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Le nucléaire, atome de discorde, au centre des négociations EELV-PS

Le 29 octobre 2011 à 10h46

Eva Joly et Cécile Duflot participent à une manifestation pour la fin du nucléaire en France, le 15 octobre 2011 à Rennes.

Eva Joly et Cécile Duflot participent à une manifestation pour la fin du nucléaire en France, le 15 octobre 2011 à Rennes.


Le nucléaire, atome de discorde entre les Verts et le Parti socialiste depuis les années 80, est au coeur de négociations ardues qui reprennent mercredi entre les deux camps en vue d’un accord pour les échéances électorales de 2012.

M. Hollande préconise une réduction de 75% à 50% d’ici 2025 de la part du nucléaire dans l’électricité produite, ce qui implique la fermeture des centrales les plus anciennes, explique Michel Sapin, un proche du candidat à la présidentielle.

Mais "la question, ce n’est pas les centrales en bout de vie, c’est de savoir si on en construit d’autres pour les remplacer", assure l’ancien ministre. D’ailleurs, le candidat envisage la poursuite du chantier de l’EPR Flamanville "si toutes les conditions de sûreté sont réunies".

Dopés par la catastrophe de Fukushima, les écologistes exigent, eux, une sortie du nucléaire, faute de quoi pas d’accord pour 2012. Toutefois, Cécile Duflot, patronne d’Europe Ecologie-Les Verts a semblé récemment ouvrir une porte : "Après Fukushima, la sortie du nucléaire est un horizon obligatoire". Une formule jugée moins vindicative par le PS.

Selon M. Sapin, EELV a "manifestement eu une réflexion approfondie" sur le scénario du candidat "qu’ils n’avaient pas jusqu’à présent", étant "polarisés" sur "l’étiquette sortie du nucléaire". Mais "l’important, ce n’est pas l’étiquette, c’est ce qu’il y a dans le pot".

"On n’est pas si loin", note Laurence Rossignol, chargée au PS de l’environnement, pour qui "les scénarios de sortie ou de réduction du nucléaire peuvent se retrouver dans la même fourchette".

Mais Denis Baupin, négociateur EELV, "doute" d’une volonté du PS de poursuivre la baisse du nucléaire après 2025. "On entend les socialistes le dire entre quatre z’yeux mais quand il faut l’écrire, tout s’arrête. Considèrent-ils que ça les rendrait moins crédibles face à Nicolas Sarkozy ou veulent-ils nous entourlouper ?", s’interroge-t-il.

La discorde dure depuis 30 ans.

"Au début des années 70, nous manifestions avec nos camarades du PS contre le programme électro-nucléaire", explique Yves Cochet, co-fondateur des Verts. Pour l’ex-ministre de l’Environnement, le changement au PS "s’est opéré au détour des années 80 quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir".

Si François Mitterrand a décidé d’abandonner le projet de centrale à Plogoff en 1981, les socialistes "se sont laissé avoir par la technostructure du corps des Mines, de l’appareil d’Etat, des ingénieurs de Bercy", fait-il valoir.

Ces derniers leur ont dit "quand on est au pouvoir, il faut accepter le nucléaire", selon le député de Paris qui pointe "une espèce de realpolitik" du PS juste après le deuxième choc pétrolier.

En 1986, avec Tchernobyl, "les socialistes étaient plutôt dans l’omerta" malgré la cohabitation, estime M. Cochet.

Confrontés au pouvoir dans le gouvernement Jospin (1997-2002), les écologistes ont dû avaler, avec Dominique Voynet, ministre de l’Environnement, le projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse.

"Elle a signé mais c’était en compensation de la non-construction" de nouveaux réacteurs, plaide M. Cochet. "On a eu des petites victoires", comme la fermeture de Superphénix, "mais globalement le programme a continué", reconnaît son successeur.

Lors des négociations pour 2002, c’est le même Lionel Jospin qui "avait bloqué", raconte Denis Baupin. Pourtant, assure l’élu parisien, les Verts "avaient commencé à aboutir sur une réduction du nucléaire" avec le premier secrétaire du PS d’alors. Un certain François Hollande.

Article mis à jour le samedi 29 octobre à 11h29.

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Les commentaires sur cet article :

Alexandre le 30 octobre 2011

Ce discours me semble d’une stérilité et a visée electoraliste que je trouve proprement indécente. Comment peut - on encore accepter de négocier avec un parti qui n’est même pas sur d’atteindre les 5 % en 2012. De plus, le nucléaire prenant une part importante dans l’activité electrique de la France, il me parait évident qu’il semble un peu précipité de parler de sortie du nucléaire.

Je préfère entendre une proposition nettement plus raisonnable qui parle de réduction du champ du nucléaire plutot que de se manifester comme chantre de la révolution écologique alors qu’il me parait évident que ces mêmes dirigeants écologistes ne sont pas non plus des économes en puissance en matière d’énergie.

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