Le 9 février 2012 à 19h05
Des Roms évacués dans un fourgon de police à Lille, le 20 août 2010
Dans un entretien aux allures de programme accordé au Figaro Magazine, le président de la République évoque à de multiples reprises le thème de l’immigration, à l’heure où Marine Le Pen reste une menace pour Nicolas Sarkozy dans l’accession au second tour de l’élection.
Le chef de l’Etat déclare notamment vouloir durcir les conditions d’obtention d’un titre de séjour après mariage avec un Français, en introduisant des critères de "logement" et de "ressources" comme pour le regroupement familial.
"Ainsi, nous combattrons plus efficacement les fraudes", souligne-t-il.
Plus de 36.000 visas ont été délivrés à des conjoints étrangers de Français en 2010, soit 61% de plus qu’en 2006, selon les chiffres de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).
Interrogé par l’AFP, Stéphane Maugendre, président du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), se dit "complètement abasourdi par cette proposition" sur les conjoints étrangers.
"En quoi la taille de l’appartement d’un conjoint ou sa richesse seraient des indicateurs de fraudes ? Autant dire que les Français pauvres ne pourront pas se marier à des étrangers", dénonce-t-il.
Dans cet entretien, Nicolas Sarkozy réaffirme en outre son opposition au droit de vote des immigrés aux élections locales, jugeant que "ce n’est vraiment pas le moment, avec tous les risques de montée du communautarisme".
"De la même façon, je dis très clairement que, contrairement à M. Hollande, je ne suis pas favorable à la régularisation des étrangers en situation irrégulière, qui créerait immédiatement un appel d’air", ajoute-t-il.
Selon l’association de soutien aux étrangers Cimade, environ 28.000 étrangers en situation illégale ont été régularisés en 2010 — un chiffre jamais révélé par les autorités.
M. Sarkozy suggère enfin de réformer le droit des étrangers, en estimant que la justice administrative "devrait être seule compétente en matière d’immigration", au détriment des tribunaux judiciaires.
Cette réforme, qu’il n’exclut pas de soumettre à référendum, viserait concrètement à confier aux juges administratifs la décision revenant aujourd’hui aux juges des liberté et de la détention de prolonger ou non la durée initiale de rétention (5 jours) des individus en voie d’expulsion.
Selon un rapport parlementaire, les remises en liberté d’un étranger en séjour irrégulier du fait d’une décision d’un juge judiciaire ont augmenté entre 2006 et 2009, passant de 19,6% à 27,2%.
Une proposition mal accueillie par les magistrats administratifs et par les associations.
"Ce n’est pas notre métier", s’insurge Axel Barlerin, de l’Union syndicale des magistrats administratifs (USMA), en rappelant que les tribunaux administratifs jugent la légalité des décisions de l’administration. Le juge judiciaire, lui, est garant des libertés individuelles, conformément à la Constitution (article 66) qui devrait donc être révisée.
"Cela créerait une juridiction d’exception", renchérit Serge Slama, maître de conférences en droit public à l’université d’Evry-Val d’Essonne. "On veut confier au juge administratif la privation de liberté. C’est le rôle du juge judiciaire, c’est une rupture avec l’Habeas corpus".
Le directeur général de France Terre d’Asile, Pierre Henry, est tout aussi sévère. "Evoquer un référendum pour réformer le droit des étrangers revient à cliver la société sur un thème passionnel. C’est absolument détestable", commente-t-il.
Commentez cet article :
Les commentaires sur cet article :
france que deviens tu ? le 9 février
PROPAGANDE….electorale….
lc975 le 9 février
Alphée vos amis du fn sont satisfaits:la digue n’est plus (DeGaulle doit se retourner dans sa tombe !!!!!)
OPELKA le 10 février
C’est le même discours, du déja entendu malheureusement, c’est toujours cette stigmation, qui continu, qui laisse entendre comme quoi les immigrés étaient la cause des tous les maux qui font couler la France, et pourtant tout le monde le sait que ce n’est pas vrai.
Ce qui est lamentable, c’est que, les politiques ne daignent pas pousser la reflexion un peu plus loin sur ce problème de l’immigration ; si la France aide ses anciennes colonies a avoir des vraies et solides démocraties et d’arrêter ce soutien à ces dictateurs qui ruinent au vu et au su de tout le monde ce continent noir, et il faut arrêter cette ignoble démagogie.
mtlbss le 10 février
L’appauvrissement culturel social économique, la dégradation de la France dans l’inconscient collectif mondial, voila ce qui nous attend… Notre pays n’est plus, Sarko le transforme jours après jours, encore 5 ans, et nous seront entouré d’un mur comme a Gaza, ou aux États-Unis, au 21eme siècle il est dramatique de voir des dirigeants prôner la haine de l’autre, afin d’assouvir leur soif de pouvoir….
lady971 le 10 février
Quel est le bilan s’agissant de l’immigration clandestine lors de son mandat ? Pourquoi les lois existantes qui devraient normalement résoudre certains problèmes liés à l’immigration CLANDESTINE en France ne sont-elles pas aplliquées,comme elles devraient l’être ? Pourquoi certains partis politiques refusent-ils de débattre librement dans la sénérité de l’immigration et plus spécialement clandestine en France au lieu de nier l’existence du problème qui est une réalité que les français qui ne seraient pas naïfs font le constat surtout par temps de crise,la période glorieuse de la France,c’est fini !
gersand le 10 février
trop tard ,en 5ans 1 millions d’émigrés et plus de 3 millions de chômeurs.il y a le temps des promesses celui des élections et celui du bilan.
lady971 le 13 février
Une fois le manège a fonctionné,pas sûr que ça marche la deuxième fois !
Samir le 14 février
Quelle honte… Un président, qui désormais n’a plus d’autre choix que de jouer la carte du F.N. Essayer d’attiser la haine, de diviser le peuple au lieu de le rassembler. Au lieu de constater un échec total de sa politique depuis 5 ans, monsieur Sarkozy et sa bande, tentent de rallier à eux des électeurs d’extrême droite. Je ne suis et ne serai jamais de droite, mais je suis indigné pour les électeurs de droite ump qui ne respirent pas cet air nauséabond de xénophobie que diffuse le chef de l’Etat et son ministre de l’intérieur depuis un peu plus de deux ans.