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L’usine Renault au Maroc relance la polémique sur le "produire en France"

Le 9 février 2012 à 13h57

Le président de Renault Carlos Ghosn, le 28 janvier 2012 à Davos en Suisse

Le président de Renault Carlos Ghosn, le 28 janvier 2012 à Davos en Suisse


L’inauguration par Renault de son usine géante au Maroc a réveillé jeudi la polémique sur les délocalisations et le "produire en France", débat au coeur de la campagne présidentielle.

Politiques ou syndicales, les critiques les plus virulentes, que le constructeur détenu à 15% par l’Etat français tente de désamorcer en assurant que le site de Tanger donnera aussi du travail à ses salariés dans l’Hexagone, sont venues de la droite et de l’extrême-droite.

Ancien ministre de l’Industrie, le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi a accusé Renault de "jouer contre la politique du gouvernement et contre l’industrie française", tout en jugeant "normal" qu’une entreprise en quête de nouveaux marchés "construise des usines dans des pays émergents".

"Il est dangereux et insoutenable pour notre pays que Renault, dont l’Etat est le premier actionnaire, réalise du dumping social au Maroc pour produire des voitures destinées à l’Europe et à la France", a-t-il dénoncé.

Parlant d’un "véritable scandale", Louis Aliot, numéro deux du Front National, a appelé à "taxer ces voitures qui vont revenir en France pour concurrencer les voitures produites en France".

Candidat à l’Elysée, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a fustigé en Carlos Ghosn, le PDG de Renault, un "déserteur de notre économie".

Plus mesuré, l’ancien président du Sénat Gérard Larcher a insisté sur la "responsabilité sociétale" de Renault de produire en France et travailler avec des sous-traitants français, déplorant que "beaucoup des véhicules qui sont vendus en France sont produits ailleurs que dans la zone euro".

Dominique de Villepin a regretté "une erreur stratégique" de Renault. "Cette course au low cost, nous ne la gagnerons pas", a-t-il estimé.

Renault voit en Tanger sa tête de pont vers l’Afrique et sa nouvelle base "low cost" aux portes de l’Europe. Il y produira 150 à 170.000 véhicules par an, dont 85% seront exportés, et emploiera à terme 6.000 salariés. Il chiffre jusqu’à 30.000 les emplois potentiels chez les sous-traitants et fournisseurs.

Les critiques sont d’autant plus vives que la production de Renault n’a cessé de reculer en France. En 2011, le constructeur a fabriqué moins d’un demi-million d’automobiles (445.000) et 201.000 camionnettes dans l’Hexagone, contre 1,1 million de voitures et 227.000 utilitaires légers en 2004.

"Ce n’est pas quelque chose qui se fait au détriment de la France", s’est défendu Carlos Ghosn sur RTL jeudi, faisant valoir que l’usine de Tanger "vient au contraire ajouter à la charge de travail en France".

Selon son numéro deux, Carlos Tavares, chaque voiture fabriquée au Maroc "rapportera 800 euros à la France parce qu’il y a 400 euros de pièces livrées depuis la France et 400 euros d’ingénierie" dans l’Hexagone.

Pour M. Ghosn, l’installation de l’usine en France ou en Europe était "incompatible avec le concept" même d’une production à bas coûts : "il fallait aller dans des pays dans lesquels il y avait d’un côté une main d’oeuvre abondante, qualifiée, et aussi des coûts extrêmement compétitifs".

"En même temps, nous localisons en France des produits à plus haute valeur ajoutée comme les voitures électriques, les batteries", a-t-il souligné, réitérant son engagement à augmenter la production de Renault en France.

Pas convaincus, les syndicats soulignent que le constructeur se garde de préciser où iront les véhicules fabriqués au Maroc. Ils craignent qu’ils ne fassent concurrence à deux modèles fabriqués dans l’Hexagone, le monospace Scénic et l’utilitaire Kangoo.

Le numéro un de la CFDT, François Chérèque, a réclamé "un débat au comité de groupe sur les conséquences de cette ouverture au Maroc sur les gammes assemblées en France, les achats, l’investissement, la recherche, le développement, l’emploi dans les entreprises européennes".

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Les commentaires sur cet article :

lady971 le 9 février

250 euro le salaire d’un employé de l’usine Renault au Maroc !

marronneur le 9 février

Sans protectionnisme, la France est condamné a être la dernière puissance en Europe après la Grèce. Carlos Ghosn n’est pas français et n’a pas la fibre nationnale française. Notre industrie ne sera jamais compétitive avec les pays ou la main d’oeuvre n’est même pas de 100 € par mois.

domino54 le 10 février

Je ne vois rien de scandaleux à ce qu’une entreprise française fabrique une part de sa production hors de France pour des produits low cost et à priori destiné pour une part faible au marché français. Ceci étant dit : Je trouve inadmissible qu’une société française aidée encore très récemment par le gouvernement français (donc nous les français ) ne construise en France que 18 à 24 % de sa production alors que ses ventes en France représente plus de 25% de cette production Nos producteurs français se doivent d’être exportateur pour notre économie et non importateur !!! Il y a là quelque chose à faire et de façon urgente. M.Ghosn devrait savoir ce qu’est le patriotisme industriel et au moins fabriquer en France de part son histoire plus que ne produit son concurrent national qui lui est à 34/35 % ce qui n’est déjà pas très glorieux ! Nos "Candidats" aux présidentielles devraient se saisir de ce problème qui est un vrai problème pour notre économie, le chômage récurrent dans notre pays. Pas de protectionnisme mais pas de honteuse naïveté !

gersand le 10 février

c’est extraordinaire pour une fois qu’il peut y avoir un consensus eh bien non.A Flins dans les années 60 on a fait venir des émigrés pour l’usine renault .Aujourd’hui on leur fait un usine pour les aider chez eux et les aider a se developper ou est le problême.est ce que l’on prefere les coreens ou les chinois pour leur faire des usines qui produiront exclusivement pour l’europe .

hervé le 12 février

Gosn fait partie de ces sans frontiéristes qui sabotent la France. La France aux vrais Français !

Juliette le 12 février

Renault une marque française fabriquée à l’étranger . Et les bénéfices en Suisse ou en Israël dans les pardis fiscaux. Tout ce que la France a produit et qui a réussi, est bradée par "des étrangers" comme Gosn qui n’ont de Français que le porte monnaie. Sarkozy brade la France , Sarkozy brade notre technologie. Sarkozy veut affaiblir notre pays et veut notre perte.

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