contrôle continu.

Apprentissage : effort massif ; taxe d'apprentissage affectée intégralement à son financement.

Autonomie : liberté accrue dans l'élaboration du projet pédagogique pour les chefs d'établissements ; diagnostic des collèges et lycées tous les 3 ans ; part d'autonomie de recrutement au collège pour les établissements d'éducation prioritaire.

Professeurs : création de 4.000 à 5.000 postes d'enseignants ; 3 années d'enseignement avant affectation en zone prioritaire ; prime de 3.000 euros nets dans le 1er et le 2nd degré pour ceux qui enseignent en REP+.

Benoît Hamon : refonte de la carte scolaire et défense de la réforme des rythmes

Le député socialiste souhaite abaisser le nombre d'enfants par classes du CP au CE2, engager un plan de formation continue pour les professeurs et recruter 40.000 enseignants supplémentaires en cinq ans. Il est également le seul candidat à l'élection présidentielle ouvertement favorable à la réforme des rythmes scolaires.

Maternelle : instruction obligatoire dès 3 ans.

Lycée : réforme permettant d'allouer plus d'argent aux lycées qui en ont le plus besoin ; faire des lycées professionnels des voies d'excellence.

Réforme des rythmes scolaires : Favorable à la réforme.

Effectifs par classe : Du CP au CE2, 25 élèves par classe et 20 par classe en éducation prioritaire, dans les territoires ruraux et en Outre-Mer.

Professeurs : 40.000 enseignants en plus en 5 ans ; chaque enseignant aura 3, 5, 10 jours de formation par an ; revalorisation des conditions de travail dont la rémunération.

Valeurs : droit à la scolarisation dès l'âge de 2 ans dans les écoles en éducation prioritaire et en Outre-Mer ; service public du soutien scolaire ; réforme de la carte scolaire.

Autonomie : garantir le droit à l'innovation pédagogique.

Nathalie Arthaud : réduction du nombre d'élèves par classe

La candidate de Lutte ouvrière désire "consacrer l'argent public à l'éducation au lieu de le distribuer, à perte, au grand patronat".

Valeurs : baisser le nombre d'élèves par classe ; davantage de moyens pour l'école maternelle et élémentaire dans les quartiers populaires ; enseignement gratuit.

Professeurs : embaucher des centaines de milliers de personnes.

Autonomie : opposé à l'autonomie car entraîne des baisses des dotations, des effectifs de professeurs.

Philippe Poutou : création massive de postes, école gratuite

Le candidat du NPA à l'élection présidentielle souhaite supprimer la réforme des rythmes scolaires et celle du collège. Il souhaite également "détacher" l'école des "besoins du patronat".

Rythmes scolaires : abrogation avec à la place un accueil éducatif et ludique assuré par des fonctionnaires.

Effectifs par classe : 20.

Valeurs : école détachée des besoins du patronat ; participation progressive des élèves aux choix des apprentissages ; école gratuite.

Public/Privé : fin des subventions publiques aux écoles privées.

Professeurs : création massive de postes de fonctionnaires ; titularisation de tous les précaires.

Jacques Cheminade : Montessori, autonomie et réduction du nombre d'élèves par classe

Jacques Cheminade souhaite un renforcement des RASED et une baisse du nombre des élèves par classe. Il propose aussi un service public d'aide scolaire et la création d'une "école des parents" permettant l'alphabétisation et l'apprentissage du français.


Maternelle : en généraliser, en les adaptant, les travaux inspiré de la technique Montessori.

Primaire : priorité donnée au français, l'arithmétique, la musique ; hausse des moyens financiers.

Collège : chaque classe doit avoir sa propre salle ; 2 heures par semaine d'apprentissage manuel aux technologies.

Programmes : apprentissage chronologique de l'histoire et de la littérature ; 13,5 heures par semaine d'apprentissage du français en CP ; apprentissage du codage en 4e.

Effectifs par classe : objectif de 25 en situation normale, 25 à 20 en situation difficile.

Valeurs : service public d'aide scolaire ; renforcement des RASED ; création d'une école des parents ; jumelage entre écoles urbaines et rurales.

Autonomie : grande liberté d'initiative et d'innovation pour les chefs d'établissements.

Professeurs : hausse du salaire de 20% en 2 ans avec prime pour ceux travaillant dans les établissements prioritaires ; accompagnement pendant les deux premières années face à une classe ; trois ans d'enseignement avant affectation dans un établissement difficile.

Jean Lassalle : 70.000 enseignants en sciences et séjour à la ferme

Jean Lassalle propose de scolariser tous les enfants en situation de handicap dès lors que leurs parents le demandent. Il propose aussi d'abroger la réforme des rythmes scolaires et de rétablir les classes bi-langues.

Primaire : chaque élève doit savoir lire, écrire, compter, se servir d'internet avant l'entrée au collège.

Collège : enseigner comment chercher et filtrer l'information.

Programme : Retrouver les horaires scolaires de français et de mathématiques ; rétablir les classes bi-langues.

Rythmes scolaires : Abrogation de la réforme.

Valeurs : favoriser les séjours à la ferme, les classes découvertes ; suivi personnalisé des élèves au long de leur scolarité ; enseigner les arts sur le temps périscolaire ; deux langues vivantes étrangères dès la primaire ; former le caractère en enseignant les arts martiaux à l'école ; scolariser tous les enfants en situation de handicap quand les parents le demandent.

Professeurs : Recrutement de 70.000 enseignants en sciences ; les enseignants les plus expérimentés dans les établissements en difficulté.

Jean-Luc Mélenchon : 60.000 enseignants en plus, gratuité "réelle", pas de financement pour le secteur privé

Le candidat de la France insoumise désire baisser le nombre d'élèves par classe en primaire et prône une gratuité réelle de l'éducation publique. Il souhaite aussi abroger les réformes du collège et des rythmes scolaires.


Maternelle : scolarité obligatoire à 3 ans (jusqu'à 18 ans).

Collège : abrogation de la réforme du collège ; réouverture des options bi-langues, européennes, et des options langues anciennes.

Rythmes scolaires : abrogation de la réforme.

Programmes : garantir le cadre national des programmes et des diplômes.

Effectifs par classe : 20 élèves au maximum par classe de la maternelle au collège et en lycée professionnel et technologique, 25 en lycée général.

Réforme du bac : rétablir le bac professionnel en quatre ans.

Valeurs : droit à la scolarisation dès 2 ans ; gratuité réelle de l'éducation publique (cantines, transports, périscolaire, manuels) ; plan d'urgence pour la rénovation des établissements ; soutien scolaire gratuit.

Social : nouvelle carte scolaire pour plus de mixité sociale ; reconstituer les RASED pour atteindre 15.000 postes.

Public/Privé : réserver l'argent public au financement de l'école publique.

Professeurs : deux enseignants par classe en maternelle et primaire ; 60.000 enseignants en plus en 5 ans ; revalorisation du salaire des enseignants de 7% ; plan de pré-recrutement dès l'année de terminale et en licence.

Santé : visite médicale obligatoire dès la grande section de maternelle.

François Asselineau : priorité aux savoirs "français", moins d'anglais, plus de mixité sociale

Le président de l'UPR souhaite valoriser "l'effort et la persévérance". Il souhaite également enseigner en priorité, à l'école élémentaire, l'histoire et la géographie "françaises" tout en limitant l'apprentissage de l'anglais.


Primaire : l'école élémentaire doit enseigner en priorité l'écriture, le français, le calcul, l'histoire et la géographie "françaises".

Lycée : créer un CAPES d'informatique en vue de d'un enseignement au lycée.

Programmes : le conseil des programmes doit être "libéré de l'influence du monde économique".

Valeurs : ne pas privilégier systématiquement l'apprentissage de l'anglais ; répartir les logements sociaux de façon équilibrée pour plus de mixité ; valoriser les prix et les bourses ; faciliter la découverte de la voie professionnelle.

Professeurs : hausse substantielle de la rémunération en début de carrière ; des enseignants chevronnés dans les zones d'éducation prioritaire.

Economie : rénover les établissements vétustes ; "prohiber la promotion du consumérisme au sein des établissements".

François Fillon : fondamentaux, autorité et autonomie

L'ancien Premier ministre veut recentrer l'éducation sur les "fondamentaux". Il propose ainsi de réformer le baccalauréat, qui ne comptera plus que quatre épreuves. Le candidat de la droite souhaite aussi réécrire les programmes d'histoire, abroger la réforme du collège et imposer le port de l'uniforme.


Maternelle : école obligatoire dès 5 ans ; priorité à l’acquisition du vocabulaire.

Primaire : concentrer l'enseignement élémentaire sur le socle de connaissance.

Collège : abroger la réforme du collège ; autoriser la création de classes bilangues et de sections européennes dans toutes les académies ; rétablir l'enseignement du latin et du grec.

Rythmes scolaires : laisser les collectivités territoriales décider de revenir ou non dessus.

Programmes : réécrire les programmes d'histoire et de français du collège sous l'autorité d'académiciens ; suppression du conseil supérieur des programmes.

Baccalauréat : Examen avec 4 épreuves, 1 de français et 3 choisies parmi les dominantes de la série, le reste en contrôle continu.

Apprentissage : le développer dès 15 ans.

Valeurs : uniforme à l'école et au collège ; instaurer une évaluation du comportement de l'élève.

Autonomie : les établissements, évalués régulièrement, peuvent choisir leur dispositif d'accompagnement des élèves ; dans le secondaire, le proviseur peut recruter lui-même les professeurs.

Professeurs : "maîtrise" des effectifs ; revalorisation de la rémunération avec une part au mérite ; hausse du temps de présence dans le secondaire.

Public/Privé : protéger la liberté des parents.