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Les Republicains

Présidence des Républicains : l’hypothèse Jacob séduit les députés

Christian Jacob, futur patron des Républicains ? L’hypothèse est sérieusement envisagée. Plusieurs députés LR, notamment chez les jeunes, poussent le président du groupe à l’Assemblée nationale à se lancer dans la course. Par Stéphanie Depierre et Brigitte Boucher.
3 min

« Pour François Baroin, c’est trop tôt, il n’ira pas…Gérard Larcher, bof, Bruno Retailleau est trop clivant sur les questions de société, qui reste-il ? Christian Jacob ! » résume un député Les Républicains.

Depuis mercredi, de nombreux parlementaires défilent dans le bureau du président du groupe LR à l’Assemblée, Christian Jacob, pour lui suggérer d’être candidat à la présidence des Républicains. Et son téléphone chauffe.

Il a l’« avantage de savoir rassembler et de ne pas être candidat à la présidentielle » explique Raphael Schellenberger, député LR du Haut-Rhin. « Christian Jacob fait partie des figures qui rassemblent beaucoup de monde » souligne un autre élu de droite au Palais Bourbon.


L'atout d'un candidat non présidentiable

C’est une « très bonne idée » explique un membre de la jeune garde LR à l’Assemblée, car « Christian Jacob parle à tous les chapeaux à plumes (François Baroin, Valérie Pécresse ou encore Bruno Retailleau), il est en fin de parcours politique donc pas présidentiable ce qui arrange tout le monde. Enfin, il sait gérer un groupe d’emmerdeurs à l’Assemblée nationale, il saura gérer le parti.»

Pour Pierre-Henri Dumont, député du Pas-de-Calais, l’hypothèse est « séduisante » : « Si Christian Jacob est candidat, il aura un très fort soutien, il est consensuel et sera utile pour relever la droite. »

Mais, nuance ce signataire de l'appel des onze députés pour un comité de renouvellement en évoquant l’hypothèse Jacob : « ça dépend aussi des équipes qu’il aura autour de lui, avec qui il dirige, il y a deux nécessités : rassurer les militants et renouveler. »


L'hypothèse d'un ticket pour davantage de renouvellement

Là est le véritable point faible de Christian Jacob, élu au Palais Bourbon depuis 1995, ancien ministre de Jacques Chirac. « Ce n’est pas l’homme du projet et de l’innovation » glisse un député, « nous sommes dans une période de transition, il faut éviter l’explosion, mais attention à ne pas entrer dans une période de glaciation». « Il n’incarne pas le renouveau et il le sait » souligne un jeune parlementaire qui suggère…un duo entre le ténor Jacob et un élu de la nouvelle génération ! Et d’imaginer déjà, soit un ticket pour la tête du parti, soit un accord selon lequel Christian Jacob serait à la présidence des LR et confierait la tête du conseil national des LR à un élu incarnant le renouvellement, « c’est un poste stratégique, ce serait un changement radical. »

Christian Jacob a-t-il vraiment l’intention d’être candidat ? Une députée influente qui l’a vu jeudi raconte « Je lui en ai parlé, il n’a pas dit non, il faut qu’il réfléchisse » et poursuit, « nous souhaitons tous que le prochain président ne soit pas présidentiable, nous en parlerons au bureau politique du parti, la semaine prochaine. »

Si ce bureau politique valide le calendrier préconisé par la Haute-autorité du parti, l’élection à la présidence des Républicains aura lieu mi-octobre.

A ce stade, l’idée d’une candidature de Christian Jacob ne fait pas l’unanimité. D’autres personnalités des Républicains, dont certains députés, réfléchissent à une candidature.

Dans les colonnes de L’Opinion, Eric Woerth, le président de la commission des finances à l’Assemblée reconnaît qu’il s’interroge. Tout en soulignant : « une candidature de Christian et la mienne en même temps n’auraient pas de sens. »

Guillaume Larrivé, lui, envisage de faire un ticket avec Christian Jacob pour peser sur les idées et le projet ou, à défaut, d’être candidat. Et d’autres noms de députés circulent : Guillaume Peltier (Loir-et-Cher), Daniel Fasquelle (Nord-Pas-de-Calais), Julien Aubert (Vaucluse).

Si Christian Jacob décide d’être candidat, il faudra aussi trouver un nouveau patron pour le groupe à l’Assemblée, au risque de déséquilibrer, comme le confie un député, "la seule chose qui, aujourd’hui, fonctionne bien aux Républicains".