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Juppé, le joker de Sarkozy dans la bataille présidentielle

Le 26 janvier 2012 à 18h58 , mis à jour le 26 janvier 2012 à 23h27

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, le 24 janvier 2012 à Paris au siège de l'UMP

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, le 24 janvier 2012 à Paris au siège de l'UMP


Coqueluche des élus et des militants UMP, Alain Juppé, qui a apporté jeudi soir sur France 2 la contradiction à François Hollande, apparaît comme un joker dans la bataille très incertaine que livre Nicolas Sarkozy pour sa réélection.

Pendant 40 minutes dans l’émission "Des Paroles et des actes", le chef de la diplomatie s’est mesuré au candidat PS à la présidentielle. "Si Juppé veut être le Premier ministre de Sarkozy en mai, il va tout donner", pronostiquait juste avant l’émission une ministre, un peu étonnée que M. Hollande ait accepté ce duel.

"Du très bon moment de télévision !", se réjouissait dès mardi le numéro un de l’UMP, Jean-François Copé, en recevant parlementaires et ministres au siège du parti. Un hommage accueilli par un tonnerre d’applaudissements et des "Bravo" dans la salle. A la tribune, M. Juppé a savouré, un large sourire aux lèvres.

Mais las, le duel attendu entre les deux hommes s’est perdu dans une discussion entre spécialistes budgétaires, peu compréhensible pour un profane de ces questions. Il y eut quelques petites remarques acides de part et d’autre. "Le favori de janvier n’est pas le vainquer de mai" (Juppé), "en matière d’arrogance, chacun a à faire son examen de conscience, vous avez des rechutes possibles" (Hollande).

Néanmoins,il s’agit d’une belle revanche pour Alain Juppé qui a encaissé la dissolution ratée de 1997, la meurtrissure de sa condamnation en justice de 2004 et la perte de son siège de député de Bordeaux en 2007, synonyme de départ du gouvernement.

On est aujourd’hui loin des déclarations hostiles de l’ex Premier ministre affirmant en 2010 que, s’il n’était "pas anti-Sarkozy", il n’avait "jamais cru à la rupture" chère au chef de l’Etat et se disant prêt à présenter une "offre" alternative pour 2012.

Depuis son retour au gouvernement, il y a 14 mois, à la Défense puis au Quai d’Orsay, Alain Juppé s’est très vite imposé comme un Premier ministre-bis et a vu sa popularité grimper au point de le hisser dans le peloton de tête des personnalités de droite.

Aujourd’hui, il est réclamé partout en France par les élus et les fédérations UMP. Il était à Nice mercredi soir, il est attendu mardi à Suresnes, dans l’ancien fief sarkozyste des Hauts-de-Seine, il sera le 9 février au Havre et le 15 à Strasbourg. Le 3, il recevra sur ses terres bordelaises le Premier ministre, François Fillon.

"Juppé a demandé à son cabinet d’alléger son agenda diplomatique pour être pleinement dans la campagne. Il est très écouté à l’Elysée, où on le juge totalement réglo", indique-t-on au Quai d’Orsay.

"Il a fait le deuil de sa candidature en entrant au gouvernement. Son engagement est total et loyal, il n’a pas d’arrière pensées", a affirmé à l’AFP le secrétaire d’Etat, Benoist Apparu, qui voit son mentor comme "un véritable atout" pour Nicolas Sarkozy.

"Juppé a ce côté vieux sage qui permet d’adoucir le côté virevoltant de Sarkozy", souligne un membre de l’UMP.

Il n’y a pas qu’à l’Elysée qu’on voit en Alain Juppé un personnage clef de l’après-2012, a fortiori si Nicolas Sarkozy est battu. Jean-François Copé, conscient qu’il aura un combat au couteau à livrer face à François Fillon pour le contrôle du parti, s’est rapproché du fondateur de l’UMP.

Dans leur récent livre "UMP, un univers impitoyable" (Flammarion), les journalistes Neila Latrous et Jean-Baptiste Marteau évoquent même un "axe Juppé-Copé contre Fillon" pour la présidence du parti. Un ticket donné gagnant "à 75%" par un copéiste.

Chez les parlementaires UMP, où beaucoup doutent de la victoire de Nicolas Sarkozy et songent déjà à l’effet domino aux législatives de juin, certains voudraient voir en Alain Juppé un possible candidat de substitution.

"Ca n’arrivera pas. Sarkozy ira même s’il est à 15% dans les sondages", avance un cadre UMP.

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