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Hollande, novice en diplomatie mais résolu à affirmer ses différences

Le 12 février 2012 à 11h00

François Hollande lors d'un meeting de campagne à Créteil le 11 février 2012

François Hollande lors d'un meeting de campagne à Créteil le 11 février 2012


François Hollande est un novice en diplomatie mais il entend affirmer ses différences à l’égard de la politique de Nicolas Sarkozy, comme il l’a fait pour l’Afghanistan et le nouveau traité européen.

Ses positions tranchées l’ont mis toutefois sur une trajectoire à l’issue incertaine eu égard à leurs effets possibles sur les relations de la France avec ses alliés.

S’il est élu, ses premiers déplacements à l’étranger permettront de marquer ces évolutions, dans la permanence des alliances avec l’Allemagne et les autres alliés occidentaux.

François Hollande a annoncé réserver sa première visite présidentielle à Berlin, vraisemblablement le 19 mai avant de se rendre au G8 à Chicago (Etats-Unis) et à un sommet de l’Otan (20-21 mai).

En Allemagne, il veut convaincre Angela Merkel de renégocier le traité européen sur la discipline budgétaire pour y inclure des mesures pour la croissance et l’emploi, mise en cause peu appréciée de la chancelière.

A Chicago, il ira expliquer son engagement d’un retrait des troupes combattantes françaises d’Afghanistan avant la fin 2012, M. Sarkozy ne le prévoyant qu’un an plus tard.

"Pour François Hollande, la relation franco-allemande est première, essentielle et décisive. C’est pourquoi son premier déplacement sera pour rencontrer Angela Merkel à Berlin et envisager avec elle la réorientation de la construction européenne", explique à l’AFP Pierre Moscovici, son directeur de campagne.

"Mais il faut aussi nouer des relations fortes avec d’autres partenaires. Ainsi est-il possible d’entretenir des rapports confiants avec l’Italie, dans une Europe qui ne soit pas réduite à l’alliance des conservateurs", selon lui.

M. Hollande s’est déjà rendu en Allemagne, au congrès du Parti social-démocrate. D’ici la présidentielle, il a fait part, selon son entourage, de sa disponibilité - "sans être demandeur" - pour une rencontre avec la chancelière allemande qui n’a pour l’instant pas répondu et s’est de plus résolument engagée à soutenir la candidature de M. Sarkozy.

Sur la thématique diplomatie, outre trois interventions dans l’Hexagone, entre le 10 et le 20 mars, le candidat n’a prévu que "peu de voyages", jugeant que la campagne "se joue essentiellement en France". "Il se rendra toutefois au Danemark (président en exercice de l’UE), en Grande-Bretagne, Pologne, au Maroc après avoir été à Bruxelles, en Allemagne, Italie et Espagne", selon M. Moscovici.

Londres est programmé fin février, avec un entretien avec le Premier ministre, David Cameron, Copenhague début mars, avant Varsovie et Rabat fin mars et début avril.

Le candidat souhaite relancer la défense européenne et rompre avec une politique de "bouc émissaire" imputée par Nicolas Sarkozy à l’égard de la Turquie, au "rôle stratégique" et dont la candidature d’adhésion "doit être traitée dans l’équité, sans ignorer toutefois qu’il s’agit d’une question à 10 ans, sensible pour l’opinion publique", précise Pierre Moscovici.

"L’Iran est une question très compliquée" mais "il faut tenter d’aller aussi loin que possible dans le cocktail sanctions-dialogue pour faire bouger les choses", poursuit-il.

Si peu de différences devraient distinguer François Hollande de Nicolas Sarkozy dans les relations avec les Etats-Unis, le Proche-Orient ou les régimes islamistes issus du "printemps arabe", le socialiste entend marquer sa différence sur l’Afrique et les émergents, avec lesquels "il y a des bases à reconstruire".

Sur le continent africain, estime M. Moscovici, il faut "sortir de notre pré-carré et en finir avec la Françafrique", vocable désignant la relation trouble mêlant diplomatie et affaires entre Paris et ses ex-colonies.

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