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Présidentielle 2017

Les candidats imaginent leurs premiers mois à l'Élysée

Quelles seront leurs mesures prioritaires ? A quel chef d'Etat étranger rendront-ils visite en premier ? LCP.fr détaille les premiers mois des candidats à l'élection présidentielle s'ils étaient élus.
8 min
AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

Nicolas Dupont-Aignan : baisse massive d'impôts

Le 16 mars, le président de Debout la France présentait sur LCP sa première mesure s’il arrivait au pouvoir : “Une baisse massive des impôts de 60 milliards d’euros, c’est-à-dire rendre aux Français ce que Hollande leur a confisqué.”

Quitte à creuser “temporairement” le déficit public, Nicolas Dupont-Aignan veut créer “un appétit de relance” surtout dans les zones rurales et les villes moyennes. Un vrai “pari” économique, reconnaît-il, qui doit permettre de créer 2 millions d’emplois et de relocaliser des activités sur le territoire.

Par ailleurs, lors du débat à 11 sur BFMTV et CNEWS, le 4 avril, Nicolas Dupont-Aignan a assuré qu'il supprimera la directive "travailleurs détachés" dès son arrivée au pouvoir.

Marine Le Pen : négociations à Bruxelles et 10 mesures d'urgence

Une fois élue, Marine Le Pen promet de se rendre à Bruxelles afin de négocier une modification du cadre européen. Les discussions porteraient notamment sur le rétablissement de frontières nationales, la remise en cause de l'espace Schengen et le retour à une "monnaie nationale". A l’issue des négociations qui doivent durer six mois, la présidente du FN promet un référendum sur la sortie ou le maintien de la France au sein de l’Union européenne.

Marine Le Pen promet également 10 mesures d'urgence : la suspension des accords de Schengen, l'expulsion de tous les fichés S étrangers et la déchéance de nationalité pour les binationaux convaincus de liens avec le djihadisme, l'abrogation des lois pénales Dati et Taubira, l'organisation d'un référendum sur les institutions, la baisse de 10% des trois premières tranches de l'impôt sur le revenu, le rétablissement de la retraite à 60 ans, la suppression de l'AME, le rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires, la réorientation du CICE vers les TPE et PME, l'abrogation de la loi travail.

Emmanuel Macron : visite à Berlin et réforme du marché du travail par ordonnances

S'il est élu, Emmanuel Macron effectuera sa première visite officielle à Berlin, où il rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel afin de relancer l’Union européenne.
L'ancien ministre de l'Economie affirme que la première loi de son quinquennat concernera la moralisation de la vie publique : le texte interdira notamment aux parlementaires de salarier des membres de leur famille. Dès son élection, il commandera un audit des finances publiques.

"Fin mai ou début juin", le gouvernement formé par Emmanuel Macron agira par ordonnances pour instaurer un "droit à l'erreur" pour les individus et les entreprises en cas de contrôle de l'administration. C'est également par voie d'ordonnances qu'Emmanuel Macron entend réformer dès l'été le droit du travail afin de donner “beaucoup plus de place à l’accord d’entreprise et à l’accord de branche”.
Enfin, le candidat d'En marche! lancera "dès l'été" des états généraux de l'alimentation, une conférence des territoires, des assises de l'outre-mer mais aussi une cellule de coordination du renseignement.

>> Les chantiers prioritaires d'Emmanuel Macron

Benoît Hamon : VIe République et revenu universel

Benoît Hamon veut “une conférence pour une VIe République réunissant dès l’été les parlementaires, sages et citoyens” qui seront chargés de rénover les institutions. S'il est élu, le candidat socialiste fera siéger le Parlement tout l'été : les députés et sénateurs voteront un projet de loi sur la transparence de la vie publique ainsi qu'un texte sur l'écologie (interdiction des perturbateurs endocriniens, début de la sortie du diesel).

Benoît Hamon souhaite également revaloriser le RSA, augmenter le SMIC de 5%, les minimas sociaux de 10% et le point d'indice des fonctionnaires. Le député des Yvelines veut par ailleurs convoquer des états généraux pour préparer une nouvelle loi travail. Il nommera également un haut commissaire auprès du Premier ministre en charge du revenu universel.

Son premier déplacement sera à Athènes tandis que son premier Eurogroupe sera l'occasion pour lui de proposer aux autres pays européens son traité de démocratisation de la zone euro. Enfin, Benoît Hamon organisera "le plus tôt possible" trois référendums sur le vote des étrangers aux élections locales, le vote blanc et le 49.3 citoyen.

Nathalie Arthaud : la lutte des classes avant tout

Devant l'Association des maires de France, la candidate de Lutte ouvrière a fait cette confidence : “Vous le savez, je le sais, je ne serai pas élue”. Nathalie Arthaud n'affiche donc pas de priorité particulière, si ce n'est mener une politique très sociale et anticapitaliste : "Augmenter les salaires et les pensions ; interdire les licenciements et les suppressions d’emplois ; répartir le travail entre tous sans baisse de salaire ; contrôler les comptes des entreprises, des bourgeois et des politiciens à leur service", énumère-t-elle dans sa profession de foi.

Elle conditionne toutefois l'application d'un tel programme à la mobilisation des travailleurs et à la "lutte de classe" ("grèves", "manifestations massives"), pour mieux l'imposer "au patronat et à l'État".

>> Nathalie Arthaud : "Il faut réduire le chômage jusqu'à ce qu'il y ait zéro chômeur"

Philippe Poutou : la mobilisation sociale plutôt que l'élection

Le candidat du NPA a une position très critique vis-à-vis du scrutin présidentiel : "Ce n'est pas grâce aux élections que le cours de l'histoire a changé", écrit celui qui veut avant tout "dénoncer le système capitaliste". Par conséquent, Philippe Poutou, qui ne veut pas être président de la République, ne propose pas de plan d'action dans l'hypothèse où il serait élu.

Semaine de 32 heures, SMIC à 1.700 euros, interdiction des licenciements... Il espère faire appliquer ses mesures phares par la mobilisation des classes populaires, grâce aux "révolutions", aux "grèves générales" et aux "grands mouvements sociaux".

Jacques Cheminade : 15 thèmes prioritaires

Considérant que ce sont “les premiers cent jours qui sont décisifs après une élection présidentielle”, Jacques Cheminade propose pas moins de quinze grands thèmes à traiter en priorité. Même s’il reconnaît que “tous ces projets ne pourront être lancés en même temps”, le président Cheminade prononcera dès sa prise de fonction “un discours à la Nation”. Objectif ? “Recréer dans notre pays un esprit collectif portant l’espérance que ‘ce sera mieux après.’”



Jean Lassalle : abrogation de la loi NOTRe

Jean Lassalle désire abroger “tout de suite” la loi NOTRe, qui a notamment instauré un redécoupage des régions françaises. Le candidat du parti Résistons!, défenseur de la ruralité, espère ainsi redonner “un sens et une crédibilité” à “la commune” et aux “institutions de la République”.




Jean-Luc Mélenchon : VIe République et renégociation des traités européens

Le candidat de la France insoumise veut instaurer une Vie République. S’il est élu, il organisera donc un référendum afin de créer une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum. Une fois cette ultime étape réalisée, Jean-Luc Mélenchon affirme qu’il démissionnera de son poste.

En attendant, le candidat promet d’instaurer une “planification écologique” mais aussi d’inscrire dans la Constitution la règle verte selon laquelle on ne prélève pas sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer. Jean-Luc Mélenchon prévoit également une sortie de l’OTAN et une sortie progressive du nucléaire.
Il souhaite enfin démarrer les négociations pour une “refondation démocratique, sociale et écologique” de l’Union européenne. Si les négociations aboutissent, leur résultat sera soumis à référendum. Si ce n’est pas le cas, alors la France quittera l’Union européenne.

François Asselineau : sortie rapide de l'Europe et retrait de l'OTAN

Le candidat de l’Union Populaire Républicain affiche deux grandes priorités dans son programme de “libération nationale” : celui qui se veut être le “garant” de l’indépendance du pays prône la sortie rapide de l’Europe en activant l’article 50 du traité de l’Union européenne. Un “frexit” qui signerait aussi une sortie de l’euro et un retour à une monnaie nationale.
Dans un même mouvement, François Asselineau souhaite engager la sortie de l’OTAN et que la France n’appartienne à “aucun bloc militaire”. Élu président, il rappellerait “immédiatement” les troupes présentes dans des guerres “illégales”.

François Fillon : Baisse des charges, référendums et ordonnances

Lors de la primaire, François Fillon a promis que “l’adoption des principales réformes” se ferait dans “les 100 jours qui suivent l’élection présidentielle”. Le candidat du parti Les Républicains a également affirmé sa volonté de recourir aux ordonnances si nécessaire.

François Fillon promet également une “baisse des charges et des prélèvements pesant sur les entreprises et les ménages” et proposait de réaliser cinq référendums, notamment sur l’inscription de l’équilibre budgétaire dans la Constitution, sur l’organisation des territoires ou sur l’instauration de quotas d’immigration.