Le 11 février 2012 à 08h04 , mis à jour le 11 février 2012 à 23h11
La candidate écologiste Eva Joly (c), Cécile Duflot (g) et Noël Mamère (d) lors d'un meeting le 11 février 2012 à Roubaix
Pour son premier grand meeting, l’eurodéputée a commencé son discours en ch’ti à la salle Watremez, faisant rire les 1.400 personnes présentes, sous des drapeaux verts, tricolores et européens.
S’en prenant longuement à Nicolas Sarkozy, l’ex-juge a fustigé son idée de référendum "faite pour humilier" les chômeurs, lui qui "a fait des cadeaux à ses copains, aux riches" pendant son quinquennat. Le chef de l’Etat "est mal placé pour nous parler des valeurs", a-t-elle souligné.
Attendue pour un discours plus personnel, la Franco-Norvégienne a finalement simplement parlé de "la France généreuse" qu’elle "aime", celle qui l’a "accueillie jeune fille au pair". "Cette France n’a rien à voir avec la France de Nicolas Sarkozy !".
Mais au long de ces trois-quart d’heure (la majorité sur son projet), la ferveur n’était pas perceptible dans la salle.
Bien applaudie à la fin, elle a tenté de motiver les troupes : "il ne suffit pas de chasser Nicolas Sarkozy de l’Elysée, il faut donner du sens à ce changement". "Le 22 avril, votez avec votre coeur, votez juste !"
Au cours de la journée, les personnalités d’EELV s’étaient relayées à la tribune pour afficher leur soutien à "Eva", de Cécile Duflot à Dominique Voynet ou Noël Mamère.
Cette séquence a en tout cas permis à la candidate de présenter son programme, "un projet de réconciliation" après un "quinquennat de division". Objectif : réconcilier "la France avec l’Europe", "les Français entre eux" et "avec l’avenir" par la transition écologique.
Lors d’un point-presse en matinée, Mme Joly, voulant montrer la crédibilité de son projet en temps de crise, a martelé que sur le chômage, le pouvoir d’achat et la santé, "l’écologie, c’est la solution".
Parmi ses principales mesures : création d’un million d’emplois par la conversion écologique, sortie du nucléaire en 20 ans, dénucléarisation militaire, taxe carbone avec "chèque vert" pour les moins favorisés, nouvelles tranches d’imposition (70% au-delà de 500.000 euros annuels), retraite à 60 ans sans décote, augmentation de 50% des minima sociaux, ou encore "traque" de la délinquance financière.
"Les idées fraîches, nouvelles, jeunes en politique c’est moi qui les porte", a-t-elle lancé, reconnaissant une "difficile campagne".
Alors que les sondages la plombent, son directeur de campagne Stéphane Sitbon-Gomez veut croire que "rien n’est joué", voulant "démonter la mécanique du vote utile".
Mais jusqu’ici, François Hollande "prend 42% des électeurs d’EELV des dernières régionales", selon Frédéric Dabi (Ifop). Le sondeur souligne aussi qu’"au-delà de la personnalité atypique d’Eva Joly, les préoccupations environnementales sont en vrai retrait dans l’opinion publique" vu la crise.
De plus à EELV, ils semblent peu nombreux à croire encore en sa capacité à redresser la barre et à être audible, certains évoquant toujours en sourdine un retrait.
Absent à Roubaix, Daniel Cohn-Bendit, apparu dans une vidéo pas très enthousiaste au cours du meeting, a déjà parlé la semaine dernière de "faire les comptes" fin mars-début avril. Et M. Cohn-Bendit a remis une couche samedi dans Libération : "si tu te retires, ça crée un vide. Si tu continues, tu es dans le vide. Qu’ils choisissent le meilleur vide !"
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Les commentaires sur cet article :
pepe le 11 février
mme joly dit des bonnes choses , mais au fond a t-elle l’énergie réel pour géré un pays et non un parti , c’est différent !!
marronneur le 11 février
Mme joly, les français ne votent pas avec le coeur mais avec la tête. Ils ne veulent pas voter pour des pickpockets avec un programme démogogique et d’illuminés. Cela suffit nous avons déjà un.