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élection présidentielle de 2017

Pour Fillon, le sursaut passe (peut-être) par le Trocadero

Dénonçant "un assassinat politique", François Fillon, qui sera convoqué le 15 mars par les magistrats en vue d'une mise en examen, a décidé de maintenir sa candidature à la présidentielle. Sa garde rapprochée organise la riposte et appelle à un rassemblement populaire à Paris, dimanche. Tout en refusant de parler d'une initiative anti-juges.
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François Fillon, le 20 novembre 2016 à Paris (Photo AFP)François Fillon, le 20 novembre 2016 à Paris (Photo AFP)

"À 50 jours de l’élection présidentielle, on ne peut pas foutre le bouzin comme ça !" Ce député LR, membre de l’équipe de campagne de François Fillon, peste contre la convocation judiciaire reçue par son candidat en vue de sa mise en examen. "C’est l’avenir de la France qui en dépend !", lance-t-il, un rien grandiloquent.

Dans le viseur du camp Fillon, les juges, accusés de parasiter l’élection présidentielle. "Je suis respectueux de nos institutions, je ne désespère pas de la justice, même si ce que nous venons d’en voir n’est pas de nature à nous rassurer…", a lancé François Fillon mercredi lors de sa déclaration à la presse. "C'est au peuple français que je m'en remets, parce que seul le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la république française."

Message reçu cinq sur cinq : quelques heures plus tard, Valeurs actuelles révélait que Patrick Stefanini, le directeur de campagne du candidat de la droite et du centre, avait "déposé à la préfecture de police de Paris, une demande pour l’organisation, dimanche au Trocadéro, d’une marche contre le coup d’Etat des juges."

"Je ne sais pas où Fillon va, mais c'est très grave..."

Sollicité par LCP.fr, Patrick Stefanini, le directeur de campagne de François Fillon confirme l’information, mais dément toute initiative anti-juges : "Nous organisons un grand rassemblement de soutien à notre candidat, dimanche à 15 heures, Place du Trocadero", explique-t-il, insistant sur le fait que "Valeurs actuelles n’est pas le porte-parole de François Fillon…"

Jouer le peuple contre les juges, une stratégie gagnante ? "S’il y a beaucoup de personnes à ce rassemblement, ce serait la démonstration d’un soutien populaire pour François Fillon", assure Philippe Houillon, qui co-anime le pôle Justice du candidat. Le député - qui n’était pas informé de la manifestation de dimanche -, veut croire que le mot d’ordre n’est pas d’attaquer qui que ce soit : "Il ne s’agit pas d’une manifestation contre les juges, mais un soutien à François Fillon", corrige-t-il.

Le député LR Georges Fenech, qui a appelé à plusieurs reprises François Fillon à retirer sa candidature, refuse de commenter la tenue de ce rassemblement. "Je ne pense strictement rien de cette initiative. Je regarde, j’observe. J’ai tout tenté pour essayer de faire bouger les choses…", lâche celui qui fut, jadis, juge d’instruction.

En apprenant la nouvelle, un ancien ministre de droite semble presque groggy : "Cette idée de rassemblement est inouïe ! Je ne sais pas où Fillon va, je ne sais pas qui le conseille mais c’est très grave…".