Le 31 janvier 2012 à 18h00 , mis à jour le 1er février 2012 à 18h50, par Astrid de Villaines
Stéphane Richard est auditionné par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale mercredi 1er février à 10 heures. Le patron de France Télécom-Orange a pris les rênes de l’opérateur téléphonique en mars 2010, juste après la vague de suicides qui a touchée l’entreprise. Soixante-huit suicides ont été dénombrés depuis 2008. "Nous aborderons aussi les questions sociales", promet Serge Poignant, le président de la commission des affaires économiques.
Mais les questions concerneront surtout la concurrence sur le marché du mobile, notamment depuis l’arrivée d’un nouvel opérateur, Free Mobile. Son patron, Xavier Niel a été auditionné la semaine dernière par la même commission. "C’est ce qui fait l’actualité", justifie Corinne Erhel, députée socialiste des Côtes d’Armor qui entend faire réagir M. Richard aux accusations de Xavier Niel, notamment sur les problèmes de portabilité.
Voir le résumé vidéo de cette audition :
L’arrivée sur le marché d’un quatrième opérateur avec des offres très avantageuses pour le consommateur (2 euros pour la première offre, 19.99 euros pour la seconde) a conduit Orange à baisser ses prix. "Nous lui poserons beaucoup de questions là dessus", assure Lionel Tardy, député de Haute-Savoie : "Pourquoi a-t-il pu baisser ses prix du jour au lendemain ?, se demande le député UMP, en faisant référence aux forfaits "Sosh", le "low-cost’ de Orange, qui ont baissé deux jours après l’arrivée de Free sur le marché. Quelques jours après cette annonce, Stéphane Richard confie au Journal du dimanche que "jamais il n’alignera ses prix" sur ceux de Free en se justifiant ainsi : "Le vrai risque serait que tous les opérateurs deviennent low cost, ce qui veut dire moins d’investissements, moins de services, moins d’emplois." Néanmoins, plusieurs députés devraient l’interroger sur ce thème. "Comment résiste-t-il au choc de l’arrivée de Free sur le marché ? Quelle est sa stratégie ?" lui demandera Laure de la Raudière, oratrice du groupe UMP.
Autre point sensible qui devrait être abordé, celui des investissements sur le très haut débit fixe afin de couvrir tout le territoire. Ferme, Lionel Tardy souhaite désormais "des engagements et non plus des intentions". Le député accuse France Télécom de "laisser passer le temps" alors que les collectivités locales sont prêtes à investir. Selon une règlementation européenne, les collectivités locales ne peuvent s’y atteler si un opérateur privé s’est déjà déclaré, comme c’est le cas de France Télécom. "Il y a une vraie guerre entre les deux", relate le député.
Autre crainte, la saturation des réseaux depuis l’arrivée d’un nouvel opérateur très bon marché : "Avec la baisse des prix, il y a plus de personnes qui peuvent se connecter à internet depuis leur mobile, ce qui est une bonne chose" explique Laure de la Raudière, "Mais parallèlement les ressources de l’entreprise baissent, ce qui pourrait nuire à l’investissement" poursuit la députée qui ne manquera pas d’interroger Stéphane Richard sur ce point.
Aucune question en revanche n’est prévue sur l’affaire Tapie/Crédit Lyonnais. Stéphane Richard a été entendu au mois de décembre par la cour de justice de la République comme "témoin" dans cette affaire. Il était directeur de cabinet de Christine Lagarde. "Ce n’est pas le sujet", balaie Daniel Paul, député communiste membre de la commission qui refuse de nous livrer ses questions en avance mais qui les a "préparées".
A suivre demain, en direct sur LCP 24/24 et LCP.fr
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white le 1er février
la vidéo ne fonctionne pas