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DSK au Sofitel : Libération relance le débat sur l’action du gouvernement

Le 8 décembre 2011 à 12h38

Capture d'écran réalisée le 8 décembre 2011 de la vidéo diffusée par BFMTV montrant Dominique Strauss-Kahn quittant le Sofitel

Capture d'écran réalisée le 8 décembre 2011 de la vidéo diffusée par BFMTV montrant Dominique Strauss-Kahn quittant le Sofitel


Le quotidien Libération a relancé vendredi le débat sur le rôle de Paris dans l’affaire du Sofitel, affirmant que deux fonctionnaires français ont appelé le bureau du procureur de New York durant la garde à vue de DSK le 15 mai, ce que le gouvernement a réfuté.

Selon le quotidien, deux agents de la Chancellerie et du Quai d’Orsay ont appelé le bureau du procureur Cyrus Vance Jr le 15 mai, jour qui marque la fin de la carrière politique de DSK entendu à New York au sujet d’accusations de tentative de viol portées la veille par une femme de chambre.

"A aucun moment, le ministère n’a appelé le bureau du procureur", a affirmé le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero. Celui de la Chancellerie, Bruno Badré, a également apporté le "démenti le plus catégorique". Les deux fonctionnaires concernés ont également démenti auprès de Libération, qui ajoute dans un article à paraître samedi que ces derniers parlent de "manipulations et d’informations inventées" mais suggèrent également "qu’on a pu utiliser leur ligne de téléphone". Le quotidien précise que "leurs noms apparaissent bel et bien dans le dossier Strauss-Kahn à New York".

Dans un courriel à l’AFP, le bureau de Cyrus Vance, qui a abandonné fin août les poursuites pénales, a déclaré : "L’affaire est close, nous ne pouvons donc pas en parler."

Selon le quotidien, ces coups de fil ont été adressés à l’un des adjoints de Cyrus Vance, John "Artie" McConnell. Le même qui le lendemain, le 16 mai, emportait la décision de la juge de placer DSK en détention à Rikers Island.

Un de ses arguments n’était pas passé inaperçu : lui étaient parvenues des "informations" selon lesquelles le directeur-général du Fond Monétaire International (FMI) avait "eu une conduite similaire dans au moins un cas" de l’autre côté de l’Atlantique.

John McConnell n’en dit pas plus. Mais dans une France sous le choc des images de l’ex-favori de la présidentielle menotté et défait, resurgissent des accusations d’agression sexuelle en 2003 portées par Tristane Banon dont l’avocat, Me David Koubbi, annonce le même jour qu’il "envisage" une plainte. Celle-ci sera déposée début juillet et classée sans suite à l’automne.

"Du délire !"

Libération écrit que lors des coups de fil du 15 mai, il aurait aussi été question d’une "affaire de prostitution dans le nord de la France". L’apparition publique du nom de DSK dans le dossier de proxénétisme du Carlton - dans lequel il a demandé à être entendu -, n’interviendra que cinq mois plus tard.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a affirmé le week-end dernier au JDD ne l’avoir appris "qu’après les vacances d’été".

Libération établit un lien entre ces appels supposés et la décision du procureur Vance de revenir sur un accord qui aurait été conclu dans la journée avec les avocats de DSK pour faire libérer sous caution le patron du FMI.

Son biographe Michel Taubmann a aussi indiqué avoir reçu les confidences d’"une personne travaillant au quai d’Orsay".

Ce n’est pas la première fois qu’une intervention de Paris est évoquée, notamment par l’entourage de DSK, sans preuve formelle.

Son ami Jean-Michel Urvoas s’était attiré une réponse négative quand il avait demandé en mai à l’Intérieur s’il existait "une équipe dédiée" pour enquêter sur la vie privée de DSK au sein des renseignements intérieurs (DCRI).

De retour en France, DSK avait lui-même laissé planer le doute : "Un piège ? C’est possible, un complot ? Nous verrons", avait-il dit.

Ancien policier, le responsable de la sécurité du groupe hôtelier Accor, René-Georges Querry, expliquait le 9 juillet à l’AFP avoir prévenu à l’Elysée le coordinateur du renseignement, Ange Mancini, une heure après l’arrestation de DSK. Mais "quant à prétendre que l’on aurait depuis Paris influencé la police new-yorkaise, c’est du délire !"

"On n’a pas à donner de feu vert pour que la police américaine fasse son travail. On est aux Etats-Unis", avait réagi le 8 juin Claude Guéant, lui-même "jamais consulté" et "absolument sûr que personne n’a été consulté".

Article mis à jour le vendredi 9 décembre à 23h38.

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