Le 1er février 2012 à 12h34 , mis à jour le 1er février 2012 à 18h05
L'ancien ministre UMP du Travail Eric Woerth à l'Assemblée nationale le 29 novembre 2011
L’ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, l’accuse en effet d’avoir été le destinataire d’une somme de 50.000 euros en liquide qu’elle avait remise en janvier 2007, via Liliane Bettencourt, à l’ancien homme de confiance de cette dernière, Patrice de Maistre. Celui-ci lui aurait dit qu’il comptait remettre l’enveloppe le lendemain à Eric Woerth, pour aider au financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.
Outre le financement de parti illicite, M. Woerth pourrait être mis en examen pour abus de faiblesse, les sommes incriminées ayant été versées après septembre 2006, date à laquelle les experts médicaux font remonter le début de la maladie cérébrale dont souffre l’héritière de l’Oréal, âgée de 89 ans, et en raison de laquelle elle a été mise sous tutelle en octobre dernier.
Ni M. Woerth, 56 ans, ni son avocat Me Jean-Yves Le Borgne, n’ont souhaité mercredi confirmer ces informations. S’exprimant il y a quelques mois, l’avocat avait indiqué "ne voir que des avantages à ce que l’enquête avance pour qu’on en finisse avec les soupçons injustifiés pesant sur Eric Woerth".
"Courtoises et sympathiques"
Entendu par la police au ministère du Travail le 29 juillet 2010, M. Woerth avait assuré : "M. de Maistre ne m’a jamais donné aucune somme en liquide, aucune enveloppe".
Il avait qualifié de "courtoises et sympathiques" ses relations avec ce dernier, tout en assurant que "ce n’est pas un ami au sens personnel".
Les juges pourront néanmoins s’interroger sur les relations entre les deux hommes, alors que l’épouse de M. Woerth, à l’époque ministre du Budget, a travaillé de 2007 à 2010 chez Clymène, société gérant la fortune de Mme Bettencourt, et dirigée par M. de Maistre, et que M. Woerth est intervenu pour faire obtenir la Légion d’Honneur à M. de Maistre en 2008.
comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007
La révélation d’une convocation de l’ex-trésorier de l’UMP n’a pas engendré de réaction des milieux politiques, à deux mois et demi de l’élection présidentielle. La juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez avait pourtant lâché une bombe dans le livre "Sarko m’a tuer", en affirmant connaître deux témoins ayant vu le président de la République Nicolas Sarkozy percevoir directement des fonds chez les Bettencourt. Le premier témoin n’a cependant pas confirmé, et Mme Prévost-Desprez n’a pas encore révélé le nom de l’autre.
Le mois dernier, par ailleurs, le journal Sud Ouest a indiqué que les trois juges d’instruction bordelais ont demandé la communication des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
Après un an d’investigations discrètes, depuis décembre 2010, les juges sont passés à la vitesse supérieure, avec trois mises en examen coup sur coup, notamment pour abus de faiblesse, les 14 et 15 décembre derniers : c’est le cas de François-Marie Banier, le photographe ami de Mme Bettencourt qui en a reçu une fortune en cadeaux, du compagnon de M. Banier, Martin d’Orgeval, lui aussi gâté par la milliardaire, et de M. de Maistre.
Depuis mardi, les juges ont les mains encore plus libres, la Cour de cassation ayant validé les enregistrements pirates réalisés de mi-2009 à mi-2010 au domicile de Mme Bettencourt par son majordome, qui révèlent toutes sortes d’infractions possibles et sont la clé de voûte du dossier.
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Les commentaires sur cet article :
armando_95 le 1er février
pipot..les sources concordantes c’est l’AFP et Médiapart…les juges aussi un peu, secret de l’instruction oblige ???
lc975 le 1er février
OH Les vilains juges ;il devrait contacter armando il leur expliquera comment Sarko a défendu Woerth donc woerth est innocent et blanc comme neige et Courroye devrait être nommé à Bordeaux………..