Le 4 décembre 2011 à 19h58
Eva Joly le 2 décembre 2011 à Saint-Bonnet en Auvergne
Partant du postulat que la candidate verte est devenue présidente en mai 2012 après les décès accidentels de tous les autres candidats, l’écrivain-journaliste fait notamment dire à sa victime de papier : "Zalut la Vranze !".
Les réactions venues de gauche, Sos-Racisme en tête, n’ont pas ému le patron du Point, Franz-Olivier Giesbert, qui dénonce dans "cette tempête médiatique dans un verre d’eau", la "dictature du politiquement correct", a-t-il indiqué à l’AFP.
Cet humour de comique troupier n’a pourtant pas fait rire la candidate EELV à la présidentielle, heurtée par une "attaque raciste et une forme d’ostracisme", "symptomatique de l’état de la France".
Interrogée dimanche en marge du Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil, en région parisienne, Eva Joly a fait valoir qu’un accent africain ou maghrébin n’aurait sans doute jamais été raillé de la sorte.
"Il (Besson) pense que ça ne porte pas à conséquence parce qu’il s’agit d’une personne d’origine norvégienne qu’il affuble d’un accent allemand, et non d’une personne originaire d’Afrique ou du Maghreb", a-t-elle souligné, en excluant néanmoins toute poursuite contre l’auteur - préférant un débat "sur la place publique".
La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Cécile Duflot avait, dès samedi, demandé des "excuses publiques" à l’hebdomadaire et à l’auteur pour cette "expression ouverte de propos xénophobes à l’encontre d’une candidate à l’élection présidentielle".
Dans un communiqué, elle jugeait ce texte "révélateur d’une tendance générale d’une partie de la classe intellectuelle et politique à généraliser tous les +dérapages+ racistes".
Dans la même tonalité, Noël Mamère, député-maire EELV de Bègles (Gironde), a trouvé le propos de M. Besson "choquant et insultant" : "Cette chronique, c’est du racisme ordinaire, c’est de la +beauferie+, tout simplement" a-t-il dit à l’AFP, confessant en avoir "marre de ces chroniqueurs qui font commerce de leur haine et de leur +beauferie+ et de leurs obsessions".
Le Front de gauche a exprimé sa "consternation" : M. Besson "sous-entend que les Français nés ailleurs ne sont pas des citoyens à part entière" écrit dans un communiqué François Delapierre, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. "Ce n’est pas simplement grotesque, c’est criminel".
Premier à dégainer, samedi, Sos-Racisme avait dénoncé "la dérive nauséabonde du texte et demandé au Point de "ne pas laisser une telle initiative sans suite".
Franz-Olivier Giesbert a admis dimanche soir qu’il "s’attendait bien à ce que ça remue un peu, mais pas à cette tempête médiatique dans un verre d’eau".
"C’est de l’humour, Besson s’est contenté de mettre par écrit ce qu’on entend à la radio : c’est ce que font toute la semaine (Laurent) Gerra ou (Nicolas) Canteloup", a-t-il plaidé, jugeant toutes ces réactions "assez comiques".
Commentez cet article :